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Guterres exhorte le Conseil de sécurité à faire pression pour un cessez-le-feu humanitaire à Gaza

L'ambassadeur José de la Gasca de l'Équateur, président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, préside la réunion sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.
UN Photo/Loey Felipe
L'ambassadeur José de la Gasca de l'Équateur, président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, préside la réunion sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.

Guterres exhorte le Conseil de sécurité à faire pression pour un cessez-le-feu humanitaire à Gaza

Paix et sécurité

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni vendredi matin pour discuter de la situation catastrophique à Gaza. Cette réunion fait suite à la lettre de mercredi du Secrétaire général António Guterres exhortant le Conseil à contribuer à mettre fin à la situation désastreuse dans l’enclave palestinienne ravagée par la guerre grâce à un cessez-le-feu humanitaire.

À l'issue des discussions, les membres du Conseil doivent voter plus tard dans la journée sur un projet de résolution exigeant un cessez-le-feu humanitaire immédiat ainsi qu'une libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages.

Le projet de résolution réitère également l'exigence du Conseil pour que toutes les parties respectent leurs obligations en vertu du droit international, notamment en ce qui concerne la protection des civils en Palestine et en Israël.

Les projets de résolution ne représentent pas une position officielle du Conseil de sécurité tant qu’ils n’ont pas été adoptés.

Dans sa lettre, le Secrétaire général a invoqué l'article 99 de la Charte des Nations Unies, qui lui confère la responsabilité de « porter à l'attention » du Conseil de sécurité toute question qui, à son avis, pourrait menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

C’était la première fois que M. Guterres utilisait cette clause rarement invoquée.

« Face à un risque grave d'effondrement du système humanitaire à Gaza, j'exhorte le Conseil à contribuer à éviter une catastrophe humanitaire et à appeler à un cessez-le-feu humanitaire », a écrit M. Guterres sur X, anciennement Twitter, après l'envoi de la lettre.

Le Secrétaire général António Guterres s'adresse à la réunion du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.
Nations Unies
Le Secrétaire général António Guterres s'adresse à la réunion du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.

Risque élevé d’effondrement total

Lors de la réunion du Conseil vendredi, le Secrétaire général a déclaré qu'il avait écrit cette lettre parce que « nous sommes au point de rupture » dans la guerre entre Israël et les militants palestiniens. « Il existe un risque élevé d'effondrement total du système de soutien humanitaire à Gaza, ce qui aurait des conséquences dévastatrices ».

Il a estimé que l’ordre public pourrait complètement s’effondrer, augmentant la pression en faveur de déplacements massifs de l’autre côté de la frontière vers l’Égypte.

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« Je crains que les conséquences ne soient dévastatrices pour la sécurité de l’ensemble de la région », a-t-il dit, ajoutant que la Cisjordanie occupée, le Liban, la Syrie, l’Iraq et le Yémen ont déjà été entraînés dans le conflit à des degrés divers.

Il a noté que plus de 130 de ses collègues avaient déjà été tués : « Il s'agit de la plus grande perte de vies humaines dans l'histoire de cette Organisation. Certains de nos collaborateurs emmènent leurs enfants au travail pour qu'ils sachent qu'ils vivront ou mourront ensemble ».

Malgré cela, l'ONU est totalement déterminée à rester et à servir la population de Gaza, a dit le chef de l'ONU. Il a ajouté que la situation humanitaire « devenait tout simplement intenable ». « Les conditions nécessaires à l'acheminement efficace de l'aide humanitaire n'existent plus ».

Une situation qui s'aggrave de jour en jour

Le chef de l'ONU a poursuivi en soulignant que la situation catastrophique continue de s'aggraver de jour en jour. Plus de 17.000 Palestiniens auraient été tués depuis le début des opérations militaires israéliennes, dont plus de 4.000 femmes et 7.000 enfants. Des dizaines de milliers de personnes auraient été blessées et beaucoup seraient portées disparues, vraisemblablement sous les décombres.

Environ 85% de la population de Gaza a été déplacée ; des hôpitaux, des écoles et des installations des Nations Unies ont été endommagés ou détruits. Il existe également un risque sérieux de famine, a rapporté M. Guterres.

« Les attaques aériennes, terrestres et maritimes sont intenses, continues et généralisées », a-t-il déclaré, ajoutant que les habitants de Gaza « sont invités à se déplacer comme des flippers humains – ricochant entre des zones de plus en plus petites du sud, sans aucune des élément essentiels pour survivre ».

« Condamnation sans réserve » des attaques du Hamas

Le Secrétaire général a également réitéré sa « condamnation sans réserve » des attaques brutales du Hamas contre Israël le 7 octobre, soulignant qu’il était « consterné » par les informations faisant état de violences sexuelles.

« Rien ne peut justifier le massacre délibéré de quelque 1.200 personnes, dont 33 enfants, le fait d'en blesser des milliers d'autres et de prendre des centaines d'otages », a-t-il dit, ajoutant qu' « en même temps, la brutalité perpétrée par le Hamas ne pourra jamais justifier la punition collective du peuple palestinien ».

« Bien que les tirs aveugles de roquettes du Hamas sur Israël et l’utilisation de civils comme boucliers humains soient contraires aux lois de la guerre, une telle conduite n’absout pas Israël de ses propres violations », a déclaré M. Guterres. Il a souligné que le droit international humanitaire inclut l’obligation de protéger les civils et de garantir que leurs besoins essentiels soient satisfaits, notamment en facilitant l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire.

Le chef de l’ONU a appelé la communauté internationale à faire « tout son possible » pour mettre fin au calvaire de la population de Gaza.

« J'exhorte le Conseil à ne ménager aucun effort pour faire pression en faveur d'un cessez-le-feu humanitaire immédiat, pour la protection des civils et pour la livraison urgente d'une aide vitale », a-t-il dit, rappelant également l'importance de la solution à deux États, fondée sur les résolutions de l'ONU et le droit international, avec Israël et la Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. « C’est vital pour les Israéliens, les Palestiniens et pour la paix et la sécurité internationales ».

Etats-Unis et France

Lors de la réunion, Robert A. Wood, Ambassadeur et Représentant permanent adjoint des États-Unis auprès de l'ONU, a déclaré qu'à ce jour, le Hamas continue de constituer une menace pour Israël et reste aux commandes de Gaza, soulignant qu'aucun gouvernement ne permettrait qu'une telle menace persiste à ses frontières, après des événements tels que les massacres du 7 octobre.

« Pour cette raison, même si les États-Unis soutiennent fermement une paix durable dans laquelle Israël et la Palestine peuvent vivre en paix et en sécurité, nous ne soutenons pas les appels à un cessez-le-feu immédiat. Cela ne ferait que semer les graines de la prochaine guerre, car le Hamas n’a aucun désir de voir une paix durable, une solution à deux États », a-t-il dit.

Le Représentant permanent de la France, Nicolas de Rivière, a réitéré l’appel de son pays à « une nouvelle trêve humanitaire immédiate et durable », qui doit conduire à un cessez-le-feu permanent.

« Nous devons agir et poursuivre notre mobilisation collective pour la population de Gaza », a-t-il dit. « Nous devons également mettre un terme aux actions du Hamas » et « il est inacceptable que ce Conseil de sécurité n'ait pas encore été en mesure de condamner ces actes », a-t-il ajouté, faisant référence aux attaques sanglantes du 7 octobre.

L'ambassadeur Gilad Erdan d'Israël s'adresse à la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.
UN Photo/Evan Schneider
L'ambassadeur Gilad Erdan d'Israël s'adresse à la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.

Israël peut compter sur la France pour lutter contre le Hamas, qui, avec les autres groupes, doit libérer immédiatement et sans condition tous les otages qu'ils détiennent à l'intérieur de Gaza, a-t-il déclaré.

Israël et Palestine

Gilad Erdan, l’Ambassadeur d’Israël, a déclaré lors de la réunion du Conseil de sécurité que la stabilité régionale au Moyen-Orient ne pourra « être atteinte qu’une fois le Hamas éliminé ». Appeler à un cessez-le-feu ne permettra pas d’atteindre cet objectif, a-t-il insisté.

M. Erdan a affirmé que si le Hamas n'était pas détruit, des atrocités seraient commises par le groupe « encore et encore ». Les habitants de Gaza ont été contraints de vivre dans la pauvreté, a-t-il dit, et appeler à un cessez-le-feu garantirait la poursuite des souffrances et des combats.

Riyad Mansour, Observateur permanent de l'État de Palestine auprès des Nations Unies, s'adresse à la réunion du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.
UN Photo/Loey Felipe
Riyad Mansour, Observateur permanent de l'État de Palestine auprès des Nations Unies, s'adresse à la réunion du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne.

Il a déclaré que le Hamas était la cause profonde de la situation à Gaza, se demandant pourquoi le Hamas n’était pas tenu responsable de ses actions.

Riyad Mansour, Oservateur permanent de l'État observateur de Palestine auprès de l'ONU, a déclaré que si quelqu'un se dit contre la destruction et le déplacement du peuple palestinien, il doit être en faveur d'un cessez-le-feu immédiat.

« Lorsque vous refusez d’appeler à un cessez-le-feu, vous refusez d’appeler à la seule chose qui puisse mettre fin aux crimes de guerre, aux crimes contre l’humanité et au génocide. C’est ainsi qu’Israël mène la guerre, à travers des atrocités », a affirmé M. Mansour.

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