Reprise des combats au Tigré: la Commission d’enquête de l’ONU appelle au dialogue 

Des personnes attendent une aide alimentaire dans Workamble au Tigré, en Éthiopie.
©OCHA/Mulu Tesfay Araya
Des personnes attendent une aide alimentaire dans Workamble au Tigré, en Éthiopie.

Reprise des combats au Tigré: la Commission d’enquête de l’ONU appelle au dialogue 

Droits de l'homme

La reprise des combats dans la région éthiopienne du Tigré a suscité une réaction « choquée et indignée » de la part des enquêteurs indépendants de l’ONU.

La Commission internationale d’enquête de l’ONU sur les violations des droits humains commises depuis le début du conflit au Tigré s’est alarmée de la reprise des hostilités entre le gouvernement éthiopien et le Front populaire de libération du Tigré. Selon les enquêteurs indépendants onusiens, ces violences exacerbent les difficultés des civils dans la région et comportent « un risque d’escalade ». 

« Nous sommes particulièrement préoccupés par les informations faisant état de victimes civiles sur un terrain de jeu à Mekele, dans la région éthiopienne du Tigré », ont dit, dans un communiqué, les trois enquêteurs indépendants de l’ONU. Ces derniers redoutent surtout le fait que « des civils auraient été pris pour cible lors d’une nouvelle offensive à Kobo, dans la région d’Amhara ».

Les affrontements dans les régions du Tigré, de l'Afar et de l'Amhara, dans le nord de l'Éthiopie, ont entraîné une augmentation des besoins humanitaires.
CICR
Les affrontements dans les régions du Tigré, de l'Afar et de l'Amhara, dans le nord de l'Éthiopie, ont entraîné une augmentation des besoins humanitaires.

Le défi de l’accès pour fournir l’aide humanitaire

Des combats ont repris mercredi dernier dans le nord de l’Éthiopie, mettant fin à cinq mois de trêve entre le gouvernement fédéral et les rebelles du Tigré, qui se rejettent mutuellement la responsabilité de la reprise des hostilités. « Nous appelons les parties à cesser immédiatement leurs combats », a insisté la Commission, relevant l’importance de « reprendre le processus de dialogue que chacune a accepté ».  

Nous sommes particulièrement préoccupés par les informations faisant état de victimes civiles sur un terrain de jeu à Mekele, dans la région éthiopienne du Tigré

Elle exhorte en outre les deux parties à prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour permettre aux Nations Unies et aux autres agences de procéder à la distribution de l’aide humanitaire dans le Tigré. « Les droits de l’homme, la santé et le bien-être des civils doivent être la priorité absolue de toutes les parties », ont fait valoir les enquêteurs de l’ONU. 

A noter que le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a condamné samedi la frappe aérienne ayant la veille « touchée un jardin d’enfants » dans la région éthiopienne du Tigré.  « L’UNICEF condamne vigoureusement la frappe aérienne à Mekele, capitale de la région du Tigré en Éthiopie. La frappe a touché un jardin d’enfants, tuant plusieurs enfants et en blessant plusieurs», a dénoncé la directrice exécutive de l’organisation, Catherine Russell. 

« Encore une fois, des enfants ont payé au prix fort une escalade de la violence dans le nord de l’Éthiopie. Depuis bientôt deux ans, les enfants et leurs familles dans la région subissent les affres de ce conflit. Il doit cesser », a-t-elle ajouté.