Afghanistan : l'ONU suspend le déminage de certains secteurs après de nouvelles attaques

Afghanistan : l'ONU suspend le déminage de certains secteurs après de nouvelles attaques

L'ONU a suspendu ses opérations de déminage dans certains secteurs d'Afghanistan après que ses équipes aient été à nouveau attaquées et que deux démineurs aient été blessés dont un grièvement.

L'ONU a suspendu ses opérations de déminage dans certains secteurs d'Afghanistan après que ses équipes aient été à nouveau attaquées et que deux démineurs aient été blessés dont un grièvement.

Lundi dernier, des hommes armés ont tendu une embuscade à deux camions de l'ONU et une ambulance. N'ayant pas trouvé de personnel international à leur bord, ils ont ouvert le feu sur l'ambulance et blessé deux de ses occupants. Cette agression fait suite à un autre incident survenu le 3 mai dernier au cours duquel le chauffeur d'un véhicule appartenant à une organisation non-gouvernementale de déminage et un passager ont été tués par des assaillants armés.

« Ce sont les cas les plus graves de violence perpétrés contre le programme depuis qu'il a commencé à opérer, il y a 13 ans. Nous n'avions pas d'autres choix pour protéger les démineurs que de suspendre nos activités dans certains secteurs jusqu'à ce qu'il soit sécurisé », a déclaré aujourd'hui le responsable du Programme de lutte anti-mines en Afghanistan Dan Kelly.

Lakhdar Brahimi, le Représentant spécial de l'ONU qui dirige la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) s'est dit atterré par ces « attaques sauvages » et a demandé à la Mission et aux agences de l'ONU présentes dans le pays d'interrompre leurs opérations sur la route entre Ghazni et Kandahar ainsi qu'à Zabol, Oruzgan et dans le nord de la province de Helmand. Il leur a également demandé de mettre entre place un couvre-feu entre 6 heures et 18 heures.

« Les gens qui attaquent ces démineurs ne sont pas les ennemis du gouvernement ou de la coalition ou des étrangers. Ils sont les ennemis des fermiers afghans qui attendent que leurs champs soient déminés ou encore des enfants afghans qui veulent pouvoir jouer sans risquer leur vie, » a déclaré M. Brahimi, reprenant, dans un message transmis par son porte-parole, les propos qu'il a tenus devant le Conseil de sécurité, le 6 mai dernier.