L’hiver menace la vie de millions de personnes en Ukraine, alerte l’OMS

L’hiver « menace la vie de millions de personnes » en Ukraine, selon l'OMS.
UNICEF / Diego Sanchez
L’hiver « menace la vie de millions de personnes » en Ukraine, selon l'OMS.

L’hiver menace la vie de millions de personnes en Ukraine, alerte l’OMS

Aide humanitaire

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prévenu mardi que l’hiver menacera la vie de millions d’Ukrainiens, après une série de frappes russes dévastatrices sur les infrastructures énergétiques du pays.

« Cet hiver mettra en danger la vie de millions de personnes en Ukraine (…) et la santé de la population ne peut être prise en otage », a déclaré Hans Kluge, le Directeur régional de l’OMS pour l’Europe. « Pour faire simple, cet hiver sera une question de survie ».

Selon la branche européenne de l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU, le pays est confronté à une crise thermique qui s’ajoute à une crise permanente provoquée par la guerre et la pandémie. « La crise énergétique dévastatrice, l’aggravation de l’urgence en matière de santé mentale, les contraintes qui pèsent sur l’accès humanitaire et le risque d’infections virales feront de cet hiver une épreuve redoutable pour le système de santé ukrainien et le peuple ukrainien, mais aussi pour le monde et son engagement à soutenir l’Ukraine ».

En attendant, les dommages à l’infrastructure énergétique ukrainienne « ont déjà des effets dévastateurs sur le système de santé et sur la santé de la population », a ajouté le Dr Kluge. Selon l’OMS, la moitié des infrastructures énergétiques de l’Ukraine sont endommagées ou détruites.

De nombreuses infrastructures ont été détruites en Ukraine depuis le début de l'invasion russe en février 2022.
UNICEF / Diego Sanchez
De nombreuses infrastructures ont été détruites en Ukraine depuis le début de l'invasion russe en février 2022.

10 millions d’Ukrainiens privés d’électricité

Cette situation entraîne déjà des répercussions sur le système de santé et sur la santé de la population.

Aujourd’hui, 10 millions de personnes - un quart de la population - sont privées d’électricité. « Or le froid peut tuer », a prévenu le Chef de l’OMS pour l’Europe, rappelant que les températures devraient chuter jusqu’à -20 ˚C dans certaines régions de l’Ukraine.

Alors que les familles désespérées tentent de rester au chaud, beaucoup seront obligées de se tourner vers des méthodes de chauffage alternatives, comme brûler du charbon de bois ou du bois, ou utiliser des générateurs alimentés au diesel, ou des chauffages électriques. Ces méthodes comportent des risques pour la santé, notamment l’exposition à des substances toxiques nocives pour les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de troubles respiratoires et cardiovasculaires, ainsi que des brûlures et des blessures accidentelles.

Dans ces conditions, l’OMS s’attend à ce que « deux à trois millions de personnes supplémentaires quittent leur maison à la recherche de chaleur et de sécurité ». « Elles seront confrontées à d’importants problèmes de santé, dont des infections respiratoires telles que le Covid-19, la pneumonie, la grippe et un risque grave de diphtérie et de rougeole dans une population sous-vaccinée », a affirmé Hans Kluge.

Plus de 700 attaques contre des établissements de santé

En d’autres termes, cet hiver sera une question de survie. Cette alerte de l’OMS intervient alors qu’elle a enregistré plus de 700 attaques contre des établissements de santé ukrainiens depuis le début de l’invasion russe en février. Ce qui constitue selon le Dr Kluge « une violation manifeste » du droit international humanitaire.

La poursuite des attaques contre les infrastructures sanitaires et énergétiques signifie finalement que « des centaines d’hôpitaux et d’établissements de santé ne sont plus pleinement opérationnels ». Ils manquent de carburant, d’eau et d’électricité pour répondre aux besoins essentiels.  

« Les populations seront confrontées à d’importants problèmes de santé, dont des infections respiratoires telles que le Covid-19, la pneumonie, la grippe et un risque grave de diphtérie et de rougeole dans une population sous-vaccinée », a fait remarquer le Dr Kluge, relevant que « les maternités ont besoin de couveuses, les banques de sang de réfrigérateurs, les lits de soins intensifs de ventilateurs, et tous ont besoin d’énergie ».