Face à un risque nucléaire accru, Guterres plaide en faveur du dialogue et de la coopération

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, lors d'un point de presse sur l'Ukraine.
Photo ONU/Mark Garten
Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, lors d'un point de presse sur l'Ukraine.

Face à un risque nucléaire accru, Guterres plaide en faveur du dialogue et de la coopération

Paix et sécurité

Dans un contexte de risque nucléaire accru, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a plaidé lundi en faveur du dialogue et de la coopération pour surmonter les divisions, les tensions et l’instabilité qui affectent le monde. 

« Notre monde est déchiré par les divisions géopolitiques, les conflits et l'instabilité », a constaté le chef de l’ONU dans un discours devant les membres du Conseil de sécurité lors d’une réunion consacrée à la promotion de sécurité grâce au dialogue et à la coopération.

« Les divergences persistantes entre les grandes puissances mondiales – y compris au sein de ce Conseil – continuent de limiter notre capacité à réagir collectivement. L'aide humanitaire est poussée jusqu'au point de rupture. Les droits de l'homme et l'Etat de droit sont attaqués. La confiance se fait rare », a-t-il ajouté. « Bon nombre des systèmes mis en place il y a des décennies sont désormais confrontés à des défis inimaginables pour nos prédécesseurs - la cyberguerre, le terrorisme et les armes létales autonomes. Et le risque nucléaire a atteint son point culminant depuis des décennies ».

Selon lui, il faut reforger un « consensus mondial autour de la coopération qui est nécessaire pour assurer la sécurité collective, y compris le travail des Nations Unies ».

Le chef de l’ONU a souligné qu’il revenait d’une visite en Ukraine, en Türkiye et en Moldavie, au cours de laquelle il a pu observer sur le terrain la mise en oeuvre de l’Initiative céréalière de la mer Noire, qui permet notamment l’exportation des céréales ukrainiennes.

Selon lui, il s’agit d’un exemple concret de la façon dont le dialogue et la coopération peuvent apporter de l'espoir, même au milieu d'un conflit.

Lors d’une conférence de presse à Vienne, Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, indique la centrale nucléaire de Zaporizhzhia en Ukraine sur une carte.
© IAEA/Dean Calma
Lors d’une conférence de presse à Vienne, Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, indique la centrale nucléaire de Zaporizhzhia en Ukraine sur une carte.

Situation critique à la centrale nucléaire de Zaporijjia

« Le même engagement de dialogue et de résultats doit être appliqué à la situation critique de la centrale nucléaire de Zaporijjia. Je réaffirme que l'ONU dispose en Ukraine des capacités logistiques et de sécurité nécessaires pour appuyer une mission de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de Kyïv à Zaporijjia », a déclaré M. Guterres.

Au-delà de la situation à Zaporijjia, le chef de l’ONU a appelé « à accélérer les efforts pour éliminer la menace nucléaire, une fois pour toutes ».

Selon lui, il faut que la dixième Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui se réunit ce mois-ci démontre que des progrès sont possibles.

Il a renouvelé son appel à tous les États parties « pour qu'ils fassent preuve de souplesse et d'une volonté de compromis dans toutes les négociations ». « Les pays dotés d'armes nucléaires doivent s'engager à ‘ne pas utiliser en premier’ ces armes », a-t-il dit. « Ils doivent également garantir aux États qui ne possèdent pas d'armes nucléaires qu'ils n'utiliseront pas – ou ne menaceront pas d'utiliser – des armes nucléaires contre eux, et qu'ils seront transparents d'un bout à l'autre ».

« Les rodomontades nucléaires doivent cesser. Nous avons besoin que tous les États s'engagent à nouveau en faveur d'un monde exempt d'armes nucléaires et n'épargnent aucun effort pour venir à la table des négociations afin d'apaiser les tensions et mettre fin une fois pour toutes à la course aux armements nucléaires », a ajouté le Secrétaire général.

Préserver les générations futures du fléau de la guerre

En conclusion, le chef de l’ONU a rappelé aux membres du Conseil de sécurité qu’en « cette période de risque maximal pour notre monde, il est temps de renouveler notre engagement envers la Charte des Nations Unies et les idéaux qu'elle représente ». Pour préserver les générations futures du fléau de la guerre, il a plaidé en faveur du dialogue et de la diplomatie.

« Ce Conseil et cette Organisation représentent les nations du monde entier – et constituent le meilleur espoir de l'humanité pour bâtir un avenir meilleur et plus pacifique. Alors que nous élaborons notre Nouveau programme pour la paix, à nous de prouver que nous avons tiré les leçons du passé. Réitérons notre engagement envers les instruments éternels de la paix – le dialogue, la diplomatie et la confiance mutuelle », a-t-il conclu.