Conflit israélo-palestinien : « la violence doit cesser », implore l’ONU

Un garçon fait du vélo à côté de bâtiments détruits après des attaques israéliennes dans la bande de Gaza, en Palestine, en mars 2022.
© UNRWA/Samar Abu Elouf
Un garçon fait du vélo à côté de bâtiments détruits après des attaques israéliennes dans la bande de Gaza, en Palestine, en mars 2022.

Conflit israélo-palestinien : « la violence doit cesser », implore l’ONU

Paix et sécurité

Alors que les tensions se sont accrues ces dernières semaines en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, dans un contexte de poursuite des activités de colonisation, une haute responsable de l'ONU a réclamé mardi l'arrêt de la violence et estimé que des mesures immédiates pour soutenir le peuple palestinien étaient essentielles.

« La violence quotidienne s'est poursuivie dans tout le territoire palestinien occupé au cours de la période considérée. Trois Palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée lors d'opérations de fouille et d'arrestation et 287 Palestiniens, dont 28 enfants, ont été blessés par les forces de sécurité israéliennes (FSI) lors de manifestations, d'affrontements, d'opérations de fouille et d'arrestation, d'attaques et d'attaques présumées contre des Israéliens et d'autres incidents en Cisjordanie », a égrené Lynn Hastings, Coordinatrice spéciale adjointe pour le processus de paix au Moyen-Orient, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

Des colons israéliens ou d'autres civils ont perpétré 27 attaques contre des Palestiniens, faisant 12 blessés et endommageant des biens palestiniens, dont 1.000 oliviers.

« Au total, dix-huit civils israéliens, dont deux femmes, et sept membres des forces de sécurité israéliennes ont été blessés par des Palestiniens lors de tirs et d'attaques à l'arme blanche, d'affrontements, de jets de pierres et de cocktails Molotov, et d'autres incidents », a dit Mme Hastings.

Les Palestiniens ont perpétré 50 attaques contre des civils israéliens, dont 39 jets de pierres, qui ont fait des blessés ou endommagé des biens israéliens.

Des soldats israéliens patrouillant à Jerusalem-est.
UN News/Shirin Yaseen
Des soldats israéliens patrouillant à Jerusalem-est.

La balle ayant tué la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Aqleh a été envoyée le 2 juillet par l’Autorité palestinienne aux autorités américaines pour analyses.

Le surlendemain, les États-Unis ont annoncé que les examinateurs, sans pouvoir tirer de conclusion définitive concernant l'origine du tir, avaient conclu que le projectile avait probablement été tiré depuis les positions des Forces de défense israéliennes mais qu'ils « n'avaient aucune raison de croire que cela était intentionnel ».

Situation « fragile » à Gaza

Concernant Gaza, la haute responsable onusienne a décrit une situation « fragile », alors que les efforts des Nations Unies se poursuivent pour fournir une aide humanitaire et au développement vitales, ainsi que pour assouplir les restrictions à la circulation des personnes et des biens.

Après une période de calme relatif, des militants palestiniens ont lancé le 16 juillet quatre roquettes depuis Gaza en direction d'Israël. Selon les autorités israéliennes, une roquette a été interceptée par le système « Iron Dome », tandis que les autres ont atterri sur des zones non habitées, sans faire de blessé. En représailles, Israël a mené des frappes aériennes contre ce qu'il a déclaré être des « cibles du Hamas » dans la bande de Gaza, sans faire de blessés.

La reconstruction et la réparation des dommages subis lors de l'escalade de 2021 nécessitent un financement supplémentaire et le versement en temps voulu des fonds promis. Il reste un déficit de financement d'au moins 6,45 millions de dollars pour la reconstruction des logements totalement détruits et de 9 millions de dollars pour la réparation des logements endommagés.

« Le 3 juillet, à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, les autorités israéliennes ont annoncé que 400 permis seraient délivrés aux hommes de plus de 55 ans et aux femmes de plus de 50 ans pour se rendre à Jérusalem depuis Gaza. Il s'agit des premiers permis de ce type à être délivrés depuis 2017 », a noté Mme Hastings.

Colonisation violente, évictions et destructions de domiciles

Depuis des années, a déploré Mme Hastings, l'expansion illégale des colonies de peuplement en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, n'a cessé de réduire les terres dont disposent les Palestiniens pour se développer et gagner leur vie, limitant leurs déplacements et leur accès, et érodant les perspectives de création d'un État palestinien viable. Trois cent quatre-vingt-dix-neuf démolitions et saisies de structures appartenant à des Palestiniens, ainsi que des expulsions, ont eu lieu cette année.

Les violences liées aux colons se sont poursuivies au cours de la période considérée, « avec des incidents particulièrement inquiétants dans la communauté de Ras al-Tin, en Cisjordanie. Dans la nuit du 6 juillet, des individus que l'on pense être des colons israéliens ont mis le feu à quatre endroits autour de la communauté, endommageant plusieurs structures, dont des tentes. Cette attaque fait suite à d'autres attaques de colons contre la communauté ces dernières semaines, au cours desquelles deux résidents ont été blessés, a rapporté Mme Hastings en réaffirmant que les auteurs d’actes de violence devaient être traduits rapidement en justice.

Les 20 et 21 juillet, des milliers d'Israéliens ont participé à une campagne largement médiatisée menée par une organisation de colons en vue d'établir des avant-postes de colonisation en Cisjordanie. Avant la campagne, le ministre israélien de la Défense, M. Gantz, a publié une déclaration selon laquelle ces efforts « sont des activités illégales que les services de sécurité se préparent à contrecarrer. », ce dont la haute-fonctionnaire s’est félicitée, « toutes les colonies étant illégales au regard du droit international et demeurant un obstacle important à la paix ».

Le mur de séparation vu depuis la Cisjordanie.
UN News/Shirin Yaseen
Le mur de séparation vu depuis la Cisjordanie.

Sentiment croissant de désespoir

Lynn Hastings a aussi rapporté que les autorités israéliennes avaient démoli, saisi ou forcé des propriétaires à démolir 77 structures appartenant à des Palestiniens dans la zone C et cinq dans Jérusalem-Est, déplaçant ainsi 61 Palestiniens dont 31 enfants. Les démolitions ont été effectuées en raison de l'absence de permis de construire délivrés par Israël « qui sont pratiquement impossibles à obtenir pour les Palestiniens ».

Cette année, plus de 400 Palestiniens ont été déplacés à la suite de ces expulsions. Il existe un sentiment croissant de désespoir chez de nombreux Palestiniens, qui voient leurs perspectives d'accéder à la souveraineté et à la paix s’éloigner, a déploré la haute responsable. Sur le plan interne, ils constatent également que l'économie palestinienne s'effrite et est soumise à des contraintes, que l'unité politique entre Palestiniens est au point mort.

Rencontre entre Joe Biden et le nouveau Premier ministre israélien

Selon la responsable onusienne, « de nombreux Israéliens comprennent également les dangers de poursuivre sur la voie actuelle. Ils voient des cycles de violence sans fin cycles de violence sans fin, le risque constant d'escalade et l'absence de perspectives pour mettre fin au conflit ».

Dans ce contexte inquiétant, la visite du Président américain Biden dans la région au début du mois a signalé un consensus renouvelé en faveur d'une solution à deux États basée sur les lignes de 1967, s’est-elle cependant réjouie.

Au cours de cette visite, « pour la première fois depuis des années », les dirigeants israéliens, palestiniens et américains ont également réitéré leur soutien la solution à deux États, essentielle pour l'avenir des Palestiniens comme des Israéliens.

Lynn Hastings s’est aussi réjouie de l’annonce du Président américain selon laquelle Israël acceptera de permettre au point de passage Allenby, entre la Cisjordanie et la Jordanie, de fonctionner 24 heures sur 24 d'ici la fin du mois de septembre, contribuant à soulager la vie quotidienne de milliers de personnes.

Un contexte économique difficile

Dans l'ensemble des territoires palestiniens occupés, la flambée des prix des produits de base continue d'avoir un impact négatif sur la vie des Palestiniens. L'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) à Gaza réclame 72 millions de dollars supplémentaires d'ici septembre pour répondre aux besoins d'aide alimentaire de 1,1 million de réfugiés palestiniens au quatrième trimestre.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a aussi besoin de 24 millions de dollars supplémentaires pour continuer à fournir une assistance jusqu'à la fin de l'année, afin de compenser la baisse du pouvoir d'achat dans les territoires.

Dans ce contexte, Lynn Hastings s’est félicitée des annonces récentes des États-Unis et de l'Union européenne confirmant leurs contributions à l'UNRWA pour 2022, ce qui permettra à l'Office de maintenir l'éducation, les soins de santé primaires et d'autres services essentiels aux réfugiés palestiniens pendant les mois d'été.