Affrontements au Kosovo : l'ONU et l'Union européenne appellent à mettre fin aux actes de violence

Affrontements au Kosovo : l'ONU et l'Union européenne appellent à mettre fin aux actes de violence

Kofi Annan
Le Secrétaire général de l'ONU a appelé toutes les parties à mettre fin aux actes de violence qui se sont produits entre Albanais du Kosovo et Serbes du Kosovo à Mitrovica, Lipljan, Pec et Gnjilane, faisant sept morts et plusieurs centaines de blessés dont, selon des rapports préliminaires, plusieurs soldats de la Force de paix au Kosovo (KFOR) ainsi que des membres de la police civile internationale de la MINUK.

Ces actes de violence mettent en péril la stabilité du Kosovo et la sécurité de toute sa population, a déclaré Kofi Annan dans une déclaration transmise par son porte-parole.

Il y exprime son soutien total aux efforts de son Représentant spécial et du reste de la communauté internationale, appelle les autorités locales à contribuer à normaliser la situation et à aider à l'interpellation des responsables de ces affrontements.

« C'est un jour sombre pour le Kosovo », a pour sa part déclaré Harri Holkeri, le Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission de l'ONU au Kosovo, se référant aux incidents des derniers jours, des noyades qui se sont produites la nuit dernière, de la violence et des morts qu'elle a entraînés aujourd'hui, en un enchaînement qu'il a qualifié de « profondément choquant et troublant. »

Ces incidents doivent faire l'objet d'enquêtes complètes et rapides, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il n'était pas possible d'excuser des violences supplémentaires.

Il a appelé la population à garder son calme et à ne rien faire qui puisse ajouter à la tension et à l'insécurité générale, demandant au contraire à chacun de rentrer chez soi et de laisser la police et la KFOR, la force internationale, faire son travail et s'assurer de la sécurité de tous.

M. Holkeri a également lancé un appel aux médias auxquels il a demandé d'éviter de recourir à des propos incendiaires et de s'abstenir de propager des rumeurs infondées.

« L'avenir du Kosovo, aujourd'hui comme hier et demain, dépend de son comportement et de son adhésion aux Normes. »

Une conférence de presse qui réunissait aujourd'hui des porte-paroles de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), de la KFOR, de l'OSCE (Organisation pour la coopération et la sécurité européenne) et de l'Union européenne a permis de faire le point sur les événements qui sont à l'origine des troubles : la noyade de trois enfants dans la rivière qui traverse Mitrovica et sert de « frontière virtuelle » entre la partie Nord où résident une majorité de Serbes et la partie sud à dominante albanaise.

Le porte-parole de la police de la MUNIK, Derek Chappell a indiqué que le seul enfant survivant avait d'abord expliqué à ses parents que lui et trois camarades étaient entrés dans l'eau, s'étaient immédiatement trouvés en difficulté et que lui seul avait pu regagner la rive. Plus tard, à la télévision, il aurait déclaré qu'ils avaient été poussés dans la rivière par des Serbes.

M. Chappell a indiqué que l'enquête suivait son cours pour déterminer ce qu'il en était exactement mais a souligné que les médias sont tenus d'informer de façon professionnelle et factuelle et que les reportages erronés étaient une violence directe des Normes du Kosovo relatives aux médias.

Les informations fournies par Derek Chappell montrent cependant que ces affrontements surviennent après une série d'assassinats ou de tentatives d'assassinats qui se sont produits à très peu d'intervalle, les 12, 13 et 16 mars. Hier encore, des coups de feu tirés depuis une voiture blessaient grièvement un adolescent serbe.

Au moment où avait lieu la conférence de presse, des barrages routiers étaient en place en prévision de manifestations qui étaient anticipées par la KFOR, selon son porte-parole, Jim Moran, et Derek Chappell faisait état de troubles dans la partie Nord qui seraient la conséquence de la traversée du pont par des résidents du sud de la ville.

Au nom de la présidence de l'Union européenne, le ministre des Affaires européennes de l'Irlande, Brian Cowen, s'est joint au Secrétaire général de l'ONU et à son Représentant spécial pour condamner les affrontements qui ont éclaté entre Albanais du Kosovo et Serbes du Kosovo. Il a indiqué que la priorité était d'empêcher l'escalade de la violence et a assuré que ceux qui en étaient responsables seraient traduits en justice.