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Le quartier de Haret Hreik à Beyrouth, au Liban, est frappé par un missile à la mi-novembre 2024.

L'ONU salue l'annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban

© UNHCR/Ximena Borrazas
Le quartier de Haret Hreik à Beyrouth, au Liban, est frappé par un missile à la mi-novembre 2024.

L'ONU salue l'annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban

Paix et sécurité

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a salué mardi l’annonce d’un cessez-le-feu entre Israël et le Liban. Il espère que cet accord pourra mettre un terme à la violence, à la destruction et aux souffrances que subissent les populations des deux pays.

« Le Secrétaire général exhorte les parties à respecter pleinement et à mettre en œuvre rapidement tous les engagements qu’elles ont pris dans le cadre de cet accord »,. a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

« Le Secrétaire général exhorte également les parties à prendre des mesures immédiates en vue de la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité », a-t-il ajouté.

Il a précisé que la Coordonnatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban et la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) sont tous deux prêts à soutenir la mise en œuvre de cet accord, conformément à leurs mandats respectifs.

Un travail considérable reste à accomplir

La Coordinatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert (photo d'archives).
ONU Info
La Coordinatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert (photo d'archives).

La Coordonnatrice spéciale des Nations Unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a estimé pour sa part que l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Liban « marque le point de départ d'un processus crucial, ancré dans la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 (2006), pour rétablir la sécurité et la sûreté que méritent les civils des deux côtés de la Ligne bleue ».

Selon elle, un travail considérable reste à accomplir pour garantir la pérennité de l'accord. « Rien de moins que l'engagement total et indéfectible des deux parties n'est requis », a-t-elle dit.

« Il est clair que le statu quo ante consistant à mettre en œuvre uniquement certaines dispositions de la résolution 1701 (2006), tout en se contentant de faire semblant d'en respecter d'autres, ne suffira pas. Aucune des deux parties ne peut se permettre une nouvelle période de mise en œuvre fallacieuse sous couvert d'un calme apparent », a-t-elle ajouté, félicitant les parties d’avoir saisi l’occasion de clore ce chapitre dévastateur.

« Le moment est venu de passer à l’action, par des actions concrètes, pour consolider les acquis d’aujourd’hui », a-t-elle conclu.

Souffrances et destructions

Plus tôt dans la journée, le chef des droits de l’homme de l’ONU avait réitéré son appel à un « cessez-le-feu permanent » au Liban, en Israël et à Gaza.

Volker Türk s'était déclaré gravement préoccupé par l’escalade survenue au Liban ces derniers jours et avait réitéré son appel à un cessez-le-feu immédiat afin de mettre un terme aux pertes humaines et aux destructions.

« Le seul moyen de mettre fin à cette tragédie pour les innocents et aux souffrances des populations de tous les côtés est un cessez-le-feu permanent et immédiat sur tous les fronts au Liban, en Israël et à Gaza », avait déclaré à la presse à Genève Jeremy Laurence, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

Des employés de l'UNRWA préparent de la nourriture pour une cuisine communale au Liban.
© UNRWA
Des employés de l'UNRWA préparent de la nourriture pour une cuisine communale au Liban.

Un conflit « brutal » pour le personnel de santé et pour les civils

Avant l'annonce du cessez-le-feu, les forces israéliennes avaient continué de mener de nouvelles attaques aériennes sur la capitale libanaise tandis que le Hezbollah avait repris également ses tirs de roquettes sur Israël.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), des dizaines de personnes, dont huit enfants et 19 femmes, auraient été tuées dans des frappes aériennes israéliennes entre le 22 et le 24 novembre. Une frappe aérienne qui a rasé un immeuble de huit étages à Beyrouth samedi a tué au moins 29 personnes et fait au moins 67 blessés, selon le ministère libanais de la Santé.

La veille, une frappe israélienne sur la maison d’un directeur d’hôpital dans le district de Baalbek l’a tué ainsi que six autres personnes, dont un garçon. Les 22 et 23 novembre, au moins sept membres du personnel paramédical auraient été tués lors de trois frappes israéliennes distinctes dans le sud du Liban.

« Israël doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la protection totale du personnel médical et réduire au minimum le nombre de victimes parmi ce personnel, ainsi que les dommages causés aux infrastructures sanitaires », avait affirmé le Haut-Commissaire.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce chiffre s’ajoute aux 226 travailleurs de la santé tués dans le cadre du conflit au Liban entre le 7 octobre 2023 et le 18 novembre 2024. Près de la moitié des attaques contre les équipes et les établissements de santé au Liban ont chacune causé au moins un décès - la proportion la plus élevée par rapport à n’importe quel autre conflit actif dans le monde.

« Cela montre une fois de plus à quel point cette guerre est brutale pour le personnel de santé et pour les civils en général », avait déclaré M. Türk. « Le personnel de santé affecté exclusivement à des tâches médicales doit être respecté et protégé en toutes circonstances. S’il est pris pour cible en tant que tel, cela constitue une violation du droit international humanitaire et peut être assimilé à un crime de guerre ».

250 personnes tuées chaque semaine en novembre

Depuis le 8 octobre 2023, au moins 3.754 personnes ont été tuées et 15.626 blessées au Liban par des tirs israéliens, selon le ministère libanais de la Santé.

Lundi, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) s’était inquiété de la situation au Liban, confronté à sa période la plus meurtrière depuis des décennies, avec une crise humanitaire sans précédent qui touche plus d’un million de personnes.

Au cours des trois derniers jours, la banlieue sud de Beyrouth a été frappée par des attaques incessantes, qui ont causé des dégâts considérables et fait de nombreuses victimes, tout en forçant les gens à fuir leurs maisons. En moyenne, 250 personnes ont été tuées chaque semaine en novembre.

40 civils israéliens tués par des roquettes du Hezbollah

Par ailleurs, le groupe armé libanais Hezbollah a continué de tirer des roquettes sur le nord d’Israël, ce qui a également fait des victimes civiles. « La plupart de ces roquettes sont de nature aveugle, prolongeant le déplacement inacceptable de nombreux civils israéliens », a souligné le Haut-Commissaire.

Selon le gouvernement israélien, 40 civils ont été tués par des roquettes du Hezbollah - dont 13 dans le Golan syrien occupé - et plus de 60.000 Israéliens ont été déplacés à l’intérieur du pays depuis le 7 octobre 2023 en raison de ces roquettes.

Plus de 1,5 million de personnes déplacées par les combats

En raison de l’escalade du conflit, près de 900.000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les frappes israéliennes près de la frontière orientale du Liban avec la Syrie ont fermé presque tous les points de passage officiels entre les deux pays, limitant les personnes fuyant vers la Syrie à un seul itinéraire opérationnel, au nord du Liban.

Selon la Sûreté générale libanaise, 611.000 personnes sont passées en Syrie depuis le 23 septembre (63 % de Syriens et 37 % de Libanais). En outre, près de 40.000 Libanais sont arrivés en Iraq selon l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Sur le front humanitaire, les hostilités ont mis à rude épreuve les infrastructures, déplaçant les communautés et aggravant les effets de la crise économique.

La perturbation du commerce, du tourisme, de l’hôtellerie et de la production agricole a contraint de nombreuses petites entreprises à fermer. Selon la Banque mondiale, la croissance du PIB réel du Liban pour 2024 devrait diminuer de 6,6 %, aggravant encore une contraction économique de plus de 34 % au cours des cinq dernières années, ce qui équivaut à la perte de 15 années de croissance.

Les agences de l’ONU intensifient leurs efforts au Liban et en Syrie

Malgré les problèmes de sécurité, les agences des Nations Unies et leurs partenaires sont sur le terrain afin de continuer à fournir une aide essentielle. Depuis le 19 novembre, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a effectué en toute sécurité 14 convois humanitaires, qui ont permis d’atteindre quelque 50.000 personnes dans des zones difficiles d’accès.

Près de deux mois après le début des hostilités, le 23 septembre 2024, le Programme alimentaire mondial (PAM) a considérablement renforcé son intervention d’urgence, apportant une aide alimentaire et/ou financière à près d’un demi-million de personnes touchées par le conflit. À ce jour, le PAM a aidé plus de 300.000 personnes touchées par le conflit à l’extérieur des abris et plus de 190.000 personnes déplacées à l’intérieur des abris.

En réponse aux besoins croissants des réfugiés syriens touchés par le conflit et qui peinent à satisfaire leurs besoins essentiels, le PAM a augmenté son assistance régulière en espèces aux ménages de réfugiés syriens, en soutenant 220.000 réfugiés supplémentaires en novembre 2024.