L’ONU préoccupée par la violente répression en Iran

Tour Milad à Téhéran, Iran.
Unsplash/Behrouz Jafarnez
Tour Milad à Téhéran, Iran.

L’ONU préoccupée par la violente répression en Iran

Droits de l'homme

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) s’est déclaré inquiet, mardi, de « la poursuite de la répression violente des forces de sécurité » contre les manifestations en Iran, suite à la mort tragique de Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans.

« De nombreux Iraniens ont été tués, blessés et détenus au cours des manifestations qui ont éclaté à la suite de la mort en détention de Mahsa Amini, 22 ans, arrêtée le 13 septembre pour ne pas avoir porté le hijab, conformément aux exigences iraniennes en matière d’habillement des femmes », a déclaré lors d’un point de presse de l’ONU à Genève, Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

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Les coupures d'Internet rendent difficile d'établir clairement le nombre de victimes et d'arrestations dans les manifestations, d'autant plus que le Haut-Commissariat n'est pas présent en Iran.

Mais « le 24 septembre, les médias d’État ont estimé le nombre de tués à 41 ». « Les organisations non gouvernementales qui suivent la situation ont fait état d’un nombre plus élevé de morts, notamment de femmes et d’enfants, et de centaines de blessés dans au moins 11 provinces », a précisé Mme Shamdasani, ajoutant que des armes à feu ne doivent jamais être utilisées simplement pour disperser une manifestation.

Des centaines de personnes arrêtées

Les protestations, qui ont repris lundi soir, ont éclaté le 16 septembre après le décès à l’hôpital de Mahsa Amini, arrêtée trois jours auparavant à Téhéran pour non-respect du code vestimentaire strict pour les femmes en Iran.

Selon l’ONU, des milliers de personnes ont participé à ces manifestations au cours des 11 derniers jours. « Les forces de sécurité ont parfois répondu par des tirs à balles réelles », a souligné la porte-parole du HCDH, regrettant « ces décès récurrents de manifestants dus à l’utilisation présumée de la force meurtrière par les forces de sécurité » ces dernières années, notamment en novembre 2019, juillet 2021 et mai 2022 ».

Par ailleurs, des rapports indiquent que des centaines de personnes ont également été arrêtées, dont des défenseurs des droits de l’homme, des avocats, des militants de la société civile et au moins 18 journalistes. Selon le HCDH, le gouvernement n’a pas annoncé le nombre total d’arrestations.

Rétablir entièrement l'accès à Internet

Dans la seule province de Gilan, le chef de la police a déclaré que 739 personnes avaient été arrêtées, dont 60 femmes, au cours de trois jours de manifestations. L’ONU a donc appelé les autorités iraniennes à libérer les détenus arbitraires

De plus, le Haut-Commissariat condamne certains dirigeants qui «vilipendent» les manifestants pacifiques en Iran après le décès de la jeune Mahsa Amini. Face à la poursuite des manifestations, le gouvernement Iranien a décidé de sévir en imposant des restrictions drastiques sur l’accès à internet.

L’ONU demande à Téhéran à rétablir entièrement l'accès à Internet, mais aussi de respecter « pleinement les droits à la liberté d’opinion, d’expression, de réunion pacifique et d’association