Ukraine : les bombardements russes de lundi pourraient avoir violé le droit de la guerre, selon l’ONU

Des bâtiments endommagés à Irpin, en Ukraine (photo d'archives).
© UNICEF/Anton Kulakowskiy
Des bâtiments endommagés à Irpin, en Ukraine (photo d'archives).

Ukraine : les bombardements russes de lundi pourraient avoir violé le droit de la guerre, selon l’ONU

Droits de l'homme

Les bombardements russes de plusieurs villes en Ukraine, hier lundi, « pourraient avoir violé » le droit de la guerre et représenter des crimes de guerre si les cibles civiles « ont été visées intentionnellement », a affirmé mardi le  Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH).

« Nous demandons instamment à la Fédération de Russie de s’abstenir de toute nouvelle escalade et de prendre toutes les mesures possibles pour éviter les pertes civiles et les dommages aux infrastructures civiles », a déclaré la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève.

Elle s’est particulièrement inquiétée des cibles visées – des objectifs civils – ainsi que de l’heure de grande affluence choisie pour bombarder les objectifs en Ukraine.

Selon l’ONU, ces frappes sont particulièrement « choquantes ». Le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies a également confirmé  que les tirs de missiles effectués hier lundi par les forces armées russes sur des villes d’Ukraine ont fait au moins 12 morts et plus de 100 blessés parmi les civils à Kyïv, Dnipro et Zaporijjia, ainsi que dans les régions de Kyïv et de Soumy.

Les attaques visant les civils interdites par le droit international humanitaire

Plus largement, le HCDH s’est dit vivement inquiet du fait que certaines de ces attaques semblent avoir visé des infrastructures civiles essentielles. De nombreux biens civils, dont des dizaines de bâtiments résidentiels et des infrastructures civiles vitales - y compris au moins 12 installations énergétiques - ont été endommagés ou détruits dans huit régions.

« Ce qui indique que ces frappes pourraient avoir violé les principes relatifs à la conduite des hostilités en vertu du droit humanitaire international », a insisté Mme Shamdasani, relevant que « les attaques visant les civils et les objets indispensables à la survie des civils sont interdites par le droit international humanitaire ».

L’ONU rappelle que les dommages subis par des centrales et des lignes électriques essentielles à l’approche de l’hiver soulèvent des inquiétudes supplémentaires quant à la protection des civils et, en particulier, à l’impact sur les populations vulnérables.

6.221 morts et 9.371 blessés parmi les civils ukrainiens depuis le 24 février

Les données régulièrement mises à jour par le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies indiquent que l’invasion russe de l’Ukraine a fait au moins 6.221 morts et 9.371 blessés parmi les civils depuis son début, il y a plus de sept mois.

Sur le terrain, la Mission d’observation des droits de l’homme en Ukraine continuera de corroborer les informations sur les victimes civiles résultant de ces attaques, ainsi que de documenter les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire dans tout le pays.

Le Secrétaire général de l’ONU António Guterres, s’est dit, hier lundi, «profondément choqué» par les attaques de missiles à grande échelle perpétrées par les forces armées de la Fédération de Russie contre des villes ukrainiennes.

« Cela constitue une nouvelle escalade inacceptable de la guerre et, comme toujours, les civils paient le plus lourd tribut », a dénoncé le chef de l’ONU.