Ce vaccin pentavalent, utilisé dans un centre de santé au Mali, est un vaccin combiné avec cinq vaccins individuels conjugués en un seul, destiné à protéger activement les personnes contre plusieurs maladies, dont l'hépatite B. (9 mars 2018).

Plus de 90 millions d’Africains infectés par l’hépatite B ou C (OMS)

UNICEF/Ilvy Njiokiktjien
Ce vaccin pentavalent, utilisé dans un centre de santé au Mali, est un vaccin combiné avec cinq vaccins individuels conjugués en un seul, destiné à protéger activement les personnes contre plusieurs maladies, dont l'hépatite B. (9 mars 2018).

Plus de 90 millions d’Africains infectés par l’hépatite B ou C (OMS)

Santé

Plus de 90 millions d’Africains vivent avec l’hépatite B ou l’hépatite C, qui sont les souches les plus mortelles du virus, a annoncé jeudi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), relevant que cette maladie demeure « une menace importante pour la santé publique en Afrique ».

Le tableau de bord 2021 sur cette maladie virale, publié aujourd’hui en marge de la Journée mondiale contre l’hépatite, note que plus de 8 % de la population totale de 19 pays est infectée par le virus de l’hépatite B, pendant que la prévalence de l’hépatite C est supérieure à 1 % dans 18 pays. Les hépatites B et C sont à l’origine de cas de cirrhose et de cancer du foie.

« L’hépatite a été qualifiée d’épidémie silencieuse, mais ce tableau de bord vient tirer la sonnette d’alarme pour la Région et le reste du monde », a déclaré dans un communiqué la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

En 2020, la Région africaine représentait 26 % de la charge mondiale de morbidité due aux hépatites B et C, avec 125.000 décès associés.

Environ 70 % des cas d’hépatite B dans le monde sont concentrés en Afrique. Les symptômes de la maladie apparaissant plusieurs décennies après l’infection par le virus. La Région compte 70 % de tous les cas d’hépatite B recensés dans le monde chez les moins de cinq ans, soit 4,5 millions d’enfants Africains infectés.

Actuellement, 33 pays enregistrent une prévalence de l’hépatite B supérieure à 1 % chez les enfants de moins de 5 ans, une légère amélioration par rapport aux 40 pays recensés en 2019.
 

 Un bébé dort dans les bras de sa mère dans un centre de santé maternelle et infantile en Mauritanie pendant la Semaine africaine de la vaccination.
© UNICEF/Raphael Pouget
Un bébé dort dans les bras de sa mère dans un centre de santé maternelle et infantile en Mauritanie pendant la Semaine africaine de la vaccination.

Empêcher que la maladie vole l’avenir des enfants

L’hépatite peut se transmettre par des produits sanguins contaminés, d’où la nécessité faire des progrès supplémentaires afin de garantir la sûreté du sang. Dans la Région africaine, seuls 80 % des dons de sang font l’objet d’un dépistage avec une assurance qualité, tandis que 5 % des seringues sont réutilisées.

Selon le document, la couverture de la vaccination des enfants contre l’hépatite B dans la Région est actuellement estimée à 72 %, bien en deçà de la cible mondiale de 90 %, niveau auquel le virus ne constituera plus une menace pour la santé publique. Le nombre de pays ayant une couverture supérieure à 90 % a augmenté, passant de 23 en 2019 à 27 en 2021.

De plus, bien que la vaccination à la naissance ne soit administrée que dans 14 pays africains, avec une couverture globale de 10 %, il s’agit d’une hausse par rapport aux 11 pays de 2019, a détaillé l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU.

« Nous devons faire mieux et empêcher que cette maladie vole l’avenir de nos enfants. Il existe un vaccin sûr et efficace qui offre une protection estimée à près de 100 % contre l’hépatite B, l’une des souches les plus mortelles du virus », a ajouté la Dre. Moeti, exhortant aux pays de s’assurer que tous les enfants africains soient vaccinés dans les 24 heures suivant leur naissance.

Ils doivent par la suite recevoir au moins deux doses supplémentaires du vaccin, a insisté la cheffe de la branche africaine de l’OMS.

De plus, les taux de diagnostic et de traitement sont eux aussi particulièrement peu élevés. En 2021, seulement 2 % des personnes infectées par le virus de l’hépatite B ont été diagnostiquées et à peine 0,1 % d’entre elles ont été traitées. S’agissant de l’hépatite C, 5 % des personnes infectées ont été diagnostiquées et que près de 0 % ont été traitées.
 

Une mère tient son bébé de 3 mois qui reçoit une vaccination dans un centre de santé de Lubumbashi, en République démocratique du Congo.
UNICEF/Karel Prinsloo
Une mère tient son bébé de 3 mois qui reçoit une vaccination dans un centre de santé de Lubumbashi, en République démocratique du Congo.


Mettre le traitement de cette maladie à la portée des communautés

Pour inverser la tendance, l’Agence onusienne préconise le transfert des services de prise en charge de l’hépatite (cliniques spécialisées) vers des établissements décentralisés et intégrés, où la plupart des Africains continuent de se faire soigner.

« Bien que des avancées aient été réalisées pour rendre les médicaments contre l’hépatite plus abordables, des efforts supplémentaires sont nécessaires », a fait valoir la Dre Moeti.

A noter qu’en 2021, l’OMS a établi le Cadre 2021-2030 pour une riposte multisectorielle intégrée à la tuberculose, à l’infection au VIH, aux infections sexuellement transmissibles et à l’hépatite dans la Région africaine. Ce cadre vise à soutenir l’introduction de la vaccination contre l’hépatite B à la naissance dans 35 États Membres, le diagnostic d’au moins 30 % des personnes atteintes d’hépatite chronique et la mise sous traitement de 30 % des personnes souffrant de l’hépatite B et C.

Toutefois afin de faire la différence et accélérer l’atteinte des objectifs d’élimination, l’OMS demande aux pays d’ériger en priorité la menace que pose l’hépatite et mettre le traitement de cette maladie à la portée des communautés. Pour ce faire, il s’agit d’accroître le financement national consacré à l’élimination du VIH, de la tuberculose, des infections sexuellement transmissibles et de l’hépatite.

L’OMS parie sur la mise en place d’une plateforme pour fournir des services intégrés, mais aussi investir dans l’information et la surveillance pour mieux agir.