Afghanistan : l’ONU réclame le retour des filles exclues de l’enseignement secondaire il y a un an

Une fille afghane pose le visage caché à l'intérieur d'une maison de Kaboul, la capitale de l'Afghanistan.
© UNICEF/Mohammad Haya Burhan
Une fille afghane pose le visage caché à l'intérieur d'une maison de Kaboul, la capitale de l'Afghanistan.

Afghanistan : l’ONU réclame le retour des filles exclues de l’enseignement secondaire il y a un an

Femmes

En ce jour marquant le premier anniversaire de l'exclusion des filles de l’enseignement secondaire en Afghanistan, les Nations Unies ont réitéré dimanche leur appel aux autorités de facto du pays pour qu'elles prennent des mesures urgentes afin de rouvrir les établissements pour tous.

« Dimanche marque un an depuis que les filles ont été interdites d'aller à l'école secondaire en Afghanistan. Une année de connaissances perdues et d'opportunités qu'elles ne retrouveront jamais. Les filles ont leur place à l'école. Les Talibans doivent les laisser y retourner », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, sur son compte Twitter.

« C'est un anniversaire tragique, honteux et tout à fait évitable », a déclaré Markus Potzel, le chef par intérim de la MANUA, la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan, dans un communiqué de presse.

Un million de filles exclues

« L'exclusion des filles de l’enseignement secondaire n'a aucune justification crédible et n'a aucun parallèle dans le monde. C'est profondément préjudiciable à une génération de filles et à l'avenir de l'Afghanistan lui-même », a ajouté l'envoyé de l'ONU.

Lorsque les établissements d’enseignement secondaire ont été rouverts aux garçons le 18 septembre 2021, les autorités de facto ont ordonné aux filles de rester à la maison. On estime que plus d'un million de filles ont été empêchées d'aller à l'école secondaire au cours de l'année écoulée. 

Selon la MANUA, les Talibans n'ont pas tenu diverses promesses de permettre leur retour en classe. L'interdiction affecte principalement les filles âgées de 12 à 18 ans.

L’ONU estime que le déni d'éducation viole les droits les plus fondamentaux des filles et des femmes. Il augmente le risque de marginalisation, de violence, d'exploitation et d'abus à l'encontre des filles et fait partie d'un éventail plus large de politiques et de pratiques discriminatoires ciblant les femmes et les filles depuis que les Talibans ont pris le pouvoir à l'été 2021.

Risque d'aggravation des crises qui affectent le pays

« L'ONU appelle une fois de plus les Talibans à annuler la série de mesures qu'ils ont introduites pour restreindre la jouissance par les femmes et les filles afghanes de leurs droits et libertés fondamentales… Nous les exhortons à prendre des mesures concrètes - telles que permettre activement aux filles de retourner dans l’enseignement secondaire », a déclaré la Mission des Nations Unies.

Si l'interdiction faite aux filles de fréquenter l'école secondaire demeure, l'ONU craint de plus en plus que de telles mesures, conjuguées à d'autres restrictions imposées aux libertés fondamentales des Afghans, contribuent à aggraver les crises auxquelles est confronté l'Afghanistan, notamment une plus grande insécurité, une plus grande pauvreté et un plus grand isolement.

« Il incombe aux Talibans de créer des conditions favorables à la paix, à l'inclusion, à la sécurité, aux droits de l'homme et à la reprise économique. La communauté internationale reste prête à soutenir un gouvernement représentatif de l'ensemble de son peuple et respectueux de ses droits », conclut le communiqué de la MANUA.