La jeunesse libanaise apprend à s'opposer aux discours de haine

12 août 2022

Les discours de haine peuvent avoir un effet dévastateur sur le bien-être mental et la confiance en soi. Le bureau de l'ONU au Liban aide les jeunes à s'élever au-dessus de ces attaques et à rejeter la négativité des autres.

Dima El-Awar, 21 ans, se tient devant la caméra avec confiance et aisance. En plus d'être une bonne oratrice, une compétence que tout journaliste tente de maîtriser, Dima tient à promouvoir un discours positif et des informations exactes. Originaire de Falougha, un petit village du Mont-Liban, Dima hésitait à poursuivre sa carrière de rêve dans le journalisme parce qu'elle pensait ne pas être assez bonne pour ce travail. 

« Quand j'étais jeune fille, j'ai toujours reçu des commentaires haineux sur ma personnalité et mon style vestimentaire. Certains me disaient que j'étais trop bruyante, d'autres que je ne correspondais pas aux critères de beauté des personnalités de la télévision et des personnalités publiques parce que je ne m'habillais pas comme les autres filles. J'avais l'habitude de ressentir de l'amertume après avoir reçu de tels commentaires dans le passé, mais aujourd'hui je souris et je réponds de façon positive, dans le but de changer l'attitude des autres », explique-t-elle.

Avant de se réconcilier avec ces commentaires négatifs, elle a étudié la traduction chinoise au lieu du journalisme. Avec le temps, elle s'est rendu compte qu'elle n'aurait pas dû renoncer à son rêve à cause de l'opinion des autres, et elle s'est donc réorientée vers des études de journalisme. « Je ne voulais pas regretter de ne pas avoir poursuivi ma passion quand je serai plus âgée, alors j'ai décidé de passer outre l'opinion des autres et d'écouter ma voix intérieure », dit-elle en souriant.

Contrer la désinformation par un discours positif

Lors d'une session de formation destinée à aider les jeunes à lutter contre les discours de haine et la désinformation dans le cadre du projet « Youth Countering Hate Speech and Misinformation », organisé par ONU Liban, par l'intermédiaire de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Dima El-Awar a écouté les expériences d'autres personnes en matière de discours de haine et s'est rendu compte que tout le monde est sensible à la haine. 

Au cours de la session, elle a pu se familiariser avec les différentes formes de discours haineux, leur impact sur les personnes et les moyens de devenir plus résilient et plus habile pour y faire face. « Lorsque j'ai compris que le discours de haine exprime les problèmes de l'autre personne plutôt que des miens, j'ai commencé à m'accepter. J'ai aussi commencé à accepter les autres pour ce qu'ils sont et à voir la beauté en chacun », dit-elle. 

La formation lui a permis de réaliser qu'elle avait pris la bonne décision en s'orientant vers le journalisme, car « le journalisme peut contrer les discours de haine et la désinformation par un discours positif et précis ». Elle a aussi contribué à lui faire prendre conscience de l'importance de combattre les discours de haine et de mettre fin « aux brimades, aux critiques destructrices et à la marginalisation de toute personne en raison de son identité ». 

Dima El-Awar ( 2ème à droite), étudiante en journalisme, lors d'une session de formation de l'ONU sur la lutte contre les discours de haine.
Fondation May Chidiac - Institut des médias
Dima El-Awar ( 2ème à droite), étudiante en journalisme, lors d'une session de formation de l'ONU sur la lutte contre les discours de haine.

La voix puissante des jeunes

ONU Liban a formé 15 jeunes de différentes régions et universités du Liban à la maîtrise des médias et de l'information, à l'accès à l'information, à la lutte contre les discours de haine et à la lutte contre la désinformation. Dans le cadre de ce projet, les jeunes participants ont produit 12 épisodes de médias sociaux sur les discours de haine et la désinformation après avoir été formés aux stratégies techniques de production de segments de médias sociaux.

Dima a toujours eu à cœur d'avoir un impact positif sur sa communauté, ce qui s'est manifesté par son bénévolat auprès de la Croix-Rouge libanaise à Falougha en tant qu'auxiliaire médical et bénévole des services médicaux d'urgence au cours des sept dernières années. « Le bénévolat me permet d'être proche des gens. Grâce au bénévolat, je peux faire preuve de solidarité envers des personnes de tous âges, de tous sexes et de toutes classes socio-économiques », dit-elle avec fierté.

Convaincue de l'importance de redonner à sa communauté, la jeune femme est désireuse de contrer les discours haineux en tant que jeune et future journaliste. « Les jeunes peuvent jouer un rôle majeur dans la lutte contre les discours haineux car ils représentent la génération future. Ils ont également le pouvoir de changer les perspectives, sont résilients et acceptent la diversité », explique-t-elle. Après avoir surmonté l'influence des discours de haine, elle est aujourd'hui plus confiante pour se tenir devant la caméra, et pour mettre en valeur la beauté du Liban.

 

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