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Malgré une accalmie dans l’Est de la RDC, de sérieux risques persistent, selon l'ONU

Des Casques bleus de la MONUSCO en patrouille au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.
© MONUSCO
Des Casques bleus de la MONUSCO en patrouille au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.

Malgré une accalmie dans l’Est de la RDC, de sérieux risques persistent, selon l'ONU

Paix et sécurité

Une accalmie fragile s’est installée dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) mais le risque d’une reprise des combats reste réel, a expliqué mercredi l’Envoyé spécial de l’ONU dans la région des Grands Lacs d’Afrique au Conseil de sécurité.

« Au moment où je prends la parole, une légère amélioration est à noter. Sur le plan militaire, une accalmie fragile s’est installée dans l’Est de la RDC. Les jours se succèdent sans affrontements majeurs. Entre l’armée de la RDC et le Mouvement du 23 mars, un fragile cessez-le-feu semble tenir », a souligné Huang Xia dans un exposé devant les quinze membres du Conseil.

Il a noté avec satisfaction que le déploiement de la Force régionale de la Communauté de l’Afrique de l’Est se poursuit et que « les échanges peu diplomatiques entre Kigali et Kinshasa ont diminué ».

L'ONU continue de fournir une aide humanitaire aux personnes déplacées par les affrontements armés dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC.
© UNICEF/Arlette Bashizi
L'ONU continue de fournir une aide humanitaire aux personnes déplacées par les affrontements armés dans la province du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC.

Instabilité persistante

Mais en contrepoint de quelques avancées, de sérieux risques persistent : le retrait du groupe armé M23 des localités occupées reste partiel ; le désarmement et le cantonnement de ses combattants se fait attendre ; et une solution politique négociée tarde à se matérialiser.

Dans ce contexte, « le risque d’une reprise des combats reste réel », alors que « des groupes armés locaux et étrangers sèment la terreur et alimentent l’instabilité », a dit l’Envoyé spécial, citant les Forces démocratiques alliées (ADF), les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et la Résistance pour un état de droit au Burundi (RED Tabara).

Il a jugé désastreuses les conséquences sociales et humanitaires de cette situation qui alimente « le cycle sans fin des tensions entre communautés » et « favorise la prolifération des discours de haine ».

« 600.000 personnes sont déplacées dans la seule province du Nord-Kivu. Plus de 38.000 Congolais sont devenus réfugiés entre octobre et février. Les tensions persistent entre le Rwanda et la RDC. La confiance entre les deux pays semble être au plus bas », a rappelé M. Xia.

Quelques pas encourageants

L’Envoyé spécial a donc jugé que le portrait de la situation dans la région des Grands Lacs contrasté : d’un côté quelques pas encourageants, de l’autre, une situation sécuritaire et humanitaire toujours aussi inquiétante.

Dans ce contexte, il estime nécessaire que le Conseil de sécurité et l’ensemble des partenaires de la région renouvellent et renforcent leurs efforts pour favoriser une réelle baisse des tensions et soutenir les efforts de la région pour mettre fin à la crise.

« Nous devons enfin encourager la mise en œuvre intégrale de tous les engagements pris au titre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité, et la coopération pour la RDC et la région », a-t-il ajouté, estimant que cet accord reste plus que jamais pertinent, « à condition de lui redonner toute sa vigueur par des actions concrètes mues par une volonté politique forte ».

M. Xia a salué les initiatives de paix régionales : le processus de Luanda qui vise au rétablissement d’une relation apaisée entre la RDC et le Rwanda, et le processus de Nairobi mené par la Communauté d’Afrique de l’Est.

« Ces deux initiatives vitales ont besoin de notre soutien unanime plus fort. Elles sont les deux pistes complémentaires vers la résolution de la crise actuelle. Ensemble, elles doivent mener vers son règlement », a-t-il dit.

Selon lui, une fois cette étape franchie, les pays de la région devront, sur le moyen et le long terme, examiner la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis Abeba, qui, dix ans après sa signature, reste pertinent et important pour la stabilisation de la région. « Mais un autre consensus émerge, autour de la nécessité de le revitaliser », a souligné l’envoyé de l’ONU.

« Dans le contexte actuel, nous ne devons en effet épargner aucun effort. Nous devons pérenniser les avancées enregistrées », a-t-il ajouté, soulignant qu’il continuerait ses missions de bons offices.