Nucléaire iranien : l’ONU exhorte les Etats-Unis et l’Iran à collaborer de nouveau

30 juin 2022

Malgré de nombreux efforts diplomatiques, les participants initiaux à l'accord sur le nucléaire iranien, appelé Plan d’action global commun (PAGC), ne sont pas encore parvenus à son plein rétablissement, a constaté Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, devant le Conseil de sécurité ce jeudi.

Elle a exhorté l’Iran et les États-Unis à travailler rapidement pour reprendre leur coopération en vertu du Plan, soulignant le potentiel de la proposition américaine d’appliquer des dérogations sur le commerce du pétrole avec l’Iran.  

Mme DiCarlo a aussi souligné que les 8 et 20 juin derniers, l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait signalé que l’Iran avait installé des centrifuges supplémentaires dans sa centrale de Natanz. Or les activités de contrôle et de vérification de l’AIEA sont entravées en raison de la décision de l’Iran de ne plus respecter ses obligations en la matière, a-t-elle ajouté, rappelant le caractère pourtant essentiel de ces activités pour s’assurer de la nature pacifique du nucléaire iranien.

Négociations « houleuses » et « compromis difficiles » à Vienne

Le Chef de la Délégation de l’Union européenne (UE) Olof Skoog a lui indiqué au Conseil que depuis le dernier rapport sur l’application de la résolution 2231 (2015) en décembre dernier, tous les participants au PGAC et les États-Unis avaient poursuivi leurs négociations intenses à Vienne.

Qualifiant ces négociations de « houleuses », M. Skoog a indiqué qu’en mars un texte contenant des « compromis difficiles » avait été présenté, décrivant par le menu les mesures à prendre par les États-Unis pour permettre la pleine application des dispositions du plan.

Attachée à rétablir le Plan, l’UE lancera d’autres efforts pour combler les « lacunes » et le « fossé » entre l’Iran et les États-Unis, a poursuivi M. Skoog. Après un an de négociations et à la lumière de la « trajectoire nucléaire inquiétante » de l’Iran, et des sanctions américaines, « nous estimons que l’accord doit être appliqué le plus rapidement possible pour permettre la pleine application du Plan, a-t-il ajouté.  Cela est important pour l’Europe, pour l’Iran, pour la région et le monde entier en termes de stabilité et de sécurité ».  

Les États Membres et le secteur privé invités à commercer avec l’Iran

Par ailleurs, Mme DiCarlo a invité les États Membres et le secteur privé à commercer avec l’Iran, celui-ci devant pour sa part reprendre l’application de ses engagements au titre du Plan et répondre aux préoccupations de la communauté internationale, conformément à la résolution 2231 du Conseil de sécurité.

À cet égard, la haute fonctionnaire a indiqué que le Conseil était saisi de 5 notifications concernant certaines des activités nucléaires iraniennes en lien avec le Plan. Elle a notamment indiqué s’être rendu à Riyad et à Abou Dhabi, à la demande de l’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis, pour examiner des débris de 9 missiles balistiques ayant touché leur territoire.

« Le Plan a été un triomphe pour la non-prolifération et le multilatéralisme »

Ces missiles auraient été tirés par des Houthistes, les rebelles qui contrôlent le nord du Yémen, leur transfert pouvant avoir été effectué selon des méthodes contraires à la résolution 2231 (2015), a expliqué Mme DiCarlo.

Concernant ensuite le gel des avoirs, elle a indiqué qu’au cours de la période considérée le Conseil n’a été saisi d’aucune d’information sur le non-respect de obligations de la résolution en cette matière. 

« Le Plan a été un triomphe pour la non-prolifération et le multilatéralisme », a conclu la Secrétaire générale adjointe en souhaitant que l'Iran et les États-Unis continueront de tirer parti de l'élan actuel pour résoudre les questions en suspens et le remettre sur pied.

 

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