Climat : réunion ministérielle sur les systèmes d’alertes précoces en Afrique australe

Deux jeunes hommes marchent dans une zone inondée dans la région de Pemba, au Mozambique (avril 2019).
UNICEF/Wikus De Wet
Deux jeunes hommes marchent dans une zone inondée dans la région de Pemba, au Mozambique (avril 2019).

Climat : réunion ministérielle sur les systèmes d’alertes précoces en Afrique australe

Climat et environnement

La nécessité d’une expansion majeure des systèmes d’alerte précoce en Afrique australe afin de protéger les vies et les moyens de subsistance des impacts de plus en plus extrêmes du temps et du changement climatique sera abordée lors d’une réunion au niveau ministériel à Maputo, au Mozambique, du 5 au 9 septembre.

Selon l’’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’objectif principal de la réunion ministérielle sur l’initiative des systèmes intégrés d’alerte précoce et d’action rapide est d’élaborer un plan d’action régional pour mettre en œuvre l’appel du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, selon lequel chaque personne sur terre devrait être protégée par des systèmes d’alerte précoce dans les cinq prochaines années.

Une déclaration ministérielle - la déclaration de Maputo sur la réduction du fossé entre l’alerte précoce et l’action précoce - sera l’un des principaux résultats de la conférence, qui est organisée par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Commission de l’Union africaine (CUA), le gouvernement du Mozambique et d’autres partenaires dont l’OMM.

Cette réunion intervient alors que la saison des pluies 2021/2022 a vu six systèmes cycloniques apporter des pluies torrentielles dévastatrices qui ont provoqué des dégâts colossaux dans la région en l’espace de six semaines, notamment au Mozambique et à Madagascar.

Une fillette de cinq ans mange du maïs pour le déjeuner à Madagascar. Sa mère est agricultrice et nourrit sa famille avec ce qu'elle peut produire, malgré la sécheresse et les insectes.
© PAM/Sitraka Niaina Raharinaiv
Une fillette de cinq ans mange du maïs pour le déjeuner à Madagascar. Sa mère est agricultrice et nourrit sa famille avec ce qu'elle peut produire, malgré la sécheresse et les insectes.

La vie de centaines de milliers de personnes menacée par des phénomènes météo extrêmes

« Les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes tels que les inondations graves, les sécheresses, les cyclones et tempêtes tropicales, les vagues de chaleur et les inondations côtières ont érodé les acquis du développement et menacent la vie de centaines de milliers de personnes », a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

De son côté, l’Afrique du Sud a subi des inondations meurtrières en avril 2022, faisant des centaines de morts et forçant des milliers de personnes à quitter leur domicile. Le sud de Madagascar est en proie à une sécheresse prolongée et aiguë.

Le pays hôte, le Mozambique, a été frappé par le cyclone tropical Idai qui a dévasté la ville de Beira et la province de Sofala au Mozambique en 2019. Il a été suivi un mois plus tard par le cyclone tropical Kenneth, le cyclone le plus puissant jamais enregistré dans l’hémisphère sud, qui a touché la partie nord du Mozambique.

Ces deux cyclones ont tué plus de 700 personnes et en ont déplacé 420.000. Pour l’OMM, les alertes précoces ne sont pas un luxe, mais restent « un outil essentiel de l’adaptation au climat ». « C’est pourquoi les communautés africaines sont l’une des principales cibles de la campagne [Des alertes précoces pour tous] », a ajouté M. Taalas.

Un tiers de la population mondiale pas couvert par des systèmes d’alerte précoce

Bien que des alertes précoces aient été émises, elles n’ont pas atteint ceux qui en avaient le plus besoin. Dans le cas d’Idai, personne ne s’attendait à une tempête d’une telle ampleur et les alertes n’ont pas communiqué l’impact et les dommages potentiels, en particulier pour les maisons vulnérables des communautés pauvres.

En outre, les alertes précoces n’ont pas été utilisées pour lancer des actions anticipées dans la fenêtre de temps critique entre la prévision et l’arrivée effective du cyclone, afin d’atténuer à l’avance l’impact des pluies torrentielles et des vents dévastateurs. Les Nations Unies admettent qu’un tiers de la population mondiale, principalement dans les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement, n’est toujours pas couvert par des systèmes d’alerte précoce.

En Afrique, 60 % des personnes ne sont pas couvertes. « Cette situation est inacceptable. Pour aider ces pays à atteindre la cible G du cadre de Sendai, le soutien international doit être renforcé afin qu’ils puissent mettre en place et développer leurs systèmes d’alerte précoce. », a affirmé dans un communiqué Mami Mizutori, Représentante spéciale du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe et chef du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR).

Le plan d’action quinquennal du Chef de l’ONU pour les systèmes universels d’alerte précoce

Par ailleurs, la communauté humanitaire en Afrique australe a intensifié ses efforts, au cours des dernières années, pour offrir un soutien plus aligné et harmonisé aux États membres de la SADC en liant efficacement les alertes précoces à l’action d’anticipation. Ces prévisions font désormais partie du mandat du Programme alimentaire mondial (PAM).

« L’action anticipative s’est avérée efficace pour réduire l’empreinte humanitaire des catastrophes et, par conséquent, a nécessité des investissements dans les opérations d’intervention d’urgence », a fait valoir Margaret Malu, Directrice régionale adjointe du bureau régional du PAM pour l’Afrique australe.

A noter que la déclaration ministérielle de la conférence de Maputo contribuera à renforcer le soutien politique en faveur d’une déclaration des chefs d’État à la COP 27 sur les alertes précoces et l’adaptation au climat, conformément aux priorités de la présidence égyptienne.

La réunion de Maputo contribuera également à un cadre intégré pour réaliser le plan d’action quinquennal du Secrétaire général des Nations Unies pour les systèmes universels d’alerte précoce. L’OMM en présentera un plan à la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, COP27, en Égypte en novembre 2022.