Somalie : forte hausse des admissions d’enfants malnutris dans le centre du pays - OCHA

Une fillette âgée d'un an est traitée pour malnutrition dans une clinique financée par l'ONU à Dolow en Somalie.
© WFP/Samantha Reinders
Une fillette âgée d'un an est traitée pour malnutrition dans une clinique financée par l'ONU à Dolow en Somalie.

Somalie : forte hausse des admissions d’enfants malnutris dans le centre du pays - OCHA

Aide humanitaire

Alors qu’après plusieurs périodes de sécheresse en Somalie, la famine guette et plus de 500.000 enfants souffrent déjà de malnutrition sévère, les centres de nutrition constatent une hausse des admissions des enfants souffrant de malnutrition dans ce pays de la Corne de l’Afrique, ont alerté mardi les Nations Unies.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), la malnutrition est en hausse à Hirshabelle.

« Les centres de nutrition de Jowhar signalent une forte augmentation des admissions pour des cas de malnutrition au cours des deux derniers mois », a indiqué OCHA dans son dernier rapport de situation.

Les évaluations de l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition - Somalie (FSNAU) font état d’un taux de malnutrition aiguë sévère de 4,5% dans les communautés agropastorales. Pour l’agence onusienne, ce chiffre « alarmant » est lié à la flambée des prix des denrées alimentaires et à l’accès limité des populations aux services de santé et de nutrition.

Les rapports de Belet Weyne font état de près de 700 cas de malnutrition aiguë sévère en août, soit près du double des 380 cas signalés en juin. Au total, près de 1,8 million d’enfants de moins de 5 ans risquent de souffrir de malnutrition aiguë entre juillet 2022 et juin 2023.

6,7 millions de personnes devraient souffrir d’insécurité alimentaire aiguë

« Même si la famine est évitée, la hausse des taux de mortalité dans de nombreuses régions de Somalie, la grande taille de la population touchée et la durée probable de la crise pourraient conduire à des niveaux cumulés de surmortalité aussi élevés qu’en 2011 », a insisté la branche humanitaire des Nations Unies.

Après l’absence des saisons des pluies depuis fin 2020, qui a anéanti les cultures et le bétail, la Somalie fait face à sa pire sécheresse depuis quarante ans. La population est désormais confrontée à une famine mortelle.

Depuis novembre 2021, date à laquelle la Somalie a déclaré l’état d’urgence en matière de sécheresse, le nombre de personnes touchées a plus que triplé pour atteindre 7,8 millions dont plus d’un million sont déplacées.

Selon OCHA, au moins 40% de la population devrait être confrontée à une insécurité alimentaire aiguë jusqu’en décembre prochain. « Certaines parties du sud et du centre de la Somalie devraient connaître la famine entre octobre et décembre 2022 si l’aide n’est pas renforcée et maintenue », a souligné OCHA.

Au total, 6,7 millions de personnes devraient souffrir d’insécurité alimentaire aiguë entre octobre et décembre 2022.

La portée et la gravité des besoins dépassent la réponse humanitaire

Les effets écrasants de sécheresses de plus en plus fréquentes et d’autres chocs climatiques ont placé la Somalie en première ligne de l’urgence climatique mondiale. Avec les prévisions d’une cinquième saison des pluies ratée consécutive et les projections à long terme indiquant des chances élevées d’une sixième saison des pluies ratée potentielle qui pèsent sur les communautés les plus vulnérables de Somalie.

Pour l’ONU, l’aide immédiate pour sauver des vies doit être accompagnée d’investissements dans les moyens de subsistance, le développement des infrastructures, l’adaptation au climat et la résilience. Une façon de rappeler que l’ampleur, la portée et la gravité des besoins dépassent la réponse.

Alors que les donateurs continuent d’apporter de généreuses contributions au Plan d’intervention humanitaire 2022, les besoins financiers et les objectifs sont révisés pour refléter des besoins plus élevés. Selon OCHA, une injection urgente de fonds et un financement opportun sont nécessaires pour faire face à la détérioration rapide des conditions attendues pendant la saison des pluies d’octobre à décembre 2022, puis pendant la période de soudure maximale au début de 2023.

L’appel de fonds de 1,5 milliard de dollars a été financé à hauteur de 70%, soit un milliard et un déficit de plus de 425 millions de dollars.