Guerre en Syrie : des civils tués principalement lors d’affrontements, d'embuscades et de massacres

Bâtiments détruits à Harasta, Ghouta orientale, Syrie (archives)
© UNICEF/Amer Almohibany
Bâtiments détruits à Harasta, Ghouta orientale, Syrie (archives)

Guerre en Syrie : des civils tués principalement lors d’affrontements, d'embuscades et de massacres

Droits de l'homme

En dix ans de conflit en Syrie, la plupart des décès ont été attribués à l’utilisation d’armes multiples, notamment dans le cadre d’incidents d’affrontements, d’embuscades, de prises d’assaut et de massacres, a indiqué jeudi la Cheffe des droits de l’homme de l’ONU.

« Nous savons maintenant que le plus grand nombre de décès documentés ont été causés par l’utilisation d’armes multiples et se sont produits lors d’affrontements, d’embuscades et de massacres », a déclaré devant le Conseil des droits de l’homme, Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

D’autres décès ont été causés par des armes explosives lourdes, des armes légères et de petit calibre, des explosifs placés, des armes chimiques et des restes de guerre non explosés.  

Enfin, un nombre important de personnes sont mortes en détention, ou à la suite de violences sexuelles, de torture, de décapitation ou de pendaison, entre autres.

Si le rapport clarifie également la cause du décès par type d’arme dans les cas de décès documentés, les informations fournies ne donnent pas une image complète des armes et des méthodes utilisées dans le conflit, selon Mme Bachelet.  

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Par ailleurs, le rapport présenté par la Haute-Commissaire fournit de nouvelles informations sur les acteurs qui auraient causé les décès documentés. Un grand nombre d’entre eux auraient été causés par le gouvernement et ses alliés, ainsi que par des groupes armés non étatiques, notamment des groupes antigouvernementaux, des factions islamiques dont l’État islamique. 

« Un tableau plus complet de ces informations reste toutefois nécessaire, ce qui exige une analyse plus approfondie et une application plus poussée des techniques d’estimation », a-t-elle précisé. 

Les zones rurales de Damas, Alep, Deir ez-Zor, Idlib et Homs ont enregistré plus de décès de civils 

Plus largement, plus de dix de guerre en Syrie ont laissé des « traces indélébiles sur ses hommes, ses femmes et ses enfants ». Selon l’ancienne Présidente chilienne, le bilan humain a été « dévastateur », « les vies étant traitées comme des biens superflus sous le regard du monde ». 

« Les atrocités et les violations des droits de l’homme se poursuivent en ce moment même, et ce sont les civils syriens qui en paient le plus lourd tribut », a ajouté Mme Bachelet. 

Parmi les 350.209 décès documentés résultant directement du conflit - sur la décennie en question – 143.350 étaient des civils. Pour chacun de ces civils, les services de Mme Bachelet ont pu documenter les noms, les dates et les lieux de décès.

« Les chiffres massifs figurant dans le rapport n’incluent pas les décès indirects, à savoir ceux résultant principalement de la perte d’accès aux biens et services essentiels qui a été causée ou aggravée par le conflit », a-t-elle précisé.

Le rapport comprend désormais également des informations sur les lieux où les civils ont trouvé la mort au cours de la période de dix ans.

Les décès de civils les plus nombreux ont été enregistrés dans les zones rurales de Damas (61.800), d’Alep (51.563), de Deir ez-Zor (38.041), d’Idlib (36.536) et de Homs (29.983).

Alors que de nouvelles données montrent l’ampleur de cette crise, la Cheffe des droits de l’homme de l’ONU exhorte la communauté internationale à s’unir et prendre des mesures plus concrètes pour « mettre fin aux atrocités et rendre justice aux victimes et aux survivants ». « Le peuple syrien souffre depuis bien trop longtemps », a fait remarquer Mme Bachelet.