Plus de 2 millions de réfugiés auront besoin d’être réinstallés en 2023 (HCR)

Un ancien réfugié de Somalie s'occupe d'un champ à Lewiston, dans l'Etat du Maine, aux Etats-Unis.
ONU Info/Daniel Dickinson
Un ancien réfugié de Somalie s'occupe d'un champ à Lewiston, dans l'Etat du Maine, aux Etats-Unis.

Plus de 2 millions de réfugiés auront besoin d’être réinstallés en 2023 (HCR)

Migrants et réfugiés

Les besoins mondiaux de réinstallation de réfugiés vont augmenter fortement l’année prochaine, a annoncé mardi l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), relevant que plus de 2 millions de réfugiés auront besoin d’être réinstallés en 2023.

Ce chiffre de 2023 représente une augmentation de 36% par rapport aux besoins de réinstallation de cette année, qui sont de 1,47 million, selon l’évaluation des besoins mondiaux de réinstallation pour 2023 publiée aujourd’hui par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Cette hausse est attribuée aux impacts humanitaires de la pandémie, à la multitude de diverses situations de réfugiés prolongées et à l’émergence de nouvelles situations de déplacement au cours de l’année écoulée », a déclaré lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève, Shabia Mantoo, porte-parole du HCR.

Pour la septième année consécutive, les réfugiés syriens (environ 777.800) figurent parmi ceux dont les besoins en matière de réinstallation sont les plus élevés. « La crise syrienne reste la plus grande situation de réfugiés au monde », a d’ailleurs précisé Mme Mantoo.

Un adolescent syrien retrouve sa famille en Allemagne.
© UNHCR/Chris Melzer
Un adolescent syrien retrouve sa famille en Allemagne.

Les réfugiés syriens et afghans ont les besoins de réinstallation les plus élevés

Les réfugiés d’Afghanistan - déplacés de force au cours de différentes périodes de l’histoire mouvementée du pays - sont estimés avoir le deuxième besoin de réinstallation le plus élevé au niveau mondial (environ 14%, soit quelque 274.000 personnes). Ils sont suivis par les réfugiés de la République démocratique du Congo (10%, soit quelque 190.400 personnes), du Soudan du Sud (117.600 personnes) et du Myanmar (plus de 114.000 personnes, essentiellement des Rohingyas apatrides).

Plus largement, la plupart des besoins en 2023 proviendront des pays d’asile du continent africain. Le HCR estime que quelque 662.012 réfugiés qui y sont accueillis ont besoin d’être réinstallés. L’Afrique subsaharienne est suivie de près par le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (463 930) et la Turquie (417.200).

La réinstallation reste un outil indispensable pour assurer la protection de certaines des personnes les plus exposées ou ayant des besoins spécifiques qui ne peuvent être satisfaits dans le pays où elles ont demandé la protection. Sur l’ensemble des demandes de réinstallation présentées par le HCR l’année dernière, 37% concernaient des personnes ayant besoin d’une protection juridique et physique. Dans le même temps, 32% des personnes ont survécu à la violence et/ou à la torture et 17% étaient des femmes, des adolescents et des enfants en danger.

Le HCR prône des quotas de réinstallation flexibles

La réinstallation - qui consiste à transférer les réfugiés d’un pays d’asile vers un pays qui a accepté de les accueillir et de leur accorder une installation permanente - n’est accessible qu’à une infime partie des réfugiés dans le monde. Au plus fort de la pandémie en 2020, la réinstallation des réfugiés a chuté à un niveau record, avec seulement 22.800 départs cette année-là.

Alors que les départs ont presque doublé en 2021, pour atteindre 39.266, le HCR appelle les États à contribuer à réduire l’écart entre le nombre de personnes ayant besoin d’une réinstallation et les places disponibles. Il s’agit ainsi à prendre des engagements prévisibles et pluriannuels en matière de réinstallation.

Pour l’agence onusienne, les Etats doivent adopter des « quotas de réinstallation flexibles », afin que les places soient attribuées en fonction des besoins urgents dans le monde entier. Le HCR appelle les Etats à accélérer le traitement de la réinstallation et les arrangements de départ et à renforcer durablement leurs capacités de traitement et leurs structures d’accueil.