Ukraine : l'ONU condamne une attaque meurtrière contre la gare de Kramatorsk

Lyuba avec son bébé attend à la gare d'Uzhhorod après avoir fui les combats en Ukraine.
© UNICEF/Olena Hrom
Lyuba avec son bébé attend à la gare d'Uzhhorod après avoir fui les combats en Ukraine.

Ukraine : l'ONU condamne une attaque meurtrière contre la gare de Kramatorsk

Paix et sécurité

Dans l'est de l'Ukraine, une attaque au missile par les forces russes contre une gare ferroviaire qui a tué des dizaines de civils, dont des enfants, a été condamnée par les Nations Unies.

« L'attaque contre la gare ferroviaire de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, qui a tué et blessé des dizaines de civils attendant d'être évacués, dont de nombreuses femmes, enfants et personnes âgées, et d'autres attaques contre des civils et des infrastructures civiles sont totalement inacceptables. Ce sont des violations flagrantes du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme, dont les auteurs doivent être tenus responsables », a déclaré le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, dans un communiqué de presse.

« Le Secrétaire général rappelle à toutes les parties leurs obligations en vertu du droit international de protéger les civils et l'urgence de s'entendre sur des cessez-le-feu humanitaires afin de permettre l'évacuation en toute sécurité et l'accès humanitaire aux populations prises au piège du conflit. Le Secrétaire général réitère son appel à toutes les parties concernées pour qu'il soit mis fin immédiatement à cette guerre brutale », a-t-il ajouté.

Plus tôt, le Coordinateur de crise de l'ONU pour l'Ukraine, Amin Awad, a déclaré que beaucoup de personnes avaient subi de terribles blessures à la gare de Kramatorsk et que le nombre de morts était susceptible d'augmenter.

« Il a été largement rapporté au cours des deux derniers jours que la station et ses environs étaient pleins de civils tentant de fuir l'intensification des hostilités », a dit M. Awad dans un communiqué. « Nous sommes extrêmement troublés par les informations faisant état d'enfants, de femmes, de personnes âgées et de personnes handicapées - les personnes les plus vulnérables de la région de Kramatorsk - qui ont été pris dans cette attaque ».

Besoin urgent de cessez-le-feu « localisés »

Des cessez-le-feu locaux sont nécessaires plus que jamais en Ukraine alors que le conflit se déplace vers les régions orientales après le retrait de la Russie de la région autour de la capitale Kyïv, ont déclaré vendredi des responsables humanitaires de l'ONU.

Six semaines après l'invasion russe, des milliers de civils seraient toujours piégés dans la ville portuaire méridionale de Marioupol, où ils ont dû faire face à des semaines de bombardements intensifs.

Mais il n'y a toujours pas d'accord de trêve entre les forces russes et ukrainiennes pour les laisser s'échapper en toute sécurité, alors que le chef de l’humanitaire de l'ONU, Martin Griffiths, poursuit ses efforts de médiation.

« Ce qui est important, c'est d'amener les parties à s'entendre sur des cessez-le-feu localisés », a déclaré Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination de l'aide humanitaire des Nations Unies (OCHA). « C'est une priorité absolue de faire taire les armes dans ces villes, Marioupol étant la plus touchée, celles où les citoyens sont piégés ». « Pour leur permettre de se mettre volontairement en sécurité, dans un lieu de leur choix. Et pour permettre à l'aide d'entrer », a-t-il ajouté.

Alors que les combats se déplacent vers les régions de Louhansk et de Donetsk où les séparatistes soutenus par la Russie contrôlent déjà une partie de ces régions, M. Laerke a déclaré que l'ONU et ses partenaires essayaient d'acheminer autant d'aide que possible.

« Les gens sont toujours terrés dans les sous-sols de Louhansk et de Donetsk. Nous avons dans notre planning des convois pour y aller… la semaine prochaine », a-t-il dit.

L'exode continue

Depuis le début de la guerre le 24 février, plus de quatre millions de personnes ont fui l'Ukraine, a confirmé l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« La guerre en Ukraine a déclenché l'une des crises humanitaires et de déplacement les plus rapides de tous les temps », a déclaré un porte-parole du HCR, Matthew Saltmarsh. « En six semaines, plus de 4,3 millions de réfugiés ont fui le pays, tandis que 7,1 millions supplémentaires sont déplacés à l'intérieur du pays ».

À l'intérieur de l'Ukraine, des articles de première nécessité ont été distribués aux centres d'accueil mis en place par les autorités locales, mais l'acheminement de l'aide dans les zones de combats actifs « reste difficile », a expliqué M. Saltmarsh.

« Nous continuons à nous efforcer d'atteindre les zones durement touchées telles que Mariupol et Kherson avec une assistance vitale dans le cadre de convois humanitaires inter-agences », a-t-il dit.

L'ONU reste gravement préoccupée par les attaques continues contre les soins de santé à l'intérieur de l'Ukraine, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que plus de 100 attaques contre les soins de santé ont eu lieu depuis le début de la guerre le 24 février.

« Jusqu'à présent, les attaques ont fait 73 morts et 51 blessés », a déclaré une porte-parole de l'OMS, Fadela Chaib.

Sur les 103 attaques à ce jour, 89 ont touché des établissements de santé et 13 ont affecté les transports, y compris les ambulances.