La 10.000e réunion du Conseil de sécurité marquée par un veto américain
Quatorze voix pour. Une voix contre. La résolution est rejetée. La 10.000e réunion du Conseil de sécurité s’est soldée jeudi par un veto américain à un texte exigeant l’instauration d’un cessez-le-feu à Gaza.
Les États-Unis, seul pays à voter contre, ont jugé que la résolution « ne reconnaît pas le droit d’Israël à se défendre ». La représentante américaine l’a même accusée de « légitimer à tort la propagande du Hamas », le groupe responsable de l’attaque du 7 octobre 2023, précisément à l’origine du conflit actuel. « Cette guerre pourrait prendre fin aujourd’hui si le Hamas libérait les otages et déposait les armes », a affirmé Washington, accusant en outre ce dernier de détourner l’aide humanitaire et d’ « instrumentaliser la vie des civils à Gaza afin de détruire Israël ».
Toutes les autres délégations ont voté en faveur du texte. Mais, en tant que membre permanent du Conseil, les États-Unis disposent d’un droit de veto, au même titre que la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni, qui leur permet de bloquer une résolution même largement soutenue.
Le vote de jeudi est intervenu alors que la guerre dure depuis bientôt deux ans à Gaza, où plus de 60.000 Palestiniens ont été tués selon les bilans cités aux Nations Unies. L’armée israélienne a entamé lundi une offensive terrestre de grande ampleur dans le nord de l’enclave, où l’ONU a déclaré, le 22 août dernier, un état de famine, en raison du blocus humanitaire imposé par Israël à l'enclave.
Une « famine créée de toutes pièces »
Après le vote, plusieurs membres du Conseil ont dénoncé avec force les conséquences du veto américain. Le Royaume-Uni a souligné qu’« un cessez-le-feu est plus que jamais nécessaire », déplorant que « l’expansion téméraire de l’opération militaire israélienne nous éloigne d’un accord qui pourrait ramener les otages chez eux et mettre fin aux souffrances à Gaza ».
Londres a parlé d’une « famine intégralement créée de toutes pièces », rappelant la frappe israélienne sur l’hôpital pour enfants de Gaza, où « des nouveau-nés dans des incubateurs et des enfants sous dialyse ne devraient pas être sous bombardement ».
« Un génocide », accuse la Palestine
Riyad Mansour, le représentant permanent de la Palestine, a pour sa part accusé Israël de commettre un génocide. « Israël n’a pas le droit de massacrer les Palestiniens. Israël n’a pas le droit de commettre un génocide. Israël n’a pas le droit de commettre un nettoyage ethnique. Israël n’a pas le droit d’affamer un peuple », a-t-il lancé. Le représentant palestinien a jugé que le « silence du Conseil » avait « un coût immense pour sa crédibilité », dans la mesure où le véto américain empêche l’organe d’assumer son rôle de protection des civils.
La Russie a également fustigé le « septième véto américain » depuis le début de la guerre, accusant Washington de transformer le Conseil en « spectateur naïf de la catastrophe ».
La France a condamné l’intensification de l’offensive israélienne, estimant qu’elle « n’a plus de logique militaire ». Paris a aussi rappelé son opposition « à tout projet d’occupation de Gaza ou de déplacement forcé de sa population ».
Un jalon symbolique
À l’ouverture de la séance, le représentant de la République de Corée, président du Conseil pour le mois de septembre, avait rappelé la portée symbolique de cette 10.000e réunion : « C’est un chiffre marquant, immense », a-t-il déclaré, « à l’instar des défis qui nous restent à relever ».