RDC : le chef des droits de l'homme appelle à la désescalade suite à la reprise des hostilités dans l’Est

Des habitants de la région de Beni en RDC saluent le passage de soldats de la paix dans un véhicule blindé de transport de troupes de la MONUSCO.
ONU Photo /Sylvain Liechti
Des habitants de la région de Beni en RDC saluent le passage de soldats de la paix dans un véhicule blindé de transport de troupes de la MONUSCO.

RDC : le chef des droits de l'homme appelle à la désescalade suite à la reprise des hostilités dans l’Est

Paix et sécurité

Le chef des droits de l’homme de l’ONU a appelé, mardi, à une désescalade urgente dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) où les affrontements entre l’armée congolaise et les rebelles du M23  continuent.

L’ONU s'inquiète de la résurgence des combats entre les forces armées de la République démocratique du Congo et les rebelles du M23 qui ont déplacé, en onze jours, quelque 50.000 personnes dans l’est du pays.

Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH), « plus d’une dizaine de civils ont été tués, au moins 40 autres blessés et plus de 90.000 déplacés lors de la reprise des combats ».

« La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo se détériore rapidement et menace de provoquer une catastrophe en matière de droits de l’homme », a déclaré dans un communiqué le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk.

Cesser immédiatement les hostilités et désarmer sans condition

Dimanche déjà, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres avait appelé à une « désescalade immédiate », après s’être entretenu avec les Présidents de l’Angola, de la RDC, du Rwanda et du Kenya et du Sénégal, qui préside l’Union africaine, selon un communiqué de son porte-parole Stéphane Dujarric.

Il avait appelé aussi le M23 et les autres groupes armés « à cesser immédiatement les hostilités et à désarmer sans condition ».

Pour l’ONU, de nouveaux combats ne feront qu’engendrer plus de douleur et de souffrance pour davantage de personnes. « J’appelle donc à la désescalade et à ce que toutes les parties choisissent sans équivoque la paix à travers le dialogue », a ajouté M. Türk.

Le Haut-Commissaire exhorte toutes les parties à protéger les civils conformément au droit international des droits de l’homme et au droit international humanitaire. Il s’agit notamment de faciliter l’accès humanitaire sans entrave à la population affectée et de permettre aux civils de sortir en toute sécurité des zones touchées par les hostilités.

Recrudescence des discours de haine

Le regain de tension dans l’est a notamment conduit la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO) à « relever le niveau d’alerte » de ses troupes en soutien aux forces armées congolaises dans leurs opérations contre le M23.

Par ailleurs, le Haut-Commissaire s’est dit préoccupé par la recrudescence des discours de haine visant des personnes en raison de leur appartenance ethnique, ainsi que par l’augmentation des fausses informations, de la désinformation et de la rhétorique négative à l’encontre de la MONUSCO.

« Les autorités doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre les discours de haine, quels qu’en soient les destinataires, et pour protéger les journalistes et autres professionnels des médias, dont certains ont déclaré avoir été menacés et harcelés depuis le début de la nouvelle série d’hostilités dans le but d’influencer leurs reportages », a insisté le chef des droits de l’homme de l’ONU.