L’envoyé de l’ONU en Afrique centrale exhorte les États de la région à ouvrir l’espace politique et civique

Un fonctionnaire traite les cartes d'identité des électeurs, avant les élections générales en République centrafricaine en décembre 2020.
MINUSCA/Hervé Serefio
Un fonctionnaire traite les cartes d'identité des électeurs, avant les élections générales en République centrafricaine en décembre 2020.

L’envoyé de l’ONU en Afrique centrale exhorte les États de la région à ouvrir l’espace politique et civique

Paix et sécurité

Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) a exhorté, jeudi, devant le Conseil de sécurité, les États d’Afrique centrale à ouvrir davantage l’espace politique et civique pour promouvoir une expression pacifique et ordonnée des opinions, et à prendre des dispositions en vue de renforcer l’inclusivité, la diversité et la crédibilité des processus politiques.

Cette ouverture est « la seule façon de rendre légitimes » les institutions issues de ces scrutins, a souligné Abdou Abarry, venu présenter le rapport semestriel du Secrétaire général sur la situation en Afrique centrale et les activités du BRENUAC du 26 mai à ce jour.

Transition politique au Tchad

La poursuite de la transition politique au Tchad, avec le dialogue national inclusif, notamment entre les autorités de transition et les groupes politico-militaires, ainsi que la progression du dialogue politique en République centrafricaine, figurent parmi les faits saillants durant la période à l’examen, de même que le suivi des élections à Sao Tomé-et-Principe et en Angola.

M. Abarry, qui a pris ses fonctions de Représentant spécial début septembre à Libreville, a dit avoir l’occasion unique de voir « les deux visages » de l’Afrique centrale : une terre de grands défis, mais également de formidables opportunités, notamment en matière de développement économique et social d’une part, et de consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit d’autre part.

Or, si bien des élections périodiques ont été organisées, la crédibilité de celles-ci est souvent remise en cause par certains acteurs qui contestent, par la même occasion, la légitimité des dirigeants qui en sont issus, a-t-il constaté, en mentionnant également d’autres défis liés à la gouvernance et aux droits humains, ainsi qu’à la situation sécuritaire. Il a ainsi exhorté les autorités étatiques à assurer le plein respect des droits et libertés fondamentaux et d’éviter tout usage disproportionné de la force dans le maintien de l’ordre public.

Par ailleurs, la rivalité pour l’accès aux ressources naturelles continue d’être l’une des causes des violences intercommunautaires qui ne cessent de croître en nombre et en intensité dans certains pays de la région et dont se servent certains groupes armés, a souligné le Représentant spécial. Il faut maintenir la pression militaire sur ces groupes dans le cadre de la Force mixte multinationale, a vivement recommandé M. Abarry, en appelant les partenaires à apporter un appui aux efforts en cours, ainsi qu’à la mise en œuvre de la Stratégie régionale de stabilisation, de redressement et de résilience des zones du bassin du lac Tchad affectées par la crise.

Observation des élections

Le Président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), Gilberto da Piedade Veríssimo, a indiqué que celle-ci avait déployé des missions internationales d’observation lors des élections en République du Congo, en Angola, à Sao Tomé-et-Principe ainsi qu’en Guinée équatoriale, afin de s’assurer de leur conformité aux normes internationales.

M. da Piedade Veríssimo a mis en garde contre l’émergence d’une crise politique et sécuritaire à Sao Tomé-et-Principe, avec l’attaque, le 25 novembre, contre une caserne militaire, et des traitements cruels infligés aux détenus.

Il a estimé que les défis actuels offrent l’opportunité de « repenser, réimaginer et recréer » sans cesse les relations de coopération en Afrique centrale.

Au moment où les organisations sous-régionales œuvrent à déployer une force régionale dans l’est de la RDC, M. da Piedade Veríssimo a jugé opportun que l’ONU engage une réflexion profonde sur l’adéquation de ses missions de maintien de la paix aux théâtres de conflit contemporains, y compris en République centrafricaine où la MINUSCA fait face à des défis similaires.

Autre source de préoccupation, la situation dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun, pays pourtant pilier de l’intégration économique en Afrique centrale aux yeux de M. Abarry, a été mise en exergue par les membres du Conseil. Une réduction de l’espace politique et une montée de la violence politique ont été observées dans ces régions, où des groupes armés séparatistes ont revendiqué des attaques dans lesquelles ont été tués plusieurs hauts responsables gouvernementaux et hommes politiques locaux.