L’Afghanistan progresse vers l’éradication de la poliomyélite (OMS)

16 août 2022

La transmission du poliovirus sauvage en Afghanistan est actuellement au niveau le plus bas jamais relevé, a indiqué ce mardi l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, qui relève des « progrès décisifs » durant cette année de transition du pouvoir des Talibans, même si « le travail est loin d’être terminé ».

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), seul un seul enfant a été paralysé par le virus à ce jour durant cette année. « Cela donne au pays une occasion extraordinaire de mettre fin à la polio » dans ce pays d’Asie du Sud et centrale. En 2020, cinquante-six enfants ont été paralysés par le poliovirus sauvage alors que le nombre de cas est tombé à quatre en 2021.

Dans ce combat, la reprise des campagnes de vaccination contre la polio à l’échelle nationale, ciblant 9,9 millions d’enfants, a été une étape essentielle. « Depuis 2018, les interdictions au niveau local des activités de vaccination contre la polio dans certains districts contrôlés par les Talibans avaient considérablement réduit la capacité du programme à vacciner chaque enfant dans tout le pays », a souligné l’OMS.

Avec un accès à l’ensemble du pays après la transition d’août, sept campagnes de vaccination à l’échelle nationale ont eu lieu entre novembre 2021 et juin 2022. Une autre campagne ciblant 6,7 millions d’enfants dans 28 provinces a eu lieu en juillet dernier.

Le pari de la surveillance et d’une synchronisation des campagnes avec le Pakistan

Sur les 3,6 millions d’enfants auparavant inaccessibles au programme depuis 2018, 2,6 millions ont pu être atteints lors des campagnes de novembre, décembre et janvier. Grâce à cette amélioration de la portée du programme lors des campagnes suivantes, le nombre d’enfants n’ayant pu être atteints a été réduit à 0,7 million. Des campagnes supplémentaires sont prévues pour le reste de l’année.

Outre une synchronisation des campagnes avec celles menées au Pakistan voisin, l’amélioration de l’accès a également eu un impact positif sur les activités de surveillance de la polio, en particulier la détection et la notification précoces des cas.

En juin a eu lieu le premier examen du système de surveillance de la poliomyélite en six ans, l’OMS accueillant une équipe d’experts techniques comprenant des épidémiologistes et des virologues.

Une petite équipe s’était rendue sur place en 2016, mais l’insécurité et le manque d’accès à une grande partie du pays avaient limité les déplacements des visiteurs aux villes de Kaboul, Herat, Kandahar, Jalalabad, Mazar-e-sharif et Kunduz. Cette année, les 16 membres de l’équipe ont visité 76 districts dans 25 des 34 provinces du pays.

Huit vaccinateurs contre la polio tués dans plusieurs attaques

Si l’accès s’est amélioré dans tout le pays, il reste difficile d’atteindre chaque enfant dans certaines des zones les plus à risque, ce qui entraîne des lacunes en matière d’immunité et donc des enfants demeurant vulnérables à la polio. Dans ces conditions, la menace d’une résurgence demeure.

De plus, la sécurité reste un défi : huit membres d’équipes de vaccination contre la polio ont été tués le 24 février dernier dans quatre attaques différentes dans le nord de l’Afghanistan. Les équipes de lutte contre la polio ont été fréquemment la cible d’attaques, jusqu’à la prise du pouvoir par les Talibans en août dernier, quand ceux-ci ont donné à l’ONU leur accord pour des campagnes de vaccination.

Par ailleurs, « la forte hausse du nombre de cas de poliomyélite sauvage au Pakistan est préoccupante », alerte l’OMS. L’agence relève que « la détection de cas de poliovirus sauvage au Malawi et au Mozambique rappelle les risques persistants du virus, ainsi que l’urgence de stopper définitivement la transmission en Afghanistan et au Pakistan ».

 

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.