Maksym, un enfant de sept ans marqué par sa fuite de Marioupol

Lorsqu'il n'y avait plus aucun endroit où se cacher à Marioupol, Maksym et sa famille ont été contraints de fuir.
© UNICEF
Lorsqu'il n'y avait plus aucun endroit où se cacher à Marioupol, Maksym et sa famille ont été contraints de fuir.

Maksym, un enfant de sept ans marqué par sa fuite de Marioupol

Paix et sécurité

Lorsque les bombes sont tombées pour la première fois sur Marioupol, Maksym, un garçon âgé de sept ans, avait l'habitude de pleurer. Aujourd'hui, après tout ce que sa famille et lui ont traversé, il cligne à peine des yeux lorsqu'il s'en souvient.

Après un mois de guerre, il ne reste plus grand-chose de la ville natale de Maksym.

Les jardins d'enfants, les écoles, les magasins, les usines, les installations sportives et les théâtres ont tous été détruits. L'eau et la nourriture se font rares. Maksym et sa famille ont peu d'espoir de revenir bientôt.

Ils se souviennent encore très bien du moment où ils ont décidé de partir.

« Un jour, un homme a couru dans la rue et a crié : Évacuation ! », raconte la mère de Maksym.

« Elle s'est organisée dans deux directions. Les gens couraient pour sauver leurs enfants, pour échapper à l'enfer », explique-t-elle.

La peur pesait dans l'air a mesure qu’ils s’entassaient dans une vieille voiture rouillée et se dirigeaient vers le poste de contrôle pour quitter Marioupol. En atteignant le poste, la voiture a titubé et les gardes ont levé leurs armes.

« Nous avons levé les mains et crié : Ne tirez pas, la voiture est cassée ! », a déclaré la mère de Maksym.

Les gardes ont donné aux enfants du jus et des bonbons.  Ils ont essayé de persuader les parents de Maksym de rester.

« Pourquoi allez-vous en Ukraine ? », ont-ils demandé à la famille. « Ils tirent là-bas, mais ici c'est calme ».

Arrivés à un autre poste de contrôle, plus loin sur la route, la famille a entendu des explosions. En poursuivant leur chemin, ils ont remarqué que le sol était en feu. Ils avaient échappé de peu à une mort certaine.

La voiture est finalement tombée en panne d’essence à Urzuf et la famille a été obligée de continuer à pied, pour finalement arriver en Slovaquie. Ils avaient enfin trouvé un abri. Mais les cicatrices restent.

« C'est un avion ? », demande Maksym à sa grand-mère quand les avions passent au-dessus d’eux. « Est-ce qu'il va y avoir un boum ? »

Maksym et sa famille ont été contraints de fuir Marioupol, dans l'est de l'Ukraine.
© UNICEF
Maksym et sa famille ont été contraints de fuir Marioupol, dans l'est de l'Ukraine.

Un mois de guerre en Ukraine a entraîné le déplacement de 4,3 millions d'enfants - plus de la moitié de la population enfantine du pays, estimée à 7,5 millions.

Ce chiffre comprend plus de 1,8 million d'enfants qui ont traversé la frontière pour se réfugier dans les pays voisins et 2,5 millions qui sont maintenant déplacés à l'intérieur de l'Ukraine.

Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), 78 enfants ont été tués et 105 ont été blessés en Ukraine depuis que la guerre a commencé, le 24 février dernier. Cependant, ces chiffres ne représentent que les rapports que l'ONU a pu confirmer et le véritable bilan est probablement bien plus élevé.

L'UNICEF et ses partenaires s'efforcent d'apporter une aide humanitaire aux enfants en Ukraine et dans les pays voisins.

En Ukraine, l'UNICEF a livré des fournitures médicales à 49 hôpitaux dans 9 régions - dont Kyiv, Kharkiv, Dnipro et Lviv - améliorant ainsi l'accès aux soins pour 400.000 mères, nouveau-nés et enfants.

Le Fonds de l’ONU pour l’enfance continue de distribuer de l'eau et des articles d'hygiène dans les communautés assiégées. En outre, l'UNICEF fait passer de 22 à 50 le nombre d'équipes mobiles de protection de l'enfance travaillant dans les zones de conflit aigu et a livré 63 camions de fournitures vitales pour répondre aux besoins de plus de 2,2 millions de personnes.

Dans les semaines à venir, l'UNICEF commencera les transferts d'argent liquide d'urgence aux familles les plus vulnérables et établira des espaces amis des enfants dans des endroits clés du pays.