Corne de l’Afrique : les enfants confrontés à la sécheresse la plus grave depuis plus de deux générations

Un garçon de dix mois est traité pour malnutrition sévère dans un hôpital du Puntland, en Somalie.
© UNICEF/Grace Ekpu
Un garçon de dix mois est traité pour malnutrition sévère dans un hôpital du Puntland, en Somalie.

Corne de l’Afrique : les enfants confrontés à la sécheresse la plus grave depuis plus de deux générations

Aide humanitaire

Alors que la région est confrontée à une cinquième saison des pluies sans précédent, le nombre d’enfants souffrant de la sécheresse a plus que doublé en cinq mois, a alerté jeudi le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF),

Selon l'UNICEF, plus de 20 millions d’enfants sont désormais confrontés à la menace de la faim, de la soif et de la maladie, contre 10 millions en juillet, alors que le changement climatique, les conflits, l’inflation mondiale et les pénuries de céréales dévastent la région.

« Si les efforts collectifs et accélérés ont permis d’atténuer en partie les pires conséquences de ce que l’on craignait, les enfants de la Corne de l’Afrique sont toujours confrontés à la sécheresse la plus grave depuis plus de deux générations », a déclaré Lieke van de Wiel, Directrice régionale adjointe de l’UNICEF pour l’Afrique orientale et australe.

L’UNICEF estime que près de deux millions d’enfants en Éthiopie, au Kenya et en Somalie ont actuellement besoin d’un traitement d’urgence contre la malnutrition aiguë sévère, la forme la plus mortelle de la faim. En outre, plus de deux millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays en raison de la sécheresse.

Une jeune Ethiopienne de 13 ans a été contrainte de quitter l'école et d'épouser un étranger pour aider sa famille à faire face à la sécheresse.
© UNICEF/UN0651314/Pouget
Une jeune Ethiopienne de 13 ans a été contrainte de quitter l'école et d'épouser un étranger pour aider sa famille à faire face à la sécheresse.

4 millions d’enfants supplémentaires risquent d’abandonner l’école

Tweet URL

L’insécurité de l’eau a plus que doublé et près de 24 millions de personnes sont désormais confrontées à de graves pénuries d’eau. Environ 2,7 millions d’enfants ne sont pas scolarisés à cause de la sécheresse, et on estime que 4 millions d’enfants supplémentaires risquent d’abandonner l’école.

Alors que les familles sont poussées à bout pour faire face à un stress accru, les enfants sont confrontés à toute une série de risques en matière de protection, notamment le travail des enfants, le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines (MGF). « L’aide humanitaire doit se poursuivre pour sauver des vies et renforcer la résilience du nombre stupéfiant d’enfants et de familles qui sont poussés à bout - mourant de faim et de maladie et étant déplacés à la recherche de nourriture, d’eau et de pâturages pour leur bétail », a ajouté Mme van de Wiel.

Depuis le début de l’année, l’UNICEF et ses partenaires ont atteint près de deux millions d’enfants et de femmes avec des services de soins de santé essentiels pour sauver des vies. L’agence onusienne a vacciné près de deux millions d’enfants âgés de 6 mois à 15 ans contre la rougeole, et a fourni de l’eau potable à plus de 2,7 millions de personnes pour la boisson, la cuisine et l’hygiène personnelle.

Se mobiliser de toute urgence afin de réduire des « dommages dévastateurs et irréversibles »

Le Plan d’urgence 2023 de l’UNICEF est d’un montant de 759 millions de dollars américain. Mais selon l’UNICEF, un montant supplémentaire de 690 millions de dollars est nécessaire pour soutenir les investissements à long terme afin d’aider les enfants et leurs familles à se rétablir et à s’adapter au changement climatique.

Pour le Fonds, la communauté internationale doit « agir maintenant pour sauver la vie des enfants, préserver leur dignité et protéger leur avenir ». Une façon de rappeler « le besoin d’un effort mondial pour mobiliser des ressources de toute urgence afin de réduire les dommages dévastateurs et irréversibles que subissent les enfants de la Corne de l’Afrique ».

« Alors que les gouvernements et les populations du monde entier se préparent à accueillir une nouvelle année, nous exhortons la communauté internationale à s’engager à réagir dès maintenant à ce qui pourrait frapper la Corne de l’Afrique l’année prochaine, et dans les années à venir », a fait valoir Lieke van de Wiel.