Les dirigeants chypriotes conviennent d’ouvrir quatre nouveaux points de passage, selon l’ONU
A l’issue de nouvelles discussions à Genève sur l’avenir de Chypre, les dirigeants chypriotes ont convenu d’ouvrir quatre nouveaux points de passage, a annoncé mardi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
Des représentants de l’île méditerranéenne se sont réunis pendant deux jours dans la ville suisse avec les garants, la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, à la demande du chef de l’ONU.
Ces pourparlers se sont tenus « dans le cadre des efforts de bons offices du Secrétaire général de l'ONU sur la question chypriote », conformément à son engagement de poursuivre les efforts entrepris en octobre dernier.
« Cette réunion informelle sera l’occasion d’une discussion constructive sur la manière d’avancer sur la question chypriote », avait déclaré lundi à New York, le porte-parole de l’ONU, Stephane Dujarric. « Les Nations Unies restent déterminées à soutenir les dirigeants chypriotes et tous les Chypriotes ».
La conférence informelle des cinq parties sur Chypre s’est achevée mardi sur des progrès significatifs, les participants ayant convenu de l’ouverture de ces quatre nouveaux points de passage, a souligné le chef de l’ONU, relevant que les pourparlers ont été « constructifs ».
Nouvelle réunion en juillet
Outre les nouveaux points de passage, le Secrétaire général a confirmé qu’une autre réunion, dans le même format, c’est-à-dire avec la participation de l’ONU, des deux parties chypriotes et des trois puissances garantes, la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, se tiendrait en juillet. Avant cette réunion estivale, M. Guterres nommera son nouvel Envoyé pour Chypre.
Le Secrétaire général a également annoncé de nouveaux efforts sur le déminage.
Le rendez-vous de Genève a aussi abouti à d’autres mesures de confiance, notamment la création d’un comité technique de la jeunesse et d’un comité sur le changement climatique, l’entretien des cimetières et l’installation de systèmes photovoltaïques dans la zone tampon.
Une île divisée
M. Guterres avait tenté de réunir les deux parties en 2017 dans la station alpine suisse de Crans-Montana, mais les pourparlers avaient finalement échoué. Une nouvelle tentative avait été faite en 2021.
Les Nations Unies mènent des négociations en vue d’un règlement des questions qui ont conduit à la division de l’île, le Conseil de sécurité ayant autorisé la création d’une force de maintien de la paix en 1964, la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP).
En l’absence d’un accord durable, la force onusienne reste sur l’île pour superviser les lignes de cessez-le-feu, une zone tampon et pour soutenir les activités humanitaires.
Chypre est coupée en deux depuis l’intervention de l’armée turque le 20 juillet 1974 en réaction à une tentative de coup d’Etat de nationalistes chypriotes grecs. La Turquie maintient des troupes sur l’île depuis.
Des décennies de discussions soutenues par l’ONU et d’autres partenaires internationaux n’ont pas encore réussi à réunifier l’île. La République de Chypre, État membre de l’Union européenne (UE), est établie sur les deux tiers sud de l’île, et la République turque de Chypre nord (RTCN), contrôle le tiers nord. La capitale Nicosie est divisée en deux.