Aux Emirats arabes unis, la FAO aide bâtir un secteur d’avenir en ressuscitant la tradition perlière

Ressusciter la tradition perlière aux Emirats arabes unis peut aider à développer à l'écotourisme.
©FAO/FAME MEDIA
Ressusciter la tradition perlière aux Emirats arabes unis peut aider à développer à l'écotourisme.

Aux Emirats arabes unis, la FAO aide bâtir un secteur d’avenir en ressuscitant la tradition perlière

Développement durable (ODD)

Les Émirats arabes unis ressuscitent leur tradition perlière par la voie de pratiques aquacoles durables, grâce à une collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Le secteur perlier était autrefois la pierre angulaire de l’économie émirienne, lorsque les pêcheurs de perles du pays plongeaient jusqu’à 20 mètres de profondeur afin de récolter les précieuses concrétions. Toutefois, au cours du XXe siècle, le boom pétrolier a éclipsé la filière, causant la disparition quasi totale de la pêche à la perle.

 

L’Agence environnementale – Abou Dhabi (EAD) coopère avec la FAO pour ranimer le secteur perlier de l’Émirat dans les eaux chaudes du golfe Persique. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre d’une collaboration plus large entre la FAO et le Ministère du changement climatique et de l’environnement des Émirats arabes unis pour mettre en place une aquaculture durable et bâtir un secteur qui crée de l’emploi, protège l’environnement et soutient les moyens d’existence sur le long terme.

 

« La pêche à la perle était certes une profession risquée, mais elle offrait des emplois saisonniers ainsi qu’une chance d’obtenir richesse et prospérité », souligne Ahmed Esmaeil Alhashmi, Directeur exécutif du secteur de la biodiversité terrestre et marine de l’EAD. « Elle n’a jamais simplement été un commerce ou un moyen de subsistance, mais bien un système social entièrement intégré qui a alimenté un riche patrimoine culturel. L’EAD a maintenant trouvé un moyen de ressusciter la tradition perlière d’Abou Dhabi grâce à des pratiques modernes durables ».

Potentiel en matière d'écotourisme

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La FAO œuvre par ailleurs avec les Émirats arabes unis à la création d’un secteur aquacole durable pouvant contribuer à la sécurité alimentaire, promouvoir la sensibilisation à l’environnement, et bâtir un avenir pour les jeunes. L’agence onusienne y voit aussi un potentiel en matière d’écotourisme.

 

« Il s’agit de reconnaître le patrimoine culturel du pays et d’introduire de nouvelles techniques d’élevage telles que la pisciculture en cage ou la production d’organismes aquatiques qu’il n’est pas nécessaire de nourrir, par exemple les huîtres ou les algues, et qui sont adaptés aux conditions propres aux eaux côtières d’Abou Dhabi », explique Lionel Dabbadie, Fonctionnaire principal chargé des pêches et de l’aquaculture à la FAO.

 

Depuis 2019, la FAO aide le gouvernement à construire un secteur aquacole durable dans le golfe afin d’améliorer la production alimentaire, la nutrition et les revenus. C’est avec cet objectif à l’esprit que le Ministère du changement climatique et de l’environnement a demandé à la FAO d’effectuer une analyse détaillée du littoral du pays, en identifiant et en cartographiant les zones où une aquaculture durable, incluant l’ostréiculture et la perliculture, est possible.

 

« À l’instar de nombreuses autres ressources marines, les bancs d’huîtres naturels souffrent de la surexploitation et de la destruction des habitats », regrette Lionel Dabbadie. « La stratégie des Émirats arabes unis consiste à protéger l’écosystème de façon à ce qu’il puisse se régénérer, tout en encourageant simultanément une agriculture durable qui facilitera la transition entre la capture d’espèces sauvages et l’activité aquacole ». La FAO s’emploie à soutenir cette stratégie et à maximiser le développement durable le long du littoral.

 

« Pour les zones profondes, nous recommandons l’aquaculture en cage, tandis que pour celles peu profondes, nous préconisons la culture d’algues, de concombres de mer et d’autres mollusques et crustacés, par exemple les huîtres perlières », ajoute Lionel Dabbadie.

Comment la magie opère

 

Les huîtres perlières ont un mode de reproduction externe. Elles libèrent leurs œufs et leur sperme dans l’eau, où la fécondation a lieu. Sur plusieurs millions d’œufs fécondés (naissain), seuls quelques-uns réussissent à se fixer sur des surfaces appropriées et à atteindre le stade adulte. Les autres sont consommés par des prédateurs ou ne trouvent jamais d’endroit où s’établir. L’EAD jette des cordes flottantes à la mer afin de collecter ce naissain qui, autrement, n’aurait nulle part où s’accrocher. Les collecteurs de naissain restent dans l’eau pendant un an, après quoi les jeunes huîtres sont récoltées et transportées sur le site du projet, où elles continuent leur croissance.

 

Lorsque les huîtres atteignent l’âge de 2 ans, un petit morceau de coquille d’huître en forme de bille, appelé «nucleus» est greffé à la chair du mollusque pour provoquer la production d’une perle. Les huîtres sont ensuite ramenées au site d’élevage pour poursuivre leur maturation pendant encore deux ans.

 

Après la récolte, les perles sont classifiées en fonction de leurs lustre, couleur, forme et taille. Près de 20 000 perles de culture sont produites chaque année à Al-Dhafra, site du projet perlier d’Abou Dhabi. Ce chiffre devrait être porté à environ 25 000, ce qui augmenterait aussi le nombre d’emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes.

 

L’EAD collabore également avec la Faculté des arts et des secteurs créatifs de l’Université Zayed dans le but de promouvoir la confection de bijoux à partir de perles issues du projet et de faire participer des étudiants à cet artisanat.

 

Enfin, les responsables du projet ambitionnent de faire du site une destination d’écotourisme mettant en lumière les traditions et le patrimoine liés à la pêche à la perle ainsi que les technologies modernes utilisées pour favoriser une perliculture durable.

 

Avec le soutien technique de la FAO, les Émirats arabes unis investissent dans des technologies modernes, tels les systèmes d’aquaculture à recirculation, afin de mettre en place une production aquacole durable et rentable qui créera de l’emploi, tout en protégeant l’environnement et en maintenant le patrimoine en vie.