Mali : l’ONU condamne une attaque meurtrière contre un camp de déplacés dans la région de Gao

Des femmes de la région de Gao, au Mali.
MINUSMA/Harandane Dicko
Des femmes de la région de Gao, au Mali.

Mali : l’ONU condamne une attaque meurtrière contre un camp de déplacés dans la région de Gao

Paix et sécurité

Les Nations Unies ont condamné, jeudi, une attaque meurtrière perpétrée lundi par des présumés djihadistes contre un site de déplacés internes à Kadji, commune située à une dizaine de kilomètres de Gao (nord du Mali).

« Le Coordonnateur humanitaire en République du Mali, Alain Noudéhou, condamne l’attaque ayant occasionné la mort de 11 personnes déplacées internes », a dit dans un communiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

« En date du 21 novembre, une attaque du site de déplacés internes à Kadji, localité située dans la commune de Gounzoureye, à environ 7 km au sud-est de Gao, a fait 11 morts et un blessé », a confirmé OCHA.

Selon l’ONU, les assaillants ont incendié des abris des personnes déplacées, des stocks de vivres, et emporté tout le bétail.

Un appui psychosocial aux femmes et enfants témoins de ces violences

Selon les médias, les régions de Gao et de Ménaka sont parfois le théâtre des violences des groupes djihadistes. Ces affrontement entre groupes armés implantés dans ces immenses étendues désertiques donnent généralement lieu à des abus contre les civils.

Sur le terrain, de concert avec le Bureau régional du développement social de Gao, des partenaires humanitaires ont apporté un appui psychosocial aux femmes et enfants témoins de ces violences.

« Ces déplacés internes fuyant l’insécurité, sont doublement affectées par la violence de cette attaque, exacerbant davantage leur vulnérabilité », a déclaré le Coordonnateur humanitaire, Alain Noudéhou. « Il est important de protéger les civils partout dans le pays, y compris les personnes déplacées ».

Ce regain de tension intervient dans un contexte d’annonces de retrait de pays au sein des forces de maintien de la paix de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA). La dernière annonce en date est celle du gouvernement allemand, qui a annoncé mardi le retrait, au plus tard en mai 2024, de ses soldats déployés dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Des communautés ont été déplacées après des attaques par des groupes armés dans la région de Gao, au Mali.
MINUSMA/Harandane Dicko
Des communautés ont été déplacées après des attaques par des groupes armés dans la région de Gao, au Mali.

Des discussions en cours sur d’autres apports des pays contributeurs de troupes

« L’ONU prend note de l’annonce du gouvernement allemand sur le maintien de ses troupes jusqu’aux élections, le but étant d’achever le retrait au mois de mai 2024, après approbation du Bundestag », a déclaré mercredi, Farhan Haq, porte-parole adjoint d’António Guterres, Secrétaire général de l’ONU. « L’ONU exprime sa gratitude à l’Allemagne pour sa contribution à la MINUSMA et son appui au peuple malien ».

Plus généralement, l’ONU indique poursuivre ses discussions avec les États membres sur le déploiement de nouveaux biens et plans pour combler des lacunes bien connues, y compris celles qui résultent des dernières annonces. La Mission a reçu trois nouveaux hélicoptères qui devraient arriver vers le mois de mars de l’année prochaine. Il s’agit de deux hélicoptères de combat du Pakistan et du Bangladesh, et d’un hélicoptère de transport de l’Inde. 

Selon l’ONU, cet appui très attendu aux forces de l’ONU est essentiel pour l’alerte rapide et une réaction rapide pour la protection des civils. « Les discussions sur d’autres apports des pays contributeurs de troupes sont en cours, s’agissant, entre autres, des promesses faites lors de la réunion ministérielle de Séoul, au mois de décembre 2021 », a conclu M. Haq.