Quatre policiers jordaniens détenus après qu'au moins l'un d'entre eux ait tiré sur des gardiens américains au Kosovo

Quatre policiers jordaniens détenus après qu'au moins l'un d'entre eux ait tiré sur des gardiens américains au Kosovo

Les quatre gardiens jordaniens survivants qui faisaient partie du groupe ayant ouvert le feu sur 21 collègues américains, deux Turcs et un Autrichien qui quittaient le Centre de détention de Mitrovica, samedi, tuant deux Américains, sont en détention dans l'attente de la levée de leur immunité, a indiqué hier le Commissaire de police de la Mission de l'ONU au Kosovo.

« L'incident s'est produit à environ 3 h 20 dans l'après-midi de samedi », a expliqué le Commissaire de police, Stefan Feller, au cours d'une conférence de presse sur la fusillade ayant eu lieu la veille dans la prison de Mitrovica au Kosovo.

« Un groupe de 21 gardiens originaires des Etats-Unis étaient en train de quitter le Centre de détention en compagnie de deux fonctionnaires turcs et d'un Autrichien quand au minimum un des 5 policiers jordaniens qui montaient la garde dans le Centre de détention ont ouvert le feu sur le convoi » , a indiqué le commissaire Feller, selon un communiqué de presse de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) diffusé aujourd'hui.

Il a ajouté que les gardiens faisant partie du convoi ont riposté et que dans l'échange de coups de feu qui a suivi, trois fonctionnaires internationaux ont été tués et onze blessés. Parmi les personnes décédées, se trouvent deux Américaines et un des policiers jordaniens. Un Autrichien et dix autres Américains, dont cinq femmes, sont actuellement hospitalisés, certains dans un état grave.

Le Commissaire Feller a précisé que les gardiens américains étaient arrivés le 7 avril dernier et suivaient une formation préalable à leur prise de fonction. Le Jordanien qui a été tué avait rejoint la Mission le 29 mars dernier.

« Nous n'avons aucune information sur des discussion préalables » entre les deux groupes, a répondu le commissaire à une question. « Nous avons commencé hier à recueillir certains éléments sur les lieux du délit et avons conduit certains entretiens préliminaires mais vous devez comprendre qu'il s'agit d'entretiens préliminaires avec des fonctionnaires en état de choc et que certains d'entre eux sont sérieusement blessés », a ajouté le Commissaire.

Il a indiqué cependant que les quatre policiers jordaniens étaient en garde à vue et qu'une demande avait été envoyée à New York pour que soit levée l'immunité qui est attachée au personnel des missions de l'ONU. Dans l'intervalle, aucun interrogatoire officiel ne peut être mené.

Le Commissaire Feller a précisé s'être entretenu avec le commandant du contingent jordanien et lui avoir demandé d'informer ses autorités que « nous avons l'intention de savoir ce qui s'est passé et que nous transmettrons ces informations au Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU à New York. »

Un journaliste présent lui ayant demandé si la police jordanienne et la police de l'ONU continueraient à effectuer des patrouilles communes, le commissaire a répondu qu'il ne s'agissait pas « d'une situation où une responsabilité collective est établie » et que « nous tous, au sein de l'ONU et en incluant le Service de police du Kosovo et d'autre personnel international allons continuer à travailler ensemble et nous établirons les faits concernant cet incident. »