L’ONU s’inquiète de la montée de la violence entre Israéliens et Palestiniens

27 juin 2022

La montée de la violence entre Israéliens et Palestiniens a fait des dizaines de victimes ces derniers mois, a déploré lundi le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient devant le Conseil de sécurité.

S'exprimant par vidéoconférence depuis Jérusalem, Tor Wennesland a exprimé son inquiétude concernant la poursuite des manifestations et des affrontements ; la violence liée aux colons ; et le tir d'une roquette depuis Gaza sur Israël, le premier depuis des mois.

« La montée de la violence a été encore alimentée et exacerbée par des mesures provocatrices et une rhétorique incendiaire », a-t-il déclaré, appelant à « des mesures immédiates pour réduire les tensions et inverser les tendances négatives qui compromettent les perspectives d'une résolution pacifique du conflit par deux États ».

L'envoyé de l’ONU dans la région a attiré l'attention sur des incidents spécifiques, notamment la mort de deux hommes palestiniens, un garçon de 16 ans et un colon israélien.

Appel à la retenue

En informant les ambassadeurs sur les activités de colonisation et la saisie de structures appartenant à des Palestiniens, y compris des projets humanitaires financés par la communauté internationale, M. Wennesland a rappelé que le gouvernement israélien était en « violation flagrante » des résolutions de l'ONU et du droit international, et a appelé le pays à cesser saisies et démolitions.

Il s'est dit « gravement préoccupé par la poursuite des violences contre les civils », appelant à ce qu'elles cessent et à ce que tous les auteurs soient tenus pour responsables.

L'envoyé de l'ONU a également qualifié les récentes attaques injustifiées des Palestiniens et des Arabes israéliens contre des civils en Israël des « plus meurtrières depuis des années », soulignant qu'elles « doivent être clairement rejetées par tous ».

« Je condamne également la poursuite des meurtres de Palestiniens, y compris d'enfants, par les forces de sécurité israéliennes, en particulier dans les incidents où ils ne semblaient pas présenter une menace imminente pour la vie », a-t-il poursuivi, notant que 15 enfants palestiniens avaient été tués en Cisjordanie cette année, contre neuf durant la même période en 2021.

M. Wennesland a réitéré que « les forces de sécurité doivent faire preuve d'un maximum de retenue » et n'utiliser la force létale que pour protéger la vie.

La journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh.
Al Jazira
La journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh.

Assassinat de la journaliste Shireen Abu Akleh

Evoquant la mort de la journaliste Shireen Abu Akleh, il a signalé le comportement inquiétant de certains services de sécurité israéliens lors de ses funérailles et s'est fait l'écho de l'appel du Secrétaire général à une enquête indépendante et transparente sur son assassinat et à ce que les responsables rendent des comptes.

« Les journalistes ne doivent jamais être la cible de violences », a-t-il souligné.

Pendant ce temps, la persistance des facteurs de conflit et l'absence de volonté politique de changer de cap ont renforcé les extrémistes et érodé la perception parmi les Palestiniens et les Israéliens qu'une paix durable ne sera jamais réalisable, a averti le Coordonnateur spécial.

Il a déclaré qu'il était crucial d'améliorer la vie des Palestiniens à Gaza et qu'Israël assouplisse les restrictions et facilite davantage l'activité économique, comme un meilleur accès au marché du travail israélien pour les travailleurs de Gaza.

Cependant, a reconnu M. Wennesland, maintenir un état de calme à perpétuité, « n'est ni suffisant ni durable ».

« Rien ne peut remplacer un processus politique légitime qui résoudra les problèmes fondamentaux à l'origine du conflit », a-t-il souligné. « J'exhorte les Israéliens, les Palestiniens, les États de la région et la communauté internationale au sens large à prendre des mesures qui permettront aux parties de retrouver le chemin vers des négociations constructives et, en fin de compte, vers la paix ».

Crise financière

La crise financière de l'Autorité palestinienne - aggravée par les contraintes de l'occupation, l'absence de réformes palestiniennes sérieuses et les perspectives peu claires de l'aide des donateurs - nécessite une attention urgente, selon le Coordonnateur spécial.

« Alors que les prix des produits de base augmentent, les besoins et les coûts humanitaires augmentent » dans tout le Territoire palestinien occupé, a-t-il expliqué, notant que le prix de la farine de blé a augmenté d'environ 20% en Cisjordanie et de plus de 40% en Gaza.

Un montant supplémentaire de 36 millions de dollars est nécessaire pour maintenir les opérations du Territoire palestinien occupé jusqu'à la fin de l'année – et compenser l'augmentation des coûts.

Confrontée à des contraintes similaires, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Moyen-Orient (UNRWA) manque toujours de 100 millions de dollars.

Encourageant les donateurs à fournir les ressources financières nécessaires pour faire face aux coûts croissants, le haut responsable de l'ONU a fait valoir que l'assistance aux services de base et aux besoins humanitaires n'est pas seulement un impératif humanitaire, « mais aussi vital pour la stabilité à l'avenir ».

 

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