Le HCR alarmé par le nombre de morts parmi les déplacés dans l’est de la RDC

22 juillet 2022

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) est vivement préoccupée par l’accumulation des morts et des souffrances des civils, y compris des personnes déplacées de force, dans des « attaques brutales » dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo (RDC).

Des attaques simultanées menées ce mois-ci par des groupes armés dans la province d’Ituri ont fait 11 morts. Plus de 250 maisons ont été également pillées et brûlées. 

Rien qu’en juin, 97 personnes rentrant chez elles ou déplacées ont été tuées lors d’attaques comprenant des enlèvements, des pillages et des incendies de maisons. « Cette situation insupportable continue de s’aggraver et ne doit plus être ignorée », a affirmé lors d’un point de presse régulier de l’ONU, Matthew Saltmarsh, porte-parole du HCR.

Entre février et juin de cette année, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et ses partenaires ont enregistré plus de 800 décès dus à des attaques par armes à feu et à des raids à la machette contre des communautés locales en Ituri. « Au moins 715 de ces victimes avaient trouvé refuge dans des sites de déplacement interne ou ont été tuées alors qu’elles rentraient chez elles après avoir fui les violences », a ajouté M. Saltmarsh.

Le camp de déplacés de Kashuga détruit par un groupe armé à Masisi

A la suite de cette vague de violences et des raids meurtriers, plus de 20.000 personnes ont été chassées de leurs domiciles.  Au Nord-Kivu, le camp de déplacés de Kashuga, dans le territoire de Masisi, a été détruit en juin par des hommes armés lors d’un raid qui a fait huit morts et au moins sept blessés graves par arme à feu.

Par ailleurs, les combats de ces dernières semaines entre l’armée congolaise et le groupe rebelle M23 dans la province du Nord-Kivu ont déplacé plus de 160.000 personnes dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo. Le redéploiement des troupes gouvernementales dans ce conflit a créé des vides de pouvoir et un environnement sécuritaire fragile en Ituri et au Nord-Kivu.

« Des séries d’attaques coordonnées par de multiples milices terrorisent quotidiennement les communautés dans les provinces orientales », a alerté le porte-parole du HCR. Et d’une manière générale, l’insécurité aggrave le problème existant des conflits intercommunautaires, le manque d’infrastructures et l’absence d’institutions dans la région.

Une insécurité alimentant une grave insécurité alimentaire

Ces violences alimentent également « l’intensification des cycles de violence », générant davantage d’instabilité et sapant les efforts de paix et de développement. Ces attaques augmentent les difficultés pour le HCR et ses partenaires à fournir une assistance vitale à ces communautés vulnérables.

Or selon l’agence onusienne, cette insécurité alimente une grave insécurité alimentaire dans une région comme celle de l’Ituri. Dans cette région fertile, le développement aurait été stoppé par des décennies d’affrontements intercommunautaires, privant les familles et les générations futures de leurs moyens de subsistance.

Face à cette vague de violence, les Nations Unies appellent toutes les parties, « dans les termes les plus forts, à la cessation immédiate de cette violence insensée », qui force le déplacement de dizaines de milliers de personnes.

« Nous demandons également le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme afin de protéger les civils et les travailleurs humanitaires de la violence, et de veiller à ce que les auteurs de ces actes soient immédiatement traduits en justice », a insisté le porte-parole du HCR.

A noter que plus de 5,6 millions de personnes sont déplacées en RDC. Ce qui en fait la plus grande population de déplacés internes du continent africain et l’une des plus importantes au monde.

 

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