Haïti : l’ONU octroie 5 millions de dollars pour les besoins humanitaires causés par la violence des gangs (OCHA)

Début 2022, l'ONU a aidé à réinstaller des personnes déplacées par la violence des gangs à Port-au-Prince, en Haïti (photo d'archives).
© IOM Haiti/Monica Chiriac
Début 2022, l'ONU a aidé à réinstaller des personnes déplacées par la violence des gangs à Port-au-Prince, en Haïti (photo d'archives).

Haïti : l’ONU octroie 5 millions de dollars pour les besoins humanitaires causés par la violence des gangs (OCHA)

Aide humanitaire

Les Nations Unies viennent d’allouer 5 millions de dollars de son Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) pour soutenir l’aide humanitaire et la protection des civils en Haïti, qui fait face depuis deux ans à une insécurité généralisée.

« Le Coordinateur des secours d’urgence, Martin Griffiths, a alloué 5 millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence pour aider à répondre aux besoins humanitaires causés par la violence des gangs en Haïti », a déclaré Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), lors d’une conférence de presse régulière de l’ONU à Genève.

L’allocation de l’ONU aidera les agences humanitaires à accroître leur réponse. Cela permettra aux différentes agences onusiennes de fournir de la nourriture, de l’eau potable, des soins de santé, de la santé mentale et un soutien éducatif à plus de 100.000 personnes au total.

Près de 280.000 personnes affectées par les violences des gangs à Port-au-Prince

Selon l’ONU, des centaines de personnes ont été tuées depuis juillet lors d’affrontements entre gangs dans la Cité Soleil en Haïti. De nombreuses autres personnes ont été prises au piège des combats, ce qui a coupé leur accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de santé.  « Au total, nous estimons que près de 280.000 personnes sont affectées par cette situation », a ajouté M. Laerke.

Sur le terrain, le niveau élevé d’insécurité compromet l’accès des acteurs humanitaires aux personnes affectées. Il s’agit par exemple d’obstacles pour les distributions de nourriture ou d’argent, mais aussi aux services de base, tels que la santé et l’éducation, pour au moins 1 à 1,5 million de personnes piégées dans les quartiers contrôlés par les gangs dans l’agglomération de Port-au-Prince. 

L’ONU estime que 4,9 millions d’Haïtiens, soit environ 43 % de la population totale, ont besoin d’une aide humanitaire cette année.

Le plan de réponse humanitaire de l’ONU pour Haïti, d’un montant de 373 millions de dollars, n’a été financé qu’à hauteur de 14 %.

Le plan de réponse humanitaire de 373 millions de dollars financé à 14 %

Par ailleurs, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) indique qu’un an après le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le sud-ouest du pays, plus de 250.000 enfants n’ont toujours pas accès à des écoles adéquates. La reconstruction, retardée par l’insécurité et l’insuffisance des fonds, pourrait prendre des années.

Malgré un environnement difficile et un financement limité, l’UNICEF a reconstruit ou réhabilité 234 salles de classe. L’agence onusienne a également fourni des kits scolaires à 74 000 élèves. En outre, une centaine de tentes très résistantes ont été installées dans les écoles endommagées.

À ce jour, l’UNICEF n’a reçu que 30% des fonds nécessaires de son appel de 97 millions de dollars pour cette année. L’agence demande 64,6 millions de dollars de toute urgence pour continuer à prêter assistance aux plus vulnérables.