António Guterres salue l'accord de cessez-le-feu à Gaza, « une première étape cruciale »
Plusieurs haut-responsables des Nations Unies ont salué, mercredi, l'annonce d'un accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza, après 15 mois de guerre.
S'adressant aux journalistes au Siège de l'ONU, le Secrétaire général, António Guterres, a félicité les médiateurs, l'Égypte, le Qatar et les États-Unis, pour leurs efforts dévoués dans la négociation de l'accord.
« Leur engagement inébranlable à trouver une solution diplomatique a été déterminant dans la réalisation de cette percée », a-t-il déclaré.
Le chef de l’ONU a appelé toutes les parties concernées à respecter leurs engagements afin que l'accord soit pleinement mis en œuvre.
Alléger les « immenses souffrances »
M. Guterres a rappelé que dès le début des violences, il a appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages.
« Notre priorité doit être d'alléger les immenses souffrances causées par ce conflit », a affirme M. Guterres soulignant que les Nations Unies sont prêtes à soutenir la mise en œuvre de l'accord et à intensifier l'acheminement d'une aide humanitaire soutenue.
« Il est impératif que ce cessez-le-feu lève les importants obstacles sécuritaires et politiques à l'acheminement de l'aide dans la bande de Gaza afin que nous puissions soutenir une augmentation importante de l'aide humanitaire urgente et vitale », a averti le chef de l’ONU.
« La situation humanitaire est catastrophique », a-t-il martelé.
Le Secrétaire général a appelé toutes les parties à faciliter l'acheminement rapide, sans entrave et en toute sécurité de l'aide humanitaire « pour tous les civils dans le besoin ».
« De notre côté, nous ferons tout ce qui est humainement possible, conscients des graves défis et contraintes auxquels nous serons confrontés », a fait valoir M. Guterres, ajoutant qu’il espérait que « d'autres acteurs humanitaires, le secteur privé et des initiatives bilatérales joindront leurs efforts aux nôtres ».
Solution à deux États et gouvernance palestinienne unifiée
Le chef de l’ONU a rappelé que « ce n'est qu'à travers une solution viable à deux États que les aspirations des deux peuples pourront être satisfaites ».
Il appelé à mobiliser tous les efforts pour faire avancer « la préservation de l'unité, de la contiguïté et de l'intégrité du territoire palestinien occupé ».
« L'unité palestinienne est essentielle pour parvenir à une paix et une stabilité durables » a-t-il dit insistant sur le fait « qu'une gouvernance palestinienne unifiée doit rester une priorité absolue ».
M. Guterres a invité les parties et les partenaires concernés à saisir cette occasion et « établir une voie politique crédible vers un avenir meilleur pour les Palestiniens, les Israéliens et l'ensemble de la région ».
« Mettre fin à l'occupation et parvenir à une solution négociée de deux États, avec Israël et la Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, conformément au droit international, aux résolutions pertinentes des Nations Unies et aux accords précédents, reste une priorité urgente », a affirmé M. Guterres.
Le Secrétaire général des Nations Unies a rendu hommage aux civils qui ont perdu la vie, y compris le personnel des Nations Unies et les travailleurs humanitaires.
Le chef des droit de l'homme « soulagé »
De son côté, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit « extrêmement soulagé » par l’annonce du cessez-le-feu.
Volker Türk a appelé les deux parties à mettre en œuvre leurs obligations respectives « rapidement, simultanément et de bonne foi ».
Il a également souligné l’urgence humanitaire actuelle dans l’enclave. « La nourriture, l’eau, les médicaments, les abris et la protection sont les principales priorités », a-t-il précisé.
Cet accord n’exonère toutefois pas les auteurs de violations et abus au cours des 15 derniers mois, a estimé le chef des droits de l’homme de l’ONU. « Les responsables des actes odieux du 7 octobre, des meurtres illégaux de civils qui s'en sont suivis dans toute la bande de Gaza et de tous les autres crimes relevant du droit international doivent rendre des comptes », a-t-il déclaré.
Alors qu’une grande partie de l’enclave est désormais en ruines, M. Türk a souhaité que les droits de l’homme soient au cœur de la reconstruction de Gaza.
Le haut responsable a en outre appelé à faire avancer la solution à deux États. À ce titre, « la présence illégale et continue d’Israël dans le territoire palestinien occupé doit cesser », a-t-il estimé.
« Source d’espoir pour des millions de personnes »
Le chef des affaires humanitaire et secours d’urgence de l’ONU a pour sa part qualifié l’accord de cessez-le-feu de « moment d'espoir et d'opportunité ».
Tom Fletcher a indiqué, dans une déclaration, que les agences humanitaires avaient prépositionné des fournitures afin d'augmenter l'acheminement de l'aide dans la bande de Gaza, où plus de 46.000 Palestiniens ont perdu la vie au cours des plus de 15 mois de traumatismes et de destructions, et où des dizaines d'otages israéliens sont toujours détenus.
Il a toutefois averti qu’il ne fallait « pas se faire d'illusions sur la difficulté qu'il y aura encore à apporter un soutien aux survivants ».
« Les enjeux ne pourraient être plus élevés », a souligné le chef de l’humanitaire affirmant que les humanitaires feraient tout leur possible pour répondre « avec l'ambition, la créativité et l'urgence que ce moment exige, malgré les défis sécuritaires et politiques importants qui se posent à notre travail ».
M. Fletcher a ainsi demandé à toutes les parties d'adhérer pleinement au droit humanitaire international « pour nous aider à sauver des vies », y compris en protégeant les civils et les infrastructures civiles, permettant aux travailleurs humanitaires d'accéder en toute sécurité et sans entrave aux personnes dans le besoin, « où qu'elles se trouvent », et en levant tous les obstacles à l'entrée de l'aide essentielle.
Il a demandé au Conseil de sécurité « d'user de sa voix et de son poids collectifs » pour insister sur le maintien du cessez-le-feu, le respect du droit international et la levée des obstacles ».
« Nous demandons que les responsables des atrocités commises répondent de leurs actes », a conclu M. Fletcher.