Le Conseil de sécurité crée une Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire et diffère sa mission en Afrique de l'Ouest

13 mai 2003

Considérant que la situation en Côte d'Ivoire constitue une menace à la paix et à la sécurité dans la région, le Conseil a décidé cet après-midi de créer une Mission de l'ONU dans ce pays. Il a par ailleurs convenu de différer l'envoi de sa mission en Afrique de l'Ouest.

La résolution adoptée aujourd'hui à l'unanimité par le Conseil prévoit de créer, pour une période initiale de six mois, la Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire ou MINUCI. Chargée de faciliter la mise en oeuvre de l'Accord de Linas-Marcoussis, elle comportera une composante militaire qui fonctionnera comme un groupe de liaison entre les forces françaises, celles de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), les forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) et les Forces nouvelles. Initialement composée de 26 officiers, son effectif pourrait être augmenté de 50 officiers supplémentaires lorsque le Secrétaire général de l'ONU le jugera nécessaire.

Dans la perspective notamment des élections qui doivent se dérouler en Côte d'Ivoire en 2005, le Conseil a également approuvé la création d'une équipe restreinte qui apportera un appui pour les questions politiques et juridiques, les affaires civiles, la police civile, les élections, les médias et les relations publiques mais aussi les droits de l'homme et les problèmes humanitaires au Représentant spécial du Secrétaire général, Albert Tevoedjre.

Répondant aux questions des journalistes après la réunion, le Président du Conseil Munir Akram du Pakistan a estimé que la création de la MINUCI envoyait un message important à tous les protagonistes. « Les parties ivoiriennes doivent comprendre que le souci du Conseil dans cette résolution est de les voir se conformer aux accords qu'elles ont conclus et qu'aucune action ne devrait dévier du mouvement en faveur de la paix », a-t-il déclaré. « Cette résolution sera suivie de l'envoi de la Mission dans la région et nous espérons qu'entre les deux, des évolutions positives se seront produites », a-t-il ajouté.

A propos de la décision de différer l'envoi de la mission du Conseil de sécurité en Afrique de l'Ouest, M. Akram a indiqué qu'elle avait été dictée par des considérations purement logistiques et que cette Mission serait re-programmée aussi rapidement que possible.

Un journaliste lui ayant demandé si cette décision, prise au moment où le Conseil étudiait le projet de résolution sur l'Iraq, n'envoyait pas le message que la question iraquienne absorbait toute son attention, M. Akram a répondu qu'il s'agissait pour les gouvernements de définir leurs priorités au moment où le Conseil était saisi de questions extrêmement importantes.

« Certains gouvernements ont estimé que la présence de leurs représentants était nécessaire mais je peux vous assurer que l'Afrique de l'Ouest n'a pas perdu sa place prioritaire et que la Mission partira bientôt», a-t-il indiqué.

 

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