Palestine, Syrie, Ukraine : itinéraire de Marsel, enfant des guerres

18 mai 2022

Marsel a des racines dans trois pays, la Palestine, la Syrie et l’Ukraine. Depuis trois générations, sa famille fuit les guerres. Dernier point de chute : Paris.

Comme de nombreux Syriens, Marsel est arrivé en 2016 en France cinq ans après le début de la guerre. Non pas à pied ou sur des bateaux de fortune, mais en avion, direct depuis le Liban, grâce à son passeport ukrainien. « Ma famille vient de trois pays et pourtant, aujourd’hui je ne peux vivre dans aucun d’eux ». Il y a quelques semaines, sa maman, Ludmila, a pu quitter l’Ukraine pour le rejoindre à Paris.

Avec son immense sourire et ses yeux qui pétillent, Marsel n’a rien de l’exilé en détresse. Lui-même assure qu’il a eu une magnifique enfance et a aujourd’hui une vie de jeune trentenaire épanouie. Pourtant, son histoire est un condensé de conflits qui durent depuis près d’un siècle.

De Palestine en Syrie

Marsel et sa mère Ludmila à Bruxelles, en Belgique.
UNRIC/Fabienne Pompey
Marsel et sa mère Ludmila à Bruxelles, en Belgique.

En 1948, à la création de l’Etat d’Israël, Mohamed Zaki Abdo, le grand père de Marsel, prospère commerçant de Yafa, quitte la Palestine pour se réfugier à Damas en Syrie. La famille, bien que déracinée, est bien lotie : un grand appartement dans le centre de Damas, « l’équivalent des Champs Elysées », raconte Marsel. Mohammed Zaki élève ses enfants à Damas, dans l’idée que bientôt, ils rentreront dans leur pays, la Palestine. En attendant, il investit dans l’éducation de ses enfants. Son fils Nabil, père de Marsel, part jeune en Ukraine à Luhansk, dans le Donbass pour un doctorat en génie mécanique. Il y rencontre Ludmila Leonova, elle aussi étudiante en génie mécanique.

Après leurs études, Nabil, le Palestinien/Syrien et Ludmila, l’Ukrainienne, rejoignent Damas en 1988. La famille voit d’un mauvais œil l’arrivée de cette « Russe », l’étrangère, et les deux amoureux doivent s’installer à Yarmouk, le quartier des réfugiés palestiniens, bien moins « chic ».  Marsel est le second fils de Nabil et Ludmila. Il nait en 1992. « Je n’ai que des souvenirs heureux de mon enfance. Mon grand frère et moi avons été des enfants gâtés. Nous avons déménagé très souvent mais mon père enseignait à l’université, il avait un statut enviable à l’époque, ma mère avait décidé de se consacrer à nous et donnait des cours de piano ».

Dans les écoles des Nations Unies

« J’ai passé toute mon enfance dans les écoles des Nations Unies, les écoles UNRWA, l’Agence pour les réfugiés palestiniens. J’en ai fait plusieurs. A l’époque, c’était les meilleures écoles de Damas. On avait de l’espace, des labos pour la chimie, des ateliers de dessins et surtout des enseignants palestiniens qui étaient totalement dédiés à leur travail. Les Syriens les plus éduqués enviaient nos écoles et auraient aimé y mettre leurs enfants », raconte Marsel.

Enfant, Marsel apprend le piano et la guitare, il joue dans une troupe et va souvent au théâtre avec ses parents voir « des pièces pour les grands ». Il pratique la danse classique pendant 9 ans, devient enfant du spectacle lui-même. Entre 8 et 16 ans, il tourne dans 25 spots publicitaires pour la télévision syrienne et joue dans une série télévisée éducative diffusée dans tout le Moyen Orient. Après son baccalauréat, il entame des études d’architecture. Sept ans sur les bancs de l’université et sorti dans les 10 premiers du pays.

Pour lire la suite de ce reportage, rendez-vous sur le site du Centre d'information des Nations Unies pour l'Europe occidentale, basé à Bruxelles

 

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