Le Palais des Nations à Genève se dirige vers la neutralité carbone

5 août 2022

Utiliser l’eau du Lac Léman pour refroidir des édifices, c’est le pari fait par les Nations Unies pour rafraîchir les bâtiments du Palais des Nations, le siège européen de l’ONU, sans avoir recours à la climatisation.

Ce combat vers la neutralité carbone a été facilitée par le projet GeniLac, qui est une infrastructure permettant de produire du froid et du chaud avec de l’énergie renouvelable locale. En 2021, les services industriels de Genève (SIG) ont d’abord construit trois kilomètres de réseau souterrain et raccordé neuf nouveaux bâtiments. 

Les travaux pour poser des conduites au fond du lac ont débuté au mois de juin dernier. Avec ce dispositif vert, toute l’installation fonctionne avec de l’électricité 100% renouvelable. Elle permet surtout une baisse de 80% de la consommation d’électricité pour la climatisation et de 80% des émissions de CO2 pour le chauffage.

L’ONU Genève, pionnière de la climatisation écologique

Mais avant la mise en œuvre du projet GeniLac, l’ONU a montré la voie, en étant pionnière de la climatisation écologique. Quand les autorités genevoises ont lancé ce premier réseau thermique renouvelable au bord du lac, ce sont les organisations internationales qui ont franchi le pas écologique en premier. Les agences onusiennes ont ainsi entrepris les travaux nécessaires pour se raccorder à GLN (Genève-Lac-Nations).

« L’ONU Genève fait figure de pionnière de la thermique renouvelable et se raccorde en premier en 2009 », rappellent les SIG dans un communiqué. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou encore l’Organisation météorologique mondiale (OMM) suivent dans la foulée.

Cette décision qui permettra à ces différentes entités onusiennes de diminuer leur consommation énergétique pour le rafraichissement de leurs bâtiments de 80%.

Pour mieux réussir ce virage de la neutralité carbone, l’Office des Nations Unies à Genève (ONUG) a décidé de construire des installations pour produire du chauffage avec GeniLac. Des pompes à chaleur (PAC) qui fonctionneront avec de l’électricité 100% renouvelable seront aussi installées et mises en service en 2025.

Dès 2025, l’ONU Genève réduira ses émissions de gaz à effet de serre pour le chauffage de 80%

A ce moment-là, l’ONU Genève réduira ses émissions de gaz à effet de serre pour le chauffage de 80%, émissions qui se chiffrent actuellement à environ 3.500 tonnes par an. Une belle contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

A noter que le réseau hydrothermique genevois Genilac, qui permet de produire du froid et du chaud grâce à l’eau du Léman, doit être raccordé à 350 bâtiments d’ici 2045. Genilac est constitué de deux réseaux souterrains dont l’un est en boucle ouverte vers le centre-ville et l’autre, qui relie l’aéroport, est en boucle fermée. Mises bout-à-bout, les conduites d’eau représenteront au final un circuit de 30 kilomètres.

Les pompes et les échangeurs d’énergie ont déjà été installés. La mise en service de la machinerie est prévue en 2024, précisent les SIG, qui notent que la construction de la station de pompage du Vengeron, le cœur de GeniLac, a progressé avec l’installation des pompes et des échangeurs d’énergie.

 

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