Afrique centrale : Kofi Annan demande une nouvelle étude et propose de nommer un Envoyé spécial

17 novembre 2003

A l'occasion de la parution du rapport de sa mission d'évaluation en Afrique centrale, le Secrétaire général de l'ONU se dit préoccupé par la prolifération des bureaux de l'ONU dans la région, annonce qu'il a demandé une étude des programmes des Nations Unies en vue d'en renforcer la cohérence et l'efficacité et propose de nommer un Envoyé spécial qui assurerait, entre autres missions, la liaison avec les entités des Nations Unies présentes en Afrique centrale.

Kofi Annan s'est dit par ailleurs "dans l'ensemble en accord avec l'évaluation faite par la mission" dans le rapport qui vient d'être rendu public. La mission d'évaluation interdisciplinaire, conduite par le Sous-secrétaire général aux affaires politiques de l'ONU, s'est rendue, à la demande du Conseil de sécurité, dans 11 pays d'Afrique centrale, du 8 au 22 juin 2003, avec pour objectif de "déterminer les moyens d'appliquer une approche globale, intégrée, résolue et concertée des problèmes de paix, de sécurité et de développement en Afrique centrale."

Dans son compte-rendu, elle se dit frappée par le paradoxe que constitue l'une des sous régions les plus riches d'Afrique où l'on trouve pourtant "le plus grand nombre d'États se situant aux niveaux les plus bas de pratiquement tous les indices du développement humain. »

Au chapitre des maux dont souffre la région, la mission liste les conflits armés, souvent de longue durée, les innombrables crises de gouvernance, la prolifération des armes légères, la fragilité des secteurs liés à la sécurité, les mouvements transfrontaliers d'armes, de drogues et de groupes armés, les mouvements massifs de réfugiés, le sous-développement de l'infrastructure, la pauvreté généralisée et la faiblesse des institutions.

"La prolifération des armes légères est à la fois une cause et une conséquence des conflits chroniques dans la sous région", note-t-elle. "D'après le PNUD, rien que dans la région des Grands Lacs, plus d'un million d'armes légères illégales sont en circulation."

Elle estime toutefois que, malgré les problèmes, les perspectives d'amélioration sont plutôt bonnes "surtout si la communauté internationale maintient ou intensifie son partenariat." Elle voit des signes d'amélioration en Angola où la paix se maintient depuis la signature d'un accord, en 2002, entre le Gouvernement angolais et l'UNITA, dans les évolutions récentes au Burundi, en République centrafricaine "où la situation s'est notablement améliorée depuis que 300 soldats français et 500 soldats tchadiens ont été déployés pour appuyer les troupes de la CEMAC", au Tchad, malgré des tensions chroniques et les armes qui continuent de circuler, en République démocratique du Congo avec l'installation du gouvernement de transition.

"Il est indispensable que l'ONU et les autres organismes des Nations Unies abordent les problèmes de l'Afrique centrale dans une optique globale et intégrée, de manière à s'attaquer aux causes profondes des conflits et à renforcer la capacité des acteurs nationaux, sous-régionaux et internationaux de jouer un rôle plus actif dans la détermination et la prévention des menaces futures", indique la mission dans ses conclusions.

Elle recommande également une planification plus systématique des "stratégies de sortie" des opérations de maintien de la paix des Nations Unies ainsi que la mise en oeuvre d'une "approche intégrée à l'échelle du système des Nations Unies en partenariat avec les autres acteurs dans le domaine humanitaire et dans le domaine du développement » de façon à « faire face aux problèmes étroitement liés de rapatriement, de réinsertion, de réhabilitation et de reconstruction dans la sous région."

 

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