Tchad : des affrontements intercommunautaires ont fait plus de 500 morts depuis le début de l’année 

Des hommes traversent une tempête de sable à dos de chameaux et d'ânes près de la ville de Mao, dans la région de Kanem au Chad.
© UNICEF/UNI82205/Holt
Des hommes traversent une tempête de sable à dos de chameaux et d'ânes près de la ville de Mao, dans la région de Kanem au Chad.

Tchad : des affrontements intercommunautaires ont fait plus de 500 morts depuis le début de l’année 

Aide humanitaire

Les affrontements intercommunautaires au Tchad auraient fait depuis le début de l’année plus de 500 morts, 600 blessés et plus de 7.000 déplacés, ont indiqué mardi les Nations Unies, relevant une légère hausse par rapport à 2021.

« En 2022, le bilan des tensions communautaires au Tchad indique une courbe ascendante par rapport à l’année dernière avec plus de 528 morts à la date du 9 octobre 2022 contre plus de 400 en 2021 », a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), dans son dernier rapport qui donne un aperçu des conflits communautaires (inter et intra-communautaires) en novembre 2022.

Selon le dernier décompte, au moins 36 cas de violences communautaires ont été rapportés dans le pays. Le Sud enregistre 56% des conflits communautaires  (20 au Sud, 5 à l’Est, 5 au Lac, 5 au Centre et 1 au Nord), avec une forte proportion (90%) pour la gestion des ressources naturelles (conflits agriculteurs-éleveurs).

Plus de 200 morts dans la province du Tibesti en mai

La partie sud du Tchad, au climat plus clément et à la végétation plus abondante, attire depuis longtemps les éleveurs des zones sahéliennes désertiques du nord, et est une région de transhumance.

Le dernier incident dramatique s’est déroulé le 30 septembre dernier dans la province de Guéra (centre). Une vingtaine de personnes auraient trouvé la mort dans ces affrontements entre agriculteurs et éleveurs à Mangalmé.

Mais le bilan le plus meurtrier a été observé le 21 et 22 mai 2022 dans la province du Tibesti (Wour).

« Une altercation entre deux orpailleurs des communautés Tama et Arabe a dégénéré en un conflit intercommunautaire intégrant les Gourane/Toubou aux côtés des Arabes », a détaillé OCHA. Plus de 200 morts et plusieurs blessés sont à déplorer.

Les violences intercommunautaires sont fréquentes au Tchad où nombre d’habitants sont armés. Ces conflits opposent principalement éleveurs nomades arabes aux cultivateurs autochtones sédentaires qui accusent les premiers notamment de saccager leurs champs en faisant paître leurs animaux.

Des éleveurs et leur bétail.
IRIN/Gwenn Dubourthoumieu (archives)
Des éleveurs et leur bétail.

Plus de la moitié des incidents liés à des conflits entre agriculteurs et éleveurs

Selon OCHA, plus de la moitié de ces incidents sont liés à des conflits entre agriculteurs et éleveurs, 23% sont inter-ethniques, 14% liés au foncier, 3% sont inter- religieux et 3% liés aux successions des chefferies traditionnelles.

Ces conflits continuent d’engendrer des déplacements internes de populations et la destruction de biens et de moyens de subsistance des populations affectées. Près de 7.000 personnes ont dû fuir vers des zones sûres des provinces touchées.

Face à cette situation, la question a nécessité des efforts concertés tout en tenant compte notamment du facteur transfrontalier et du renforcement des mécanismes communautaires d’alerte et de réponse aux conflits. Selon OCHA, les autorités des provinces les plus touchées sont en contact régulièrement avec les communautés.

L’objectif est de créer « un environnement propice au dialogue communautaire et à l’apaisement durable des tensions avec le concours des partenaires internationaux ». Selon OCHA, ces initiatives pourraient significativement contribuer à la prévention de ces conflits et améliorer l’accès aux ressources naturelles et aux moyens de subsistance pour tous.