Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme renforce sa capacité à enquêter sur les crimes économiques

Le Palais Wilson, à Genève, siège du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.
Photo ONU/Jean-Marc Ferré
Le Palais Wilson, à Genève, siège du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme renforce sa capacité à enquêter sur les crimes économiques

Droits de l'homme

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) a indiqué, lundi à Genève, sa volonté à renforcer sa capacité à enquêter sur les crimes économiques et à promouvoir l’amélioration du respect des droits économiques, sociaux et culturels.

« Le Haut-Commissariat a décidé de renforcer sa capacité à enquêter sur les crimes économiques et à faciliter l’amélioration des niveaux de respect des droits économiques, sociaux et culturels », a déclaré à l’ouverture de la soixante-douzième session du Comité des droits économiques, sociaux et culturels, Todd Howland, Chef du Service du développement et des questions économiques et sociales au HCDH.

Le but est de faciliter l’amélioration du niveau de respect des droits économiques, sociaux et culturels, « qui a historiquement été une composante moins robuste des présences opérationnelles ou dans les bureaux-pays du HCDH ».

À cette fin, le HCDH a lancé une initiative de renforcement des capacités qui réunit les sections consacrées aux droits économiques, sociaux et culturels et à l’agenda 2030. Il s’agit en outre d’une nouvelle équipe mondiale de macro-économistes spécialisés dans les droits de l’homme qui soutiennent les présences du HCDH dans les pays et les équipes des Nations Unies dans les pays, dans le but de travailler avec les gouvernements, les entités étatiques et la société civile pour faciliter un changement positif en matière de droits de l’homme.

Le Bureau a ainsi lancé une initiative qui a permis de soutenir et d’engager des analyses budgétaires fondées sur les droits humains dans neuf pays dans le monde. Selon cette agence onusienne basée à Genève, l’objectif est « d’appuyer les présences du Bureau dans les pays par des contenus analytiques et des conseils opérationnels ».

Les défis du pouvoir d’achat

Au cours du premier semestre de cette année, la nouvelle équipe a tenu des discussions et des engagements stratégiques avec 19 économistes des bureaux des coordonnateurs résidents (RCO), afin de mieux comprendre la relation entre les droits de l’homme et la politique économique. Elle a également soutenu les présences du HCDH dans les pays avec des contenus analytiques et des conseils opérationnels pour 34 analyses communes de pays ou le cadre de coopération pour le développement durable des Nations Unies (UNSDCF), avec l’objectif d’intégrer une perspective socio-économique dans ces documents cadres.

Par ailleurs, M. Howland a estimé que le Comité était aux prises avec des disparités croissantes dans le domaine des droits économiques et sociaux, avec « une hyper-concentration de la richesse dans les mains de certains, sans que soit renforcé le filet de sécurité sociale pour ceux qui se trouvent à l’autre bout de l’échelle économique ». Ainsi, l’obligation pour les États parties d’investir dans la santé, l’éducation et la protection sociale n’a pas été à la hauteur, dans la pratique, des disparités croissantes de revenus.

« Dans de nombreuses régions du monde, sinon dans la plupart, la réponse est tout simplement inadéquate », a-t-il regretté. Dans ces conditions, les pressions inflationnistes et l’augmentation des coûts de l’énergie vont diminuer le pouvoir d’achat de la plupart des gens ordinaires partout dans le monde, a insisté M. Howland.

L’effet d’érosion de l’inflation mondiale croissante

Face écho aux préoccupations exprimées par le responsable de l’ONU, le Président du Comité a souligné que deux années marquées par la pandémie de Covid-19, ont dégradé la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels.

« Il semble aujourd’hui que nous soyons confrontés à une nouvelle pandémie, d’une autre nature, à savoir l’inflation mondiale croissante qui a un effet d’érosion, en particulier sur le droit à un niveau de vie suffisant », a affirmé Mohamed Ezzeldin Abdel-Moneim.

De nombreux droits protégés par le Pacte sont menacés par la situation économique actuelle. Il faut faire face à cette situation et en tenir compte dans les travaux du Comité. Le Comité doit notamment se demander si les facteurs que peuvent invoquer les États comme faisant obstacle à la mise en œuvre des dispositions du Pacte, incluent, par exemple, une situation de conflit armé, a fait remarquer M. Abdel-Moneim.

A noter que le Comité des droits économiques, sociaux et culturels tient, jusqu’au 14 octobre prochain au Palais Wilson, à Genève, les travaux de sa soixante-douzième session. Il examinera les rapports présentés par cinq États parties au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels : Mongolie, El Salvador, Italie, Guatemala, Tadjikistan et Luxembourg.