La suspension des activités humanitaires a un impact sur l'accès à l'eau dans la préfecture de Basse-Kotto, en République centrafricaine.

RCA : l’ONU condamne fermement deux attaques contre des organisations humanitaires

© UNOCHA/Virginie Bero
La suspension des activités humanitaires a un impact sur l'accès à l'eau dans la préfecture de Basse-Kotto, en République centrafricaine.

RCA : l’ONU condamne fermement deux attaques contre des organisations humanitaires

Paix et sécurité

Les Nations Unies ont condamné fermement, mercredi, deux attaques contre des organisations humanitaires en République centrafricaine (RCA) survenues les 7 et 9 avril dernier.

Au cours des attaques, six travailleurs humanitaires et un agent d’un district sanitaire ont été blessés, dont un grièvement, alors qu’ils étaient en mission dans le sud de la RCA.

La Coordonnatrice humanitaire en Centrafrique, Denise Brown, s’est dite « profondément choquée et consternée » par ces deux attaques perpétrées par des individus armés contre des organisations humanitaires.

L’organisation humanitaire, Action contre la faim, avait annoncé, vendredi, la suspension d’une partie de ses activités dans la préfecture de la Basse-Kotto dans le sud de la RCA, suite à l’attaque d’un véhicule de l’ONG dans laquelle cinq personnes ont été blessées.

Il s’agit notamment de la suspension des activités de ses cliniques mobiles ainsi que ses activités visant à améliorer l’accès à l’eau potable au profit de 11.000 personnes dans les zones reculées de la préfecture de la Basse-Kotto, dont de nombreux enfants et femmes enceintes.

« Chaque fois que les humanitaires sont pris pour cible, la vie de milliers de personnes vulnérables est en danger. Les humanitaires qui s’efforcent d’aider la population dans des conditions extrêmement difficiles ne doivent pas être attaqués" », a déclaré dans un communiqué Mme Brown.

Une quarantaine d’incidents enregistrés depuis le début de l’année

La RCA est l’un des pays les plus difficiles au monde pour les travailleurs humanitaires. Entre le 1er janvier et le 15 avril 2022, 43 incidents affectant des organisations humanitaires ont été enregistrés au cours desquels 11 travailleurs humanitaires ont été blessés.

Selon l’ONU, au moins un incident par jour contre des travailleurs humanitaires avait été enregistré en 2021 dans ce pays, la moitié étant des vols, des braquages et des intrusions. Ces incidents sécuritaires entravent l’acheminement de l’aide humanitaire dont dépend pourtant plus de la moitié de la population centrafricaine.

Ces incidents sécuritaires interviennent alors que 3,1 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et de protection en République centrafricaine cette année, soit 63% de la population. 2,2 millions d’entre elles ayant des besoins sévères pourraient ne pas survivre sans l’assistance et la protection requises.

Malgré un environnement opérationnel difficile et dangereux, les acteurs humanitaires sont venus en aide en 2021 à 1,8 million de personnes en situation d’urgence.

« Les civils demeurent les premières victimes du conflit en Centrafrique et l’aide humanitaire est une question de vie ou de mort pour des millions de personnes. Les humanitaires qui leur viennent en aide en toute neutralité et impartialité doivent bénéficier d’un libre accès en toute sécurité », a fait valoir la Coordonnatrice humanitaire.