Lorsque l'ONU a reçu la demande de la Fondation Make-a-Wish, selon laquelle Kale, un garçon de 16 ans, souhaitait venir à l'ONU parce que son rêve est de devenir diplomate, un programme a été mis en place pour essayer de lui offrir une journée mémorable…

Luttant contre le cancer, il avait un souhait : visiter l’ONU. Son rêve est devenu une réalité

Photo ONU/Mark Garten
Lorsque l'ONU a reçu la demande de la Fondation Make-a-Wish, selon laquelle Kale, un garçon de 16 ans, souhaitait venir à l'ONU parce que son rêve est de devenir diplomate, un programme a été mis en place pour essayer de lui offrir une journée mémorable. De gauche à droite : Kevin William Ilac, père ; Kainoa Daniel Ilac, frère ; Kaloenic Ilac ''Kale'', bénéficiaire de Make-a-Wish et Robin Diane Ilac, mère. Au podium de l'Assemblée générale.

Luttant contre le cancer, il avait un souhait : visiter l’ONU. Son rêve est devenu une réalité

À l’ONU

« Visiter les Nations Unies, où se déroulent certaines des plus hautes discussions de la diplomatie internationale ». Ce souhait a été une source d'espoir pour Kaloenic Ilac, dit ‘Kale’, un jeune Américain de 16 ans, qui se bat contre le cancer depuis un an. Un souhait qui est devenu réalité pour cet adolescent de Californie dont le rêve est de devenir diplomate.

Les voeux peuvent changer les chances des enfants qui se battent contre une maladie. Un vœu aide les enfants à dépasser leurs limites, les familles à surmonter leur anxiété et des communautés entières à connaître la joie, estime la Fondation Make-A-Wish (Faire un vœu).

Lorsque Kale a commencé à voir flou de son œil droit, il y a un an, il a reçu la terrible nouvelle qu'il avait une tumeur située dans son nerf optique droit. Des semaines de traitements ont suivi. « Son traitement dure quatre semaines, puis il a deux semaines de repos », a expliqué Kevin William Ilac, le père de Kale. L'année a été difficile pour Kale. « En plus de se battre contre le cancer, il est un adolescent qui vit des drames à l'école. Ainsi, pendant les quatre semaines, il ne va à l'école que trois jours par semaine. Et comme il est un élève brillant, la pression de l'école se fait sentir », a déclaré son père. « Mais pendant les deux semaines de repos, il brille à nouveau ».  

Depuis quelques années, Kale s'intéresse aux relations internationales. Aîné de deux garçons, il est plein d'humour, courageux et réfléchi. Ses parents sont enseignants, et c'est l'une des raisons pour laquelle Kale prend ses études très au sérieux.

« J'aimerais un jour devenir diplomate », a-t-il expliqué dans une interview avec Florence Westergard d’ONU Info. « Et comme l'ONU est l'une des plus grandes forces de relations internationales sur la planète Terre, ça m'intéresse beaucoup. Et comme le siège est ici, à New York, une ville que j'ai aussi envie de visiter, je me suis dit que ce serait un endroit vraiment cool où aller, à visiter et à découvrir ».

Le bénéficiaire de Make a Wish, Kale, visite l'ONU
Photo ONU/Mark Garten
Le bénéficiaire de Make a Wish, Kale, visite l'ONU

La Fondation Make-A-Wish réalise environ 15.000 vœux aux États-Unis chaque année. Les enfants comme Kale sont dirigés vers la fondation par l'équipe médicale de l'enfant. Les conditions d'admissibilité pour un vœu sont très spécifiques. « En moyenne, il faut compter entre 6 et 18 mois pour que le vœu soit exaucé », explique Coleen Lee, de la fondation Make-A-Wish, « car nous travaillons avec des partenaires comme les Nations Unies, pour nous assurer que le moment est propice à l'exaucement du vœu ».

« C'est la première fois que le cœur du vœu de l'enfant se trouve à l'ONU », a ajouté Coleen Lee.

Dans son vœu, Kale a écrit : « Il est important pour moi de visiter les Nations Unies en raison du travail qui y est effectué. Les Nations Unies participent à de nombreuses opérations dans le monde entier, des missions humanitaires aux efforts de maintien de la paix, dans l'espoir de rendre le monde meilleur. C'est pourquoi je pense qu'il serait important de voir cet endroit afin de mieux comprendre le travail qui s'y déroule et comment ces décisions sont prises ».

« Ainsi, nous nous concentrons vraiment sur ce que l'enfant imagine », a poursuivi Coleen Lee. « Si le cœur du souhait est de venir aux Nations Unies, à quoi ressemble cette expérience ? Parce que pour un enfant qui est atteint d'une maladie grave et qui doit se battre contre un traitement, nous pensons qu'un vœu est souvent essentiel à ce processus et qu'il fournit l'endurance mentale nécessaire pour suivre le traitement », a-t-elle expliqué.

Offrir à Kale une journée mémorable

Lorsque l'ONU a reçu la demande de la fondation Make-A-Wish, selon laquelle Kale, un garçon de 16 ans originaire de Californie, souhaitait venir à l'ONU parce que son rêve était de devenir diplomate, « nous avons mis en place un programme pour essayer de lui offrir une journée mémorable », a expliqué Rula Henidi, chef de l'unité des visites guidées aux Nations Unies.

« Pour que tout cela en vaille la peine, nous avons décidé d'organiser non seulement une visite guidée, mais aussi de donner à Kale l'occasion de rencontrer des membres du personnel et des diplomates de haut niveau ».

La mission française auprès de l'ONU a été approchée et elle a répondu immédiatement et avec enthousiasme, acceptant la demande. Plusieurs fonctionnaires de l'organisation ont également accepté de le rencontrer.

Kale rencontre au siège des Nations Unies l'inspectrice Paula Goncalvez et l'officier Garneth Lim.
Photo ONU/Mark Garten
Kale rencontre au siège des Nations Unies l'inspectrice Paula Goncalvez et l'officier Garneth Lim.

Points forts de la journée : Visite de l'Assemblée générale

Kale, bénéficiaire de l'opération "Make-A-Wish", visite les Nations Unies.
Photo ONU/Mark Garten

La journée a commencé tôt avec une visite guidée. « Grâce aux efforts de notre personnel de sécurité et de gestion des installations, Kale et sa famille ont pu prendre des photos et des vidéos dans la salle de l'Assemblée générale, ainsi que dans la salle du Conseil de sécurité », a poursuivi Rula Henidi.

« C'était génial, je suis impressionné », a déclaré Kale en souriant. « J'ai vraiment aimé l'Assemblée générale. J'ai pu monter sur le podium et c'était cool d'être au même endroit que les grandes personnalités qui m'ont précédé. C'était mémorable ».

Il a été accueilli par des membres du Département de la sûreté et de la sécurité. « Je suis l'officier féminin la plus haute gradée », a déclaré l’inspectrice Paula Goncalvez. « Je tiens à vous souhaiter la bienvenue aux Nations Unies au nom de nous tous. Nous sommes heureux que vous soyez ici et que vous profitiez de votre visite. Appréciez-vous d’être à l'ONU ? », a-t-elle demandé. Le sourire de Kale a parlé de lui-même. « C'est un endroit passionnant, et nous voulons que vous appréciiez votre expérience ici », a-t-elle poursuivi, expliquant qu'elle travaille aux Nations Unies depuis plus de 25 ans. « C'est une organisation merveilleuse, et nous sommes heureux que vous nous ayez choisis ».

Il a également été autorisé à entrer dans la salle de consultations du Conseil de sécurité, où il a été accueilli par l'officier Richard Norowski, qui a été ému par le badge Make-A-Wish de Kale. Lorsqu'il avait 7 ans, il a eu la chance de faire un voyage organisé par Make-A-Wish. « Ma sœur avait une leucémie et nous sommes allés à Disneyland. Je n'oublierai jamais cela, et le badge signifie beaucoup pour moi ». L'officier Norowski a ensuite expliqué le rôle de la salle des consultations du Conseil de sécurité, « où ils discutent des menaces pour la paix et la sécurité ». « Quand il y a un problème dans le monde, il est probablement discuté dans cette salle », a-t-il dit. « C'est vraiment là que les membres du Conseil de sécurité se parlent, parfois de manière pas très professionnelle », a-t-il poursuivi.

Un intérêt précoce pour la politique

Kaloenic Ilac, "Kale", se bat contre le cancer depuis un an. Son rêve de venir à l'ONU est devenu réalité lorsque la Fondation Make-a-Wish a exaucé son vœu et celui de sa famille. Ici, il est fièrement assis au Conseil de sécurité
ONU Info/Florence Westergard
Kaloenic Ilac, "Kale", se bat contre le cancer depuis un an. Son rêve de venir à l'ONU est devenu réalité lorsque la Fondation Make-a-Wish a exaucé son vœu et celui de sa famille. Ici, il est fièrement assis au Conseil de sécurité

Il est rare qu'un jeune de 16 ans s'intéresse à la politique mondiale et à la diplomatie. Comment s'est-il impliqué ? « C'est en partie grâce à mes parents, car ils sont tous deux professeurs d'histoire. Naturellement, ils m'ont transmis une partie de ces connaissances », a répondu Kale. Mais ce qui a suscité son intérêt concernant la politique étrangère, c'est un programme appelé HUFPI (Harvard undergraduate Foreign Policy Initiative), une organisation à but non lucratif dirigée par des étudiants. Il s'agit d'un programme qui réunit des étudiants du monde entier pour des séminaires où ils rencontrent et écoutent des conférenciers parler de leurs premières expériences universitaires et professionnelles en matière de politique étrangère et engager les étudiants dans des discussions sur les affaires internationales.

« Lorsque j'ai rejoint le programme pour la première fois, je l'ai vraiment apprécié et il m'a vraiment inspiré à penser à devenir diplomate et à ce que cela pourrait être pour moi à l'avenir », a-t-il expliqué.

Au cours de sa visite, il a trouvé les sujets de la décolonisation et des réfugiés palestiniens très intéressants et a pu constater l’esprit positif du personnel de l'ONU qu'il a rencontré. « C'était tout simplement merveilleux d'avoir des gens aussi extraordinaires avec qui parler et prendre des photos, bien sûr, et avec qui faire des visites. Donc, c'était génial ».

Conseils de fonctionnaires des Nations Unies et de l'Ambassadeur de France

Maher Nasser, Directeur de la division de la sensibilisation du public au sein du Département de la communication globale, a rencontré Kale.
Nations Unies/MHM
Maher Nasser, Directeur de la division de la sensibilisation du public au sein du Département de la communication globale, a rencontré Kale.

Sa visite s'est poursuivie par des rencontres avec des fonctionnaires de haut niveau de l’ONU et des membres de la mission française. Kale a demandé à Maher Nasser, Directeur de la division de la sensibilisation au public au sein du Département de la communication globale des Nations Unies, ce qu'il devait faire pour réaliser son rêve.

M. Nasser a partagé son expérience personnelle qui a donné à Kale beaucoup d'espoir pour son avenir, en montrant que tout le monde peut atteindre des postes de haut niveau aux Nations Unies. « Quand on pense aux Nations Unies et qu'on veut devenir diplomate, il y a plusieurs façons de le faire », a déclaré M. Nasser. « Nous avons 193 États membres et deux États observateurs, et tous ont des diplomates qui les représentent aux Nations Unies. L'un des moyens est de rejoindre le corps diplomatique de votre pays ».

Il a poursuivi en donnant à Kale des astuces et des conseils sur ce qu'il doit faire à l'avenir en matière d'études et de langues pour entrer à l'ONU et faire carrière, soit comme diplomate au sein des Nations Unies, soit comme diplomate dans une ambassade ou pour son propre gouvernement.

Ses conseils : « Poursuis ton rêve quoi qu'il arrive », a dit M. Nasser. « Et les étoiles s'aligneront pour que ton rêve devienne réalité », a-t-il ajouté, espérant voir Kale dans les couloirs de l'ONU dans quelques années.

L'ambassadeur de France Nicolas de Rivière a rencontré Kale à la Mission française auprès des Nations Unies. Il lui a donné des conseils sur ce qu'il fallait faire pour devenir diplomate.
Nations Unies/Rula Hinedi
L'ambassadeur de France Nicolas de Rivière a rencontré Kale à la Mission française auprès des Nations Unies. Il lui a donné des conseils sur ce qu'il fallait faire pour devenir diplomate.

Kale a également eu l'occasion de discuter avec l'Ambassadeur de France auprès des Nations Unies et avec le conseiller juridique de l'ambassadeur et chef de la section droits de l'homme et humanitaire.  Les deux diplomates ont également donné des conseils à Kale et partagé leurs expériences.

« Pour devenir diplomate, il faut aller à l'université, étudier le droit international. C'est un défi », a déclaré l'Ambassadeur Nicolas de Rivière.

Pour Mme Diarra Dime-Labille, « il faut être ouvert d'esprit parce que, souvent, il faut travailler et négocier avec d'autres pays qui ont des objectifs différents, des visions différentes des nôtres. Notre but ultime est de créer un monde pacifique, le but que les pays avaient lorsqu'ils ont créé les Nations Unies ». Elle espère qu'un jour, Kale sera assis « ici, à mon poste, et bien plus intelligent que moi ».

Les amis de Kale ont déjà fait des commentaires sur le fait qu'il veut être un diplomate : « certaines des choses que j'ai entendues de mes amis est que c'est cool si tu deviens diplomate, ce serait vraiment cool de juste dire, j'ai un ami qui est diplomate. Et mes professeurs, ils disent tous que c'est une chose vraiment unique. Et donc ils sont tous d'accord avec ça ».

Soyons gentils, soyons plus gentils

La Fondation Make-a-Wish a exaucé Kale, 16 ans, son souhait de venir à l’ONU parce que son rêve est de devenir diplomate. Une journée mémorable. De gauche à droite : Coleen Lee, de la Fondation Make-a-Wish; Florence Westergard ONU Info; Robin Diane Ilac,…
Nations Unies/Helena Lorentzen
La Fondation Make-a-Wish a exaucé Kale, 16 ans, son souhait de venir à l’ONU parce que son rêve est de devenir diplomate. Une journée mémorable. De gauche à droite : Coleen Lee, de la Fondation Make-a-Wish; Florence Westergard ONU Info; Robin Diane Ilac, mère; Kainoa Daniel Ilac, frère; Kaloenic Ilac ''Kale'', récipiendaire de Make-a-Wish; Rula Hinedi, visites guidées de l’ONU et Kevin William Ilac, père.

C'est plein d'espoir que Kale retournera en Californie avec sa famille. Il espère qu'il y aura une plus grande prise de conscience du bien que fait l'ONU. « J'espère que je pourrai servir de source d'inspiration pour travailler au niveau international ou pour rendre un plus grand service ».

Devenir une source d'inspiration pour les jeunes de son âge

Ses parents sont également pleins d'espoir. « Il nous reste environ 6 à 12 mois avant d'atteindre ce qu'ils appellent le programme de soutien », a indiqué sa mère, Robin Diane Ilac. Dans les deux derniers rapports, la tumeur a diminué et il a retrouvé un peu de vue dans son œil droit, a déclaré son père. « Espérons que le mois prochain, nous aurons des résultats plus positifs ».

Grâce au soutien de leur famille élargie, ses parents Robin et Kevin, et son frère Kainoa ont pu faire face à la situation. « Il faut un village », a expliqué Kevin. « Et comme nous sommes tous deux enseignants, les écoles nous ont soutenus dans ce que nous faisons. Beaucoup de gens nous aident. Et c'est là que vous réalisez que beaucoup de gens sont touchés par la même chose », a détaillé Kevin.

Faites de votre mieux pour être meilleur, parce que lorsque vous êtes meilleur, vous pouvez aider les autres à l'être aussi et il y aura une réaction en chaîne positive lorsque vous ferez cela.

« Cela m'a vraiment touché. Cela m'a rendu très humble », a expliqué Rula Hinedi. « Et je pense qu'une demande venant d'un garçon de 16 ans pour venir visiter les Nations Unies est un message fort pour nous tous que le travail de l'ONU est toujours pertinent, surtout pour la nouvelle génération ».

« Il a choisi les Nations Unies. Et je pense que cela montre qu'il y a encore de l'espoir pour l'avenir de l'humanité et pour le travail des Nations Unies. Les choses ne sont pas toujours faciles, mais le monde est sûrement meilleur grâce aux Nations Unies ».

Et c'est le message qu'il a également partagé sur le podium de l'Assemblée générale : « Soyez gentils et soyez plus gentils ».

« Faites de votre mieux pour être meilleur, parce que lorsque vous êtes meilleur, vous pouvez aider les autres à l'être aussi et il y aura une réaction en chaîne positive lorsque vous ferez cela. Alors, soyez au service des autres, soyez utile et soyez gentil. Je dirais que c'est mon message », a conclu Kale.

Pour Coleen Lee, le fait de s'être mobilisée pour aider Kale à guérir est vraiment extraordinaire. « Les maladies graves touchent tous les pays, toutes les religions, toutes les ethnies, toutes les couleurs de peau, toutes les langues. C'est vraiment puissant d'être dans un endroit comme l'ONU parce que la maladie grave d'un enfant touche tous les pays ».