Aux enquêteurs d'enquêter et à l'ONU de faire ce qu'elle peut pour aider l'Iraq, déclare Kofi Annan

22 avril 2004

Regrettant que beaucoup d'allégations sur le Programme « pétrole contre nourriture » aient été traitées comme autant de faits et aient occulté les résultats positifs du programme pour la population iraquienne, Kofi Annan a insisté sur le fait qu'il s'agissait maintenant de laisser les enquêteurs tirer les choses au clair et de se concentrer sur l'avenir de l'Iraq.

« Il est vraiment dommage qu'il y ait eu autant d'allégations et qu'elles aient été traitées comme s'il s'agissait de faits », a répondu ce matin, lors de son arrivée à l'ONU, Kofi Annan à un journaliste qui demandait comment il se faisait que l'ONU soit régulièrement attaquée sur le Programme 'pétrole contre nourriture' au moment où il est question qu'elle aille en Iraq.

« C'est bien pour cela qu'il fallait une enquête », a ajouté Kofi Annan qui a regretté que « l'on ait perdu de vue le fait que le Programme 'pétrole contre nourriture ait porté secours à la population iraquienne et ait touché tous les foyers » dans le pays.

Il a fait valoir « que nous avions mis en place l'un des meilleurs systèmes de distribution (possibles), à tel point qu'il a même été suggéré que l'on utilise les cartes de distribution pour les élections, ce qui montre son exhaustivité. »

Enfin, a indiqué le Secrétaire général « même si le gouvernement s'est livré à de la contrebande de pétrole, (…) ce n'est pas juste de tout amalgamer et d'en faire porter le blâme sur l'ONU et le Secrétariat car il y a des choses qui se situent définitivement en dehors de notre contrôle, non seulement du Secrétariat mais même des Etats membres. »

« Le Programme 'pétrole contre nourriture' était un programme complexe, a-t-il poursuivi, en réponse à une autre question et « je pense que lorsque le rapport (du groupe d'enquête) sera paru, nous y verrons plus claire sur la façon dont les choses ont été gérées, qui était responsable de quoi et ce qui s'est produit. Et s'il est démontré que du personnel de l'ONU est coupable, nous réagirons avec la plus grande sévérité. »

En réponse à une autre question, le Secrétaire général a indiqué que l'ancien directeur du Programme, Benon Sevan, devrait prolonger son contrat avec l'ONU de façon à pouvoir être disponible dans le cadre de l'enquête. « C'est de cela que nous discutons actuellement », a-t-il ajouté, déclarant par ailleurs que « Benon Sevan avait déclaré tout à fait clairement qu'il était innocent mais (…) qu'il avait indiqué qu'il coopérerait (avec les enquêteurs) comme je m'attends à ce tout le personnel le fasse. »

Interrogé sur ce qui faisait de Lakdhar Brahimi l'homme de la situation en Iraq, le Secrétaire Général a répondu qu'il « était un excellent diplomate, qu'il avait beaucoup travaillé dans des secteurs en crise. » En ce qui concerne l'Iraq, il a ajouté, « qu'il connaissait la région, comprenait la culture, parlait la langue ce qui s'ajoute à ses capacités politiques et diplomatiques. Il a déjà démontré qu'il pouvait aider et faire la différence. J'ai l'espoir que le peuple iraquien et ses représentants vont travailler avec lui d'une manière efficace. »

Faisant valoir que l'avenir de l'Iraq était en jeu, Kofi Annan a estimé que c'est sur cela qu'il faudrait se concentrer et laisser les enquêteurs faire leur travail sur le 'Pétrole contre nourriture'.

 

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