L'héritage de l'esclavage marque toujours la société et bloque le progrès, selon le chef de l'ONU

Les enfants du Burkina Faso se livrent aux pires formes de travail des enfants, notamment dans les mines d'or et les carrières artisanales.
© UNICEF/Christine Nesbitt
Les enfants du Burkina Faso se livrent aux pires formes de travail des enfants, notamment dans les mines d'or et les carrières artisanales.

L'héritage de l'esclavage marque toujours la société et bloque le progrès, selon le chef de l'ONU

Droits de l'homme

L'héritage de la traite transatlantique des esclaves « se répercute encore aujourd'hui », alors que l'esclavage moderne ne cesse de croître, a déploré le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.

Dans un message prononcé à l'occasion des commémorations de la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage, le 2 décembre, M. Guterres a déclaré que les sociétés restent marquées par les souffrances historiques des Africains réduits en esclavage et qu'elles ne sont pas en mesure d'offrir à chacun les mêmes opportunités de développement.

Éradiquer l'esclavage maintenant

Le chef de l'ONU a également appelé à identifier et à s'engager de nouveau pour éradiquer toutes les formes d'esclavage contemporain, de la traite des personnes à l'exploitation sexuelle, en passant par le travail des enfants, le mariage forcé et l'utilisation d'enfants dans les conflits armés.

Citant les dernières estimations mondiales de l'esclavage moderne sur le travail et le mariage forcés, M. Guterres a noté que 50 millions de personnes ont été réduites en esclavage au cours de l'année dernière.

Les groupes marginalisés sont les plus exposés, comme par exemple les minorités ethniques, religieuses et linguistiques, ainsi que les migrants, les enfants et les personnes LGBTI, et la plupart de ces personnes vulnérables sont des femmes.

« Des mesures accrues doivent être prises avec la pleine participation de toutes les parties prenantes, notamment le secteur privé, les syndicats, la société civile et les institutions des droits de l'homme », a-t-il déclaré. « J'exhorte également tous les pays à protéger et à faire respecter les droits des victimes et des survivants de l'esclavage ».

Une jeune Ethiopienne de 13 ans a été contrainte de quitter l'école et d'épouser un étranger pour aider sa famille à faire face à la sécheresse.
© UNICEF/UN0651314/Pouget
Une jeune Ethiopienne de 13 ans a été contrainte de quitter l'école et d'épouser un étranger pour aider sa famille à faire face à la sécheresse.

L'esclavage en hausse

Les dernières estimations de l'Organisation internationale du Travail (OIT) montrent que le travail forcé et les mariages forcés ont considérablement augmenté au cours des cinq dernières années.

Selon l'ONU, 50 millions de personnes ont été victimes d’une forme d’esclavage moderne en 2021, soit 10 millions de plus qu’en 2016.

Bien que l'esclavage moderne ne soit pas défini par la loi, il est utilisé comme un terme générique couvrant des pratiques telles que le travail forcé, la servitude pour dettes, le mariage forcé et la traite des êtres humains.

Un quart des cas signalés de violences sexuelles liées au conflit au Soudan du Sud concernent des enfants.
UNICEF/Mackenzie Knowles-Coursin
Un quart des cas signalés de violences sexuelles liées au conflit au Soudan du Sud concernent des enfants.

Toujours omniprésent

L'esclavage moderne englobe toutes les situations d'exploitation dans lesquelles une personne ne peut pas refuser ou partir en raison de menaces, de violence, de coercition, de tromperie ou d'un simple abus de pouvoir.

Il est présent dans presque tous les pays du monde et transcende les frontières ethniques, culturelles et religieuses.

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Contrairement aux idées reçues, Plus de la moitié (52%) de tout le travail forcé et un quart de tous les mariages forcés se trouvent dans les pays à revenu intermédiaire supérieur ou à revenu élevé.

Près de quatre personnes sur cinq victimes d'exploitation sexuelle commerciale forcée sont des femmes ou des filles.

Nouvel espace mondial de données sur le travail forcé

À l'occasion de la Journée internationale, l'OIT lance un nouvel Observatoire sur le travail forcé (FLO), élaboré par le projet Bridge de l'OIT pour répondre à la demande du Conseil d'administration de développer « un entrepôt de données mondial sur le travail forcé et la traite ».

La base de données FLO sera un dépositaire d'informations sur le travail forcé au niveau mondial et national - un « portail unique » d'informations sur ce fléau.

Elle centralise des informations sur le travail forcé aux niveaux mondial et national. L'objectif est de fournir un « guichet unique » d'informations sur ce fléau. Des profils pays ont été élaborés pour l'ensemble des 187 États membres de l'OIT à partir d'informations publiquement disponibles provenant de sources fiables. Les profils pays donnent une vue d’ensemble des réponses nationales apportées pour lutter contre ce crime.