Ukraine : l'ONU réclame une enquête rapide sur les allégations de violences sexuelles

8 avril 2022

Les déplacements des populations qu’entraine la guerre en Ukraine ont un impact disproportionné sur les femmes et les filles et augmentent les risques de toutes les formes de violences sexuelles, y compris la traite des personnes, ont averti deux hautes responsables des Nations Unies.

La Représentante spéciale des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Pramila Patten, et la Directrice exécutive d'ONU Femmes, Sima Bahous, sont « gravement préoccupées par les allégations croissantes de violences sexuelles perpétrées contre des femmes et des filles dans le contexte de la guerre en Ukraine » et appellent à mener des enquêtes.

« Des enquêtes rigoureuses sur les allégations de violences sexuelles doivent être menées afin de garantir la justice et la responsabilité, en tant qu'aspect central de la dissuasion et de la prévention de tels crimes », ont affirmé les deux hautes responsables dans une déclaration conjointe publiée jeudi.

Profondément choquées par les images et informations qui ressortent de Boutcha et d’autres localités, elles ont fait écho aux appels lancés par le Secrétaire général de l’ONU pour que « la guerre en Ukraine cesse – maintenant ».

Une action urgente et immédiate est essentielle

« Il est essentiel que tout soit mis en œuvre pour assurer la protection et la fourniture de services de secours et de rétablissement aux survivant(e)s de violences sexuelles », ont soutenu la Représentante spéciale et la Directrice exécutive.

Des ordres doivent être immédiatement émis par leurs chaînes de commandement respectives interdisant le viol et les autres formes de violence sexuelle, avec des mesures préventives concrètes

Aussi, cette « action urgente et immédiate visant à mettre en place des mesures de prévention et de réponse » ne doit pas être paralysée par les conditions de sécurité et les restrictions d'accès qui continuent de poser des problèmes importants pour la vérification des informations par les Nations Unies, ont-elles ajouté.

Les allégations de violences sexuelles soulèvent de sérieuses questions quant à d'éventuels crimes de guerre, expliquent les responsables onusiennes.

Mme Patten et Mme Bahous signalent que le droit international humanitaire et les droits de l'homme, interdisent catégoriquement le viol et toutes les formes de violence sexuelle et de traitement inhumain, et « doivent être pleinement respectés par toutes les parties au conflit ».

« Des ordres doivent être immédiatement émis par leurs chaînes de commandement respectives interdisant le viol et les autres formes de violence sexuelle, avec des mesures préventives concrètes et limitées dans le temps, comme le soulignent explicitement les résolutions 2106 et 2467 du Conseil de sécurité », ont affirmé Mme Patten et Mme Bahous.

Des Ukrainiens à la gare de Lviv s'apprêtent à quitter leur pays.
© WHO/Marta Soszynska
Des Ukrainiens à la gare de Lviv s'apprêtent à quitter leur pays.

Priorité à la sécurité et au bien-être des survivant(e)s

Pour répondre aux besoins urgents des populations touchées, les Nations Unies renforcent les services de protection et d'intervention pour les victimes et les survivant(e)s de violences sexuelles, y compris pour leurs besoins en matière de santé sexuelle et reproductive.

Ces services sont conçus et mis en œuvre en collaboration avec la société civile ukrainienne, en particulier avec les organisations locales de femmes.

« Toutes les réponses doivent être centrées sur les survivant(e)s, en veillant à ce que leur sécurité et bien-être soient la considération primordiale », ont fait valoir les deux hautes responsables onusiennes.

Mme Bahous et Mme Patten ont félicité les pays qui accueillent et hébergent des réfugiés et les encouragent » à veiller à ce que des services complets soient disponibles pour les survivant(e)s de violences sexuelles ».

Tant les États membres et la société civile » peuvent compter sur notre soutien total dans leurs efforts pour prévenir et répondre à la violence sexuelle, ainsi que pour remplir leurs obligations en matière de justice pour les survivant(e)s », ont-elles conclu.

 

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