Conseil de sécurité : Kofi Annan recommande de tirer parti de la « vibrante » société africaine

25 mars 2004

Pour répondre aux problèmes posés par les questions transfrontalières en Afrique de l'Ouest, le Secrétaire général de l'ONU a recommandé de renforcer l'approche régionale mais aussi de tirer parti de la vaste expérience de la vibrante société civile dont l'Afrique a été dotée.

« Le rapport que vous avez devant vous est un rapport pratique », a déclaré Kofi Annan au Conseil de sécurité lors de la réunion, consacrée ce matin aux questions transfrontalières en Afrique de l'Ouest, à laquelle participaient Pierre-André Wilzer, Ministre Délégué à la Coopération et à la Francophonie et Nana Akufo Addo, le Ministre des Affaires étrangères du Ghana qui représentait la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

« Il ne s'agit pas d'une « liste des courses à faire » mais un appel à l'action et, en tant que tel, il s'adresse à un large éventail d'intervenants qui comprend le Conseil de sécurité, d'autres secteurs du système de l'ONU, le secrétariat de la CEDEAO, des organisations de la société civile et des acteurs non étatiques tels que les fournisseurs d'armes » , a ajouté le Secrétaire général.

Il a indiqué que le thème transversal du rapport était que les problèmes de la région ne pouvaient être réglés de façon durable et efficace par une approche pays par pays mais au contraire par une démarche régionale menée sur plusieurs fronts.

« Pour commencer à travailler à partir de ce rapport et de cette réunion, j'ai demandé à mon Représentant spécial pour l'Afrique de l'Ouest, M. Ahmedou Ould-Abdallah, de convoquer une réunion dans la région qui s'efforcera d'explorer les voies offertes à la CEDEAO et aux entités concernées de l'ONU pour aller de l'avant », a ajouté Kofi Annan.

Il a toutefois fait observer que les causes profondes des problèmes de la région et des conflits qui les amplifient, sortaient du cadre du rapport. « Nous savons tous que ces Annan.causes profondes sont liées aux questions de gouvernance, de droits de l'homme et de transparence, qui sont, malheureusement, le plus souvent malmenées dans la région », a-t-il déclaré.

« C'est pourquoi, a-t-il poursuivi, j'exhorte les gouvernements de la région de tirer avantage des progrès qu'ils ont déjà réalisés, pour mettre en place des institutions solidement démocratiques et des organisations régionales efficaces. »

« L'Afrique a été gratifiée d'une société civile vibrante qui a une vaste expérience dans la gestion des problèmes transfrontaliers », a souligné Kofi Annan. « Les Etats doivent tirer profit de cette expérience pour répondre à ces problèmes. »

Dans son rapport, le Secrétaire général indique que, si « l'utilisation accrue et la prolifération des mercenaires, des enfants soldats et des armes légères sont les principales causes de l'instabilité dans la sous région de l'Afrique de l'Ouest », ce ne sont pas les seules. Soulignant notamment l'importance que jouent l'offre d'armes et le rôle des « marchands de mort », il recommande aux gouvernements des pays exportateurs d'armes légères d'exiger des fabricants qu'ils frappent un numéro de série indélébile sur toutes les armes afin d'améliorer leur traçabilité.

 

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