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Sécheresse et chaleur : les forêts européennes et nord-américaines sous pression

Un pompier traverse une zone enfumée et jonchée d'arbres calcinés après un incendie de forêt à Ille-sur-Tet, en France.
© Adobe Stock/Arafat Un pompier inspecte les vestiges fumants d'un incendie de forêt dans le sud de la France.

Sécheresse et chaleur : les forêts européennes et nord-américaines sous pression

Climat et environnement

Sécheresses persistantes, vagues de chaleur et températures records mettent les forêts d’Europe et d’Amérique du Nord à rude épreuve. Dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, la moitié des terres sont désormais touchées par la sécheresse, selon l’Observatoire européen de la sécheresse. Pour la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU), le manque d’eau dégrade les sols et menace directement la santé des forêts.

Le signal d’alarme se multiplie. Au stress hydrique et aux fortes chaleurs s’ajoutent des risques accrus d’incendies, la prolifération de ravageurs et la propagation de maladies qui s’attaquent à des arbres déjà affaiblis.

Cette combinaison de facteurs provoque « un dépérissement forestier sans précédent dans l’ensemble de la région », alerte la CEE-ONU.

73 millions d’hectares déjà touchés

En Europe occidentale et centrale, certains territoires connaissent leurs périodes de déficit pluviométrique les plus longues et les plus persistantes depuis plus de six décennies. Les effets sont déjà visibles : les arbres perdent leurs feuilles et les canopées se dégradent.

Le phénomène n’est pas nouveau, mais son ampleur inquiète. Selon le Profil forestier 2025 de la CEE-ONU, les insectes, les maladies et les événements météorologiques ont déjà affecté jusqu’à 73 millions d’hectares de forêts dans la région.

Les zones urbaines sont elles aussi concernées. La chaleur et le manque d’eau fragilisent les arbres des villes, pourtant essentiels pour atténuer les températures, améliorer la qualité de l’air et contribuer au bien-être des populations.

Face à des risques qui s’intensifient, les pouvoirs publics cherchent de plus en plus à anticiper les dommages plutôt qu’à intervenir une fois les dégâts constatés. Les États membres de la CEE-ONU amorcent ainsi un changement de stratégie, en misant davantage sur l’adaptation à long terme.

Vue d'un parc au Royaume-Uni montrant de l'herbe sèche et brune et des feuilles mortes. Une personne est assise sur un banc au premier plan tandis qu'une autre promène un chien au loin.
UN News/Daniel Dickinson L'herbe sèche et brune d'un parc londonien témoigne de l'impact de la sécheresse déclarée au Royaume-Uni.

Les villes verdissent, les États renforcent leur réponse

Dans les villes, les municipalités multiplient les initiatives pour développer le couvert arboré et renforcer la résistance des espaces urbains face à la chaleur. Le défi « des arbres dans les villes » vise notamment à promouvoir des forêts urbaines plus résilientes et à intégrer davantage les arbres et la végétation dans l’aménagement urbain.

À l’échelle régionale, les pays cherchent également à améliorer le suivi des dégâts. Lors de la réunion du Comité des forêts et de l’industrie forestière (COFFI), prévue du 4 au 6 novembre 2026, ils testeront de nouvelles méthodes pour collecter et partager les données sur les dommages liés à la sécheresse, aux tempêtes, aux incendies, aux ravageurs et aux maladies.

L’objectif est de mieux mesurer l’ampleur des dégâts, mais aussi de permettre une réaction plus rapide et mieux coordonnée des pouvoirs publics.

La CEE-ONU accompagne enfin les transformations du secteur forestier en encourageant une utilisation plus circulaire du bois et en renforçant les chaînes de valeur des produits forestiers. Il s’agit notamment de préserver la stabilité économique du secteur alors que l’approvisionnement en matières premières devient de plus en plus volatil.