Afghanistan : le chef de l'ONU condamne les attaques contre les écoles de filles et assure les femmes afghanes du soutien de l'ONU

8 mars 2004

Alors que cette Journée nationale de la Femme a été saluée dans le pays par les plus hautes personnalités, le Représentant spécial de l'ONU a condamné les attaques « méprisables » menées contre des écoles de filles qui ont récemment fait l'objet de deux tentatives d'incendie et a assuré les femmes afghanes confrontées à des problèmes tels que le mariage forcé et la violence familiale du soutien de l'ONU.

Alors que cette Journée nationale de la Femme a été saluée dans le pays par les plus hautes personnalités, le Représentant spécial de l'ONU a condamné les attaques « méprisables » menées contre des écoles de filles qui ont récemment fait l'objet de deux tentatives d'incendie et a assuré les femmes afghanes confrontées à des problèmes tels que le mariage forcé et la violence familiale du soutien de l'ONU.

« Ce sont des attaques déplorables et lâches, particulièrement celles visant les écoles de filles, qui ont pour but de retarder la reconstruction et le développement humain », a dénoncé le Représentant spécial et chef de la Mission de l'ONU dans le pays, Jean Arnault.

« L'écrasante majorité des Afghans veut que leurs enfants, les filles comme les garçons, reçoivent une éducation. Le simple fait que ces communautés se soient mobilisées pour sauver leurs écoles et aient condamné de tels actes et d'autres similaires qui se sont produits dans le passé, envoie un message fort à leurs auteurs, leur indiquant que leurs actions se trompent de cibles et qu'elles ne vont à l'évidence pas décourager l'envie d'éducation existant chez le citoyen ordinaire », a ajouté le Représentant.

La plus récente des tentatives d'incendies contre des écoles de filles s'est produite le 2 mars dernier dans le district de Bala Bluh dans la province de Farah. L'une des tentes dans lesquelles sont donnés les cours, a été complètement détruite alors que la communauté locale réussissait à éteindre le feu qui menaçait de détruire les trois autres tentes.

Une tentative similaire s'était déjà produite le 19 février au lycée de Shah Ba Ba à Kishem dans le Badakshan. Quarante pour cent de l'école a été détruit, indique le porte-parole de la Mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan, la MANUA, Manoel de Almeida e Silva.

Ces attaques ont précédé de quelques jours à quelques semaines la célébration de la journée de la Femme organisée à Kaboul par le ministère des Affaires féminine qui a été l'occasion pour le Père de la Nation, Mohamed Zaher Shah, le Président afghan Hamid Karzai, des ministres du gouvernement ainsi que le Représentant spécial de l'ONU de prononcer des allocutions.

Dans son message, M. Arnault a souligné les réalisations conduites par des femmes dans le secteur public et politique et indiqué que la même stratégie devait être utilisée pour répondre à d'autres problèmes les affectant.

Sur des questions telles que la violence familiale, le mariage forcé et d'autres pratiques qui ont un impact négatif sur les femmes, l'ONU et la communauté internationale continueront de rechercher l'avis des femmes et de soutenir leurs efforts, a-t-il ajouté.

A cette occasion de la Journée internationale de la femme, un centre d'inscription électoral spécial a été installé dans le Jardin des Femmes de Kaboul pour faciliter l'inscription de celles qui ont pris part aux différentes manifestations organisées au cours de la journée.

Les dernières informations sur les inscriptions électorales fournies par le porte-parole montrent qu'un tiers des 1,3 million d'Afghans inscrits étaient des femmes et que ce pourcentage allait en augmentant.

Le porte-parole de la MANUA a également indiqué que le ministère de la Santé s'était fixé comme priorité l'amélioration des soins de santé destinés aux mères et aux enfants. La mortalité maternelle qui est de 1,6% en moyenne dans le pays atteint 6,5% dans le Badakshan.

Le risque de contracter le paludisme est également très élevé pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans tandis 70% des cas de tuberculose sont des femmes.

L'initiative en faveur d'une maternité sans risques est une composante prioritaire de la santé de la reproduction en Afghanistan, a ajouté le porte-parole qui a précisé que ce programme soutenu par l'UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l'enfance) et des organisations non gouvernementales mettait l'accent sur la mise en place de soins obstétriques d'urgence et s'apprêtait à lancer sa première campagne de vaccination contre le tétanos qui concernera quatre millions de femmes enceintes.

 

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