Un Casque bleu tué dans le sud du Liban
Un Casque bleu de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est décédé, jeudi 4 juin, après le bombardement la veille de sa position près de Marjeyoun, dans le sud-est du Liban, a annoncé jeudi un porte-parole de la mission onusienne.
La FINUL, qui n’a pas précisé d’où avaient été tirés les obus de mortier, a ajouté que deux autres Casques bleus, l'un d'Espagne, l'autre d'El Salvador, avaient été blessés dans la même frappe et sont actuellement soignés dans un centre médical de la base de la mission onusienne.
« Peu après l’incident survenu tard dans la nuit, le soldat grièvement blessé a été transporté par avion dans un hôpital de Beyrouth où il a succombé à ses blessures », a précisé la FINUL, sur son compte officiel sur Telegram.
Elle a appelé « les autorités nationales compétentes à enquêter sur l’incident, à traduire les auteurs en justice et à assurer leur responsabilité pénale ».
Possibles crimes de guerre
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné la mort de ce Casque bleu de nationalité serbe, le sergent Milovan Jovanivić, âgé de 36 ans. Il a présenté ses condoléances à la famille du militaire, ainsi qu’au gouvernement et au peuple serbes, tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés, a précisé son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse.
« Il était un fils, un époux, et le père d'un fils et d'une fille. C'était son premier déploiement dans le cadre d'une mission de maintien de la paix. Il est arrivé au Liban à la fin du mois de janvier de cette année et il est mort en accomplissant son devoir au service de la paix, sous le drapeau bleu des Nations Unies », a déclaré M. Dujarric lors de son point de presse quotidien. Il a précisé que sur la base d'une évaluation initiale et des observations de la FINUL, la position aurait été touchée par des tirs indirects provenant du nord du fleuve Litani.
Depuis la reprise des hostilités le 2 mars 2026, sept Casques bleus de la FINUL ont été tués et plusieurs autres blessés. Le chef de l'ONU a rappelé que les attaques contre les soldats de la paix constituent de graves violations du droit international humanitaire et peuvent s’apparenter à des crimes de guerre.
Il a appelé toutes les parties à respecter la cessation des hostilités annoncée le 16 avril et à garantir la sécurité du personnel des Nations Unies. Il a également réaffirmé le soutien de l’Organisation aux efforts diplomatiques visant à consolider la trêve et à mettre pleinement en œuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité.
Déployée pour la première fois en 1978, la FINUL compte plus de 7 000 Casques bleus issus de 47 pays qui patrouillent le long de la Ligne bleue, frontière de facto qui sépare le Liban et Israël.
L’ONU salue un nouvel accord de cessez-le-feu
Le Secrétaire général a également salué l’annonce d’un nouveau cessez-le-feu à l’issue d’une quatrième réunion trilatérale de haut niveau entre représentants israéliens et libanais, tenue les 2 et 3 juin à Washington.
Il a réaffirmé le soutien des Nations Unies à tous les efforts visant à mettre fin aux hostilités et à soulager les souffrances des populations vivant de part et d’autre de la Ligne bleue, a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse séparée.
Le chef de l’ONU a exhorté toutes les parties à respecter pleinement la cessation des hostilités et le droit international. Il a également appelé Israël à se retirer du nord de la Ligne bleue et les acteurs armés non étatiques, dont le Hezbollah, à se conformer à l’autorité de l’État libanais.
L’ONU espère que cet accord ouvrira la voie à une paix durable et à une plus grande stabilité dans la région.
Des centres d’hébergement collectifs débordés
La FINUL a constaté que la violence s’était intensifiée ces dernières semaines dans le sud du Liban, où Israël mène une vaste opération militaire contre le Hezbollah pro-iranien.
La poursuite de l’escalade et les nouveaux ordres d’évacuation émis par Israël pour les gouvernorats du Sud et de Nabatiyeh ont provoqué des déplacements de population à grande échelle. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), les centres d’hébergement collectifs, en particulier dans les districts de Saïda et de Tyr, dans le gouvernorat du Sud, sont débordés.
« Les centres d’accueil sont pleins, et un nombre croissant de personnes déplacées trouvent refuge dans des espaces ouverts », a détaillé l'OCHA dans son dernier rapport.
Le nord du Liban est devenu la principale zone d’accueil des populations nouvellement déplacées, et le gouvernorat de la Bekaa continue d’absorber les arrivants, avec l’ouverture et la préparation d’écoles supplémentaires pour servir de centres d’accueil collectifs.
Du côté de la capitale libanaise Beyrouth et du Mont-Liban, les centres d’hébergement collectifs seraient pleins à craquer, ce qui oblige les autorités à envisager des solutions alternatives, notamment la mise en place de campements.
Hébergements de plus en plus surpeuplés
Selon les autorités locales, 30 000 familles du gouvernorat du Sud et 4 000 familles du gouvernorat de Nabatiyeh ont fui les violences ces derniers jours.
A ce jour, près de 135 000 personnes sont enregistrées dans des hébergements collectifs, qui sont de plus en plus surpeuplés, tandis que des milliers d’autres se trouvent dans la rue et sur le littoral, entre autres.
A Beyrouth, l’ONU estime à 200 000 le nombre de personnes déplacées depuis la banlieue sud à la suite de l’ordre d’évacuation émis par l'armée israélienne le 1er juin.
Elles sont réparties dans 634 centres d’hébergement collectifs à travers le pays, les gouvernorats de Beyrouth et du Mont-Liban continuant d’accueillir le plus grand nombre de personnes.
Lancement d’un appel de fonds éclair
Selon l’OCHA, cette nouvelle vague de déplacements exerce une pression considérable sur des systèmes déjà débordés. La situation humanitaire au Liban s’est fortement détériorée entre le 29 mai et le 1er juin, marquée par une nouvelle escalade des hostilités et une aggravation significative des risques en matière de protection, des niveaux de déplacement et des besoins humanitaires.
Sur le terrain, l’accès humanitaire reste très « limité et imprévisible », en particulier dans les zones où les hostilités sont en cours et où de nouveaux ordres de déplacement ont été émis.
Les restrictions de circulation, l’insécurité et les infrastructures endommagées continuent d’entraver l’accès aux services essentiels, notamment aux soins de santé, aux marchés et à l’aide humanitaire.
Pour répondre à cette crise qui évolue rapidement, un appel éclair prolongé pour le Liban 2026 devrait être lancé ce vendredi 5 juin, en coordination avec le gouvernement libanais. L’objectif est de mobiliser des ressources supplémentaires et d’intensifier l’aide humanitaire d’urgence jusqu’au 31 août.