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Ukraine : reconstruire, une vie à la fois

Une femme âgée se tient derrière un homme en fauteuil roulant, la jambe bandée, dans un couloir de réadaptation d'un centre médical.
© OMS Oleksandr, avec l'aide de sa femme et de son kinésithérapeute, est en voie de retrouver force et espoir.

Ukraine : reconstruire, une vie à la fois

Paix et sécurité

Dans les salles de classe, les maternités, les hôpitaux et les communautés locales à travers l'Ukraine, des millions de personnes s'efforcent de reconstruire leur quotidien malgré une guerre qui ne cesse de faire des ravages.

À Bezruky, un village situé en première ligne dans la région de Kharkiv, à seulement une trentaine de minutes de la frontière russe, l'école locale a été gravement endommagée dès les premiers jours de l'invasion. Les habitants se souviennent encore des chars qui passaient si près qu'ils pouvaient les entendre.

Après le remplacement des fenêtres et le renforcement de la structure du bâtiment, l'établissement a pu rouvrir ses portes. Son sous-sol, autrefois simple abri antiaérien, a été transformé en un espace accueillant où les enfants peuvent apprendre et se retrouver.

Grâce à ce projet mis en œuvre par l'UNOPS, l'agence des Nations Unies chargée des infrastructures, avec le soutien financier de l'Union européenne, plus de 15.000 enfants de la région ont retrouvé le chemin de l'école.

Un jeune garçon est assis à un pupitre d'écolier et sourit à l'objectif.
© UNV/Veronika Yaresko Un garçon est assis dans une salle de classe rénovée en Ukraine.

Une école pensée pour les enfants

Dans la région de Tcherkassy, Yurii Tkalenko enseigne depuis vingt ans. En 2025, il a intégré un programme de formation inspiré de la réforme de la « Nouvelle école ukrainienne ».

« L'apprentissage ne s'arrête jamais », explique-t-il. « Le nouveau programme se concentre sur l'enfant et adapte l'enseignement à ses besoins. »

Cette initiative est menée par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), avec le soutien du Partenariat mondial pour l'éducation, en partenariat avec le ministère ukrainien de l'Éducation.

Donner naissance malgré la guerre

Pour Anastasiia, originaire de la région de Donetsk, devenir mère a signifié quitter son foyer pour rejoindre une maternité plus sûre à Kharkiv, où elle a donné naissance à des jumeaux.

« J'avais peur d'accoucher. Mais la vie continue », confie-t-elle. « Les médecins nous ont vraiment soutenus tout au long du processus. »

L'agence des Nations Unies chargée des questions de santé sexuelle et reproductive, l'UNFPA, avec l'appui de l'Union européenne, soutient plusieurs maternités situées à proximité de la ligne de front afin que les femmes puissent continuer à accoucher dans des conditions sûres.

Une mère ukrainienne tient un nouveau-né dans ses bras.
© UNFPA Anastasiia a donné naissance à des jumeaux en bonne santé dans un hôpital de la région de Donetsk, en Ukraine.

Faciliter le retour à l'emploi

Pour de nombreuses mères, reprendre une activité professionnelle dépend avant tout de l'accès à une solution de garde pour leurs jeunes enfants.

L'« École des nounous », mise en place par l'Organisation internationale du Travail (OIT), a déjà formé 80 femmes à la garde d'enfants de moins de trois ans. Près de la moitié d'entre elles ont trouvé un emploi peu après avoir obtenu leur certification.

À Kryvyi Rih, Oksana est devenue conductrice de bus grâce au programme « She Drives » d'ONU Femmes. Ancienne employée du fret, elle doutait même d'être sélectionnée.

« Pour beaucoup de passagers, il est encore inhabituel de voir une femme au volant d'un bus, mais leur reconnaissance me motive », raconte-t-elle. « Si vous voulez faire quelque chose, n'ayez pas peur d'essayer. Je voulais changer de vie, et je l'ai fait. »

Trois femmes se trouvent à bord d'un bus : l'une conduit tandis que les deux autres la regardent. Cette scène illustre le travail ONU Femmes en Ukraine en matière de relèvement et d'autonomisation des femmes.
© ONU Femmes Oksana (à gauche) parcourt l'une des plus longues routes de la ville à Kryvyi Rih.

Soigner malgré les bombardements

À Zaporijjia, Hanna Makarenkova dirige un hôpital qui soigne depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie des milliers de blessés et accueille des personnes évacuées de Marioupol. Plus de 25.000 patients y ont été pris en charge, souvent sous les bombardements et au milieu des coupures d'électricité.

« Mes collègues me donnent la force de continuer à travailler », dit-elle. « Leur travail inlassable et leur dévouement sont ce qui me motive. »

Grâce à des unités d'alimentation électrique autonomes financées par l'Union européenne et installées par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les équipements médicaux peuvent désormais continuer de fonctionner même lorsque le réseau électrique est interrompu.

Retrouver espoir

À Kostiantynivka, Oleksandr a perdu ses deux jambes et un œil lors d'une attaque de drone. Pendant trois mois, son épouse Nataliia est restée à ses côtés, l'accompagnant dans les opérations, la rééducation et l'apprentissage des gestes les plus simples avec le kinésithérapeute Illia.

« Le mouvement, c'est la vie », dit-elle avant d'ajouter, tournée vers l'avenir : « Je pense que tout ira bien pour nous. Nous vivrons et profiterons de la vie. Car la vie continue. »

Avec le soutien financier de l'Union européenne, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a formé plus de 300 spécialistes de la réadaptation à travers le pays afin d'adapter et de régler les fauteuils roulants. Neuf d'entre eux forment désormais d'autres professionnels.

Ces initiatives ne peuvent effacer les destructions causées par la guerre. Mais elles permettent, jour après jour, de reconstruire l'essentiel : une école qui rouvre, une naissance en sécurité, un emploi retrouvé, un hôpital qui continue de soigner ou un patient qui réapprend à vivre. C'est aussi cela, la reconstruction de l'Ukraine : rebâtir une vie, une personne à la fois.